Environnement: « Nous ne pouvons pas rester les bras croisés »

Message du pape au Congrès International “Laudato Si’ and Great Cities”

Industrial air pollution

Pixabay CC0 - Foto-Rabe

« Nous ne pouvons pas rester les bras croisés » face à la « grave diminution de la qualité de l’air » et à l’augmentation des déchets en ville, souligne le pape François dans un message publié le 14 juillet 2017. S’adressant aux participants au Congrès international ‘Laudato Si’ et les grandes villes’ (“Laudato Si’ and Great Cities”) organisé à Rio de Janeiro (Brésil) du 13 au 15 juillet, il affirme : « Si chacun accomplit le peu qui lui revient dans sa responsabilité, beaucoup sera réalisé ».

Dans son message en espagnol, le pape dénonce « une forme irresponsable de manipulation de la création » et appelle à « exercer une responsabilité active pour le bien de tous ». Il déplore aussi une « passivité », une « indifférence envers notre maison commune et, malheureusement, envers de nombreuses tragédies et besoins qui frappent nos frères et sœurs ».

L’événement a été organisé par la Fondation espagnole “Antoni Gaudi for Great Cities” en collaboration avec l’archidiocèse de Rio de Janeiro. Voici notre traduction intégrale du message du pape François.

Message du pape François

A son Eminence le cardinal Lluis Martinez Sistach
Archevêque émérite de Barcelone

Cher frère,

Je vous salue avec attention, ainsi que tous ceux qui prennent part au Congrès international “Laudato Si’ and Great Cities”. Dans la lettre encyclique Laudato Si’ je fais référence à divers besoins physiques de l’homme d’aujourd’hui dans les grandes villes, et qui doivent être traités avec respect, responsabilité et relation. Ce sont les trois “R” qui aident à agir en commun face aux impératifs essentiels de notre vie commune.

Le Respect est l’attitude fondamentale que l’homme doit avoir envers la création. Nous avons reçu cette dernière comme don précieux et nous devons faire un effort, afin que les générations futures puissent continuer à l’admirer et à en jouir. Nous devons apprendre et transmettre ce soin. Dans son Cantique des Créatures, saint François d’Assise a affirmé : “Loué sois-tu, mon Seigneur, pour Sœur l’Eau, qui est très utile et humble, précieuse et chaste”. La beauté et l’importance de cet élément, qui est indispensable pour la vie, est exprimée en ces adjectifs. Comme d’autres éléments créés, l’eau potable et propre est une expression de l’amour attentif et prévoyant de Dieu pour chacune de ses créatures, étant un droit fondamental que toute société doit garantir (Cf. Laudato Si’, 30). Lorsqu’elle ne reçoit pas le soin qu’elle mérite, elle devient une source de maladies et sa pénurie met en danger la vie de millions de personnes. C’est le devoir de tout le monde de créer dans la société une conscience du respect pour notre environnement ; cela bénéficie à nous autant qu’aux futures générations.

La Responsabilité vis-a-vis de la création est la façon dont nous devons interagir avec elle et c’est l’une de nos tâches primordiales. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés, lorsque nous constatons une grave diminution de la qualité de l’air ou une augmentation de la production de déchets qui ne sont pas traités de façon appropriée. Ces réalités sont la conséquence d’une forme irresponsable de manipulation de la création et elles nous appellent à exercer une responsabilité active pour le bien de tous. En outre, nous observons une l’indifférence envers notre maison commune et, malheureusement, envers de nombreuses tragédies et besoins qui frappent nos frères et sœurs. Cette passivité montre la “perte de ce sens de responsabilité à l’égard de nos semblables, sur lequel se fonde toute société civile” (Laudato Si’, 25). Chaque territoire et gouvernement devrait encourager des façons d’agir responsables auprès de ses citoyens afin que, avec créativité, ils puissent interagir et faire de la création une maison plus habitable et plus saine. Si chacun accomplit le peu qui lui revient dans sa responsabilité, beaucoup sera réalisé.

On observe un manque de relation croissant dans les grandes villes, ainsi que dans les zones rurales. Indépendamment de la cause qui produit cela, le flux constant de personnes génère une société plus plurielle, multiculturelle, qui est un bien, produisant la richesse ainsi que la croissance sociale et personnelle ; mais cela rend aussi cette société toujours plus fermée et méfiante. Le manque de racine et l’isolement de certaines personnes sont des formes de pauvreté, qui peuvent dégénérer en ghettos et causer violence et injustice. Au contraire, l’être humain est appelé à aimer et à être aimé, en établissant des relations d’appartenance et des liens d’unité avec tous ses semblables. Il est important que la société travaille conjointement dans les domaines politique, éducationnel et religieux, afin de créer des relations humaines plus chaleureuses, qui briseront le mur qui isole et marginalise. Cela peut être réalisé à travers des groupes, écoles, paroisses, etc., qui, par leur présence, sont capables de construire un réseau de communion et d’appartenance. De cette façon, “n’importe quel endroit cesse d’être un enfer et devient le cadre d’une vie digne” (Laudato Si’, 148).

Je confie ces journées d’étude et de réflexion à l’intercession de la Sainte Vierge, Reine du Ciel et de la Terre. Que son conseil et sa conduite orientent vos décisions en faveur d’une écologie intégrale qui protège notre maison commune et construise une civilisation toujours plus humaine et solidaire.

Je vous demande s’il vous plait de prier pour moi, et je prie le Seigneur afin qu’il vous bénisse.

Vatican, 12 juin 2017

FRANÇOIS

Traduction de Zenit, Anne Kurian

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel

Abonnez-vous au service quotidien de ZENIT par courriel

Des informations sur le pape François et l'Eglise chaque jour par courriel

Merci de vous être abonné!