ZENIT – Francais https://fr.zenit.org Le monde vu de Rome Thu, 15 Apr 2021 22:48:59 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.4.5 https://storage.googleapis.com/cdnmedia.zenit.org/uploads/sites/4/2020/07/9e4929ea-cropped-dfdb632a-favicon_1-32x32.png ZENIT – Francais https://fr.zenit.org 32 32 Brésil: le pape exhorte les évêques à l’unité (traduction complète) https://fr.zenit.org/2021/04/16/bresil-le-pape-exhorte-les-eveques-a-lunite-traduction-complete/ Thu, 15 Apr 2021 22:39:58 +0000 https://fr.zenit.org/?p=154572 Inspirer aussi l'unité de la société à tous les niveaux

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« Je demande au Seigneur ressuscité que cette assemblée générale porte les fruits d’unité et de réconciliation pour tout le peuple brésilien et dans la Conférence épiscopale »: c’est la prière exprimée par le pape dans un message vidéo aux évêques du Brésil dans lequel il exhorte à l’unité pour surmonter la terrible épreuve de la pandémie.

Le pape François a adressé ce message vidéo jeudi, 15 avril 2021, aux participants de la 58e assemblée générale de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), actuellement en ligne sur le thème : « Le pilier de la Parole de Dieu – L’animation biblique de la pastorale » (12-16 avril 2021).

Le pays est l’un des plus éprouvés par la pandémie avec parfois 4 000 décès en 24h et un total qui dépasse 337 000 morts.

Le pape invite les évêques à une unité « qui n’est pas uniformité, mais qui est harmonie, cette unité harmonique que seul le Saint-Esprit donne ».

Il souhaite que cette unité puisse inspirer aussi « d’autres chrétiens et d’autres hommes et femmes de bonne volonté, à tous les niveaux de la société, y compris au niveau institutionnel et gouvernemental ».

Le pape insiste sur la « fraternité »: « J’implore Notre Dame d’Aparecida qu’en tant que Mère, elle accorde à tous ses enfants la grâce d’être les gardiens du bien et de la vie des autres, et des promoteurs de la fraternité. »

Voici notre traduction, rapide, de travail, de l’allocution du pape François prononcée en espagnol.

AB

Allocution du pape François

Chers frères dans l’épiscopat,

A l’occasion de la 58e assemblée générale de la Conférence nationale des évêques du Brésil, je veux m’adresser à vous et excusez-moi de le faire en espagnol, mais entre le Brésil et l’Argentine, il y a une langue que nous comprenons tous et c’est le « portuñol », donc vous me comprendrez. Et à travers vous, je veux m’adresser à tous les Brésiliens, à un moment où ce pays bien-aimé fait face à l’une des épreuves les plus difficiles de son histoire.

J’aimerais tout d’abord exprimer ma proximité aux centaines de milliers de familles qui pleurent la perte d’un être cher. Jeunes et vieux, pères et mères, médecins et bénévoles, ministres sacrés, riches et pauvres: la pandémie n’a exclu personne de son sillage de souffrance. Je pense en particulier aux évêques morts victimes de la Covid. Je demande à Dieu d’accorder le repos éternel aux défunts et de donner la consolation aux cœurs affligés des familles, qui, bien souvent, n’ont même pas pu dire au revoir à ceux qui leur sont chers. Et ce départ sans pouvoir dire au revoir, ce départ dans la solitude la plus démunie est une des grandes douleurs pour ceux qui partent et pour ceux qui restent.

Chers frères et sœurs, l’annonce de la victoire du Seigneur Jésus sur la mort et le péché résonne encore parmi nous. L’annonce pascale est une annonce qui renouvelle l’espérance dans nos cœurs: nous ne pouvons pas abandonner! Comme nous chantons dans la séquence du dimanche de Pâques: « La mort et la vie se sont affrontées dans un duel prodigieux : le Maître de la vie est mort ; vivant, Il règne. »

Oui, chers frères et sœurs, celui qui a triomphé est à nos côtés! Le Christ est vainqueur! Il a vaincu la mort! Renouvelons l’espérance que la vie triomphera!

Notre foi dans le Christ ressuscité nous montre que nous pouvons surmonter ce moment tragique. Notre espérance nous donne le courage de nous lever. La charité nous pousse à pleurer avec ceux qui pleurent et tendre la main, surtout à ceux qui en ont le plus besoin, pour qu’ils sourient à nouveau. Et la charité nous pousse en tant qu’évêques à nous dépouiller. N’ayez pas peur du dépouillement. Tout le monde sait de quoi. C’est possible de surmonter la pandémie, c’est possible de surmonter ses conséquences. Mais nous n’y arriverons que si nous sommes unis. La Conférence épiscopale doit être une en ce moment, car le peuple qui souffre est un.

Lors de ma visite inoubliable au Brésil en 2013, en me référant à l’histoire de Notre Dame d’Aparecida, j’ai fait remarquer que cette image retrouvée brisée pouvait servir de symbole à la réalité brésilienne: «Ce qui a été séparé retrouve l’unité. […] A Aparecida, depuis le début, Dieu nous donne un message de recomposition de ce qui est séparé, de réunification de ce qui est divisé. Les murs, les ravins et les distances, qui existent aussi aujourd’hui, sont voués à disparaître. L’Église ne peut négliger cette leçon: l’Église doit être un instrument de réconciliation » (Discours à l’épiscopat brésilien, 27 juillet 2013).

Et soyez un instrument de réconciliation, soyez un instrument d’unité. Et c’est la mission de l’Église au Brésil. Aujourd’hui plus que jamais! Et pour cela, il faut mettre de côté les divisions, les désaccords. Il faut se retrouver dans l’essentiel. Avec le Christ, par le Christ et dans le Christ, pour pouvoir retrouver « l’unité de l’Esprit avec le lien de la paix » (Ep 4,3). Ce n’est qu’ainsi que vous, en tant que pasteurs du Peuple de Dieu, vous pourrez inspirer non seulement les fidèles catholiques, mais aussi d’autres chrétiens et d’autres hommes et femmes de bonne volonté, à tous les niveaux de la société, y compris au niveau institutionnel et gouvernemental, vous pourrez les inciter à travailler ensemble pour vaincre non seulement le coronavirus, mais aussi un autre virus, qui infecte depuis longtemps l’humanité: le virus de l’indifférence, qui naît de l’égoïsme et génère l’injustice sociale.

Chers frères, le défi est grand. Cependant, nous savons que le Seigneur marche avec nous: « Et sachez que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20), nous dit-il. Par conséquent, avec la certitude qu’il « ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais de force, de charité et de tempérance » (2 Tim 1,7), « débarrassés de tout ce qui nous alourdit – en particulier du péché qui nous entrave si bien –, courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus » (cf. He 12, 1-2). Toujours Jésus! Voilà notre fondement, notre force, notre unité.

Je demande au Seigneur ressuscité que cette assemblée générale porte les fruits d’unité et de réconciliation pour tout le peuple brésilien et dans la Conférence épiscopale. Unité qui n’est pas uniformité, mais qui est harmonie, cette unité harmonique que seul le Saint-Esprit donne.

J’implore Notre Dame d’Aparecida pour qu’en tant que Mère, elle accorde à tous ses enfants la grâce d’être les gardiens du bien et de la vie des autres, et des promoteurs de la fraternité.

A chacun de vous, chers frères, frères évêques, aux fidèles qui vous ont été confiés et à tous les habitants du Brésil, je donne ma bénédiction de tout coeur. Et s’il vous plaît, je vous demande de ne pas oublier de prier pour moi.

Que le Seigneur vous bénisse. [En portugais]

© Traduction de Zenit, Anita Bourdin

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C’est la prière qui a fait d’elle une « femme exceptionnelle » (traduction complète) https://fr.zenit.org/2021/04/16/il-y-a-50-ans-therese-davila-docteur-de-leglise-traduction-complete/ Thu, 15 Apr 2021 22:06:50 +0000 https://fr.zenit.org/?p=154548 Thérèse d'Avila docteur de l'Eglise: message du pape François

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« L’audace, la créativité et l’excellence de sainte Thérèse comme réformatrice sont le fruit de la présence intérieure du Seigneur » et c’est par la prière qu’elle est devenue une « femme exceptionnelle », explique le pape François.

Un congrès international intitulé « Une femme exceptionnelle » (« Mujer excepcional »), est en effet organisé à l‘Universidad Católica Santa Teresa de Jesús de Ávila, du 12 au 15 avril 2021, à l’occasion du 50e anniversaire de la proclamation de sainte Thérèse d’Avila comme docteur de l’Église, par le pape Paul VI.

Rappelons que le 27 septembre 1970, S. Paul VI a fait de sainte Thérèse d’Avila (1515-1582) la première femme à recevoir le titre de docteur de l’Église, puis ce furent sainte Catherine de Sienne, le 4 octobre 1970, sainte Thérèse de Lisieux en 1997 (S. Jean-Paul II) et sainte Hildegarde de Bingen en 2012 (Benoît XVI).

Comme nous l’indiquions déjà le 13 avril, le pape François a adressé pour ce congrès un message en espagnol, à l’évêque d’Avila, Mgr José Maria Gil Tamayo, reçu au Vatican avec une délégation le 17 décembre 2020.

Le pape François a aussi adressé un message vidéo aux participants, ce 15 avril. Il a parlé de la sainteté comme « la vocation de tous les croyants », totalement différente pour chacun: « La sainteté ne se copie pas, car même cela pourrait nous éloigner du chemin unique et différent qu’a le Seigneur pour chacun de nous. Ce qui est important c’est que chaque croyant discerne son propre chemin, chacun de nous a son chemin de sainteté, de rencontre avec le Seigneur. »

Voici notre traduction rapide, de travail, de ce message du pape François.

AB

Message du pape François

Je salue les participants au congrès universitaire qui commémore le cinquantième anniversaire de la proclamation de sainte Thérèse de Jésus comme docteur de l’Église.

L’expression «femme exceptionnelle», qui donne son titre à votre rencontre, a été utilisée par saint Paul VI [1]. Nous sommes devant une personne qui s’est démarquée dans de nombreuses dimensions. Cependant, il ne faut pas oublier que sa pertinence reconnue dans ces dimensions n’est rien de plus que la conséquence de ce qui était important pour elle: sa rencontre avec le Seigneur, sa «détermination déterminée», comme elle le dit, à
de persévérer dans l’union avec Lui  grâce à la prière [2], son ferme propos de mener à bien la mission qui avait été confiée par le Seigneur auquel elle s’offre avec simplicité en disant, dans ce langage simple et on pourrait dire même de paysanne: « Je suis vôtre, je suis née pour vous. Qu’ordonnez-vous qu’il soit fait de moi ? » [3].

Thérèse de Jésus est exceptionnelle, avant tout, parce qu’elle est sainte. Sa docilité à l’Esprit l’unit au Christ et elle demeure « toute embrasée dans l’amour de Dieu » [4]. Elle exprime son expérience par de belles paroles en disant: « Je me suis toute livrée et j’ai déjà tout donné et j’ai eu la chance de faire ce troc, mon Bien-aimé est à moi, et je suis à mon Bien-aimé » [5]. Jésus a enseigné que « la bouche parle de ce qui déborde du coeur » (Lc 6, 45). L’audace, la créativité et l’excellence de sainte Thérèse comme réformatrice sont le fruit de la présence intérieure du Seigneur.

Nous disons que nous sommes en train de vivre non pas une époque de changements, mais un changement d’époque [6]. Et dans ce sens, ces jours ont des similitudes avec le XVIe siècle où la sainte a vécu. Comme alors, maintenant aussi les chrétiens sont appelés à ce que, à travers nous, la puissance de l’Esprit Saint continue de renouveler la face de la terre (cf. Ps 104,30 Vlg), avec la certitude qu’en dernier lieu ce sont les saints qui permettent au monde d’avancer vers son but ultime.

Il est bon de se souvenir de l’appel universel à la sainteté dont parlait le Concile Vatican II (cf. LG 39-42). « Pour tous les chrétiens, l’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quel que soit leur état ou leur forme de vie ; dans la société terrestre elle-même, cette sainteté contribue à promouvoir plus d’humanité dans les conditions d’existence. Les fidèles doivent s’appliquer de toutes leurs forces, dans la mesure du don du Christ, à obtenir cette perfection, afin que, marchant sur ses traces et se conformant à son image, accomplissant en tout la volonté du Père, ils soient avec toute leur âme voués à la gloire de Dieu et au service du prochain » – c’est ce que dit le numéro 40 de Lumen Gentium.

La sainteté n’est pas seulement pour certains « spécialistes du divin », mais c’est la vocation de tous les croyants. L’union au Christ, dont les mystiques comme sainte Thérèse font l’expérience de manière spéciale par pure grâce, nous la recevons par le baptême. Les saints nous stimulent et nous motivent, mais ils ne sont pas là pour que nous essayions de les copier littéralement, la sainteté ne se copie pas, car même cela pourrait nous éloigner du chemin unique et différent qu’a le Seigneur pour chacun de nous. Ce qui est important c’est que chaque croyant discerne son propre chemin [7], chacun de nous a son chemin de sainteté, de rencontre avec le Seigneur.

En fait, sainte Thérèse elle-même avertit ses moniales que la prière n’est pas de faire l’expérience de choses extraordinaires, mais pour que nous soyons unis au Christ. Et le signe que cette union est réelle ce sont les œuvres de charité. « C’est à cela que sert la prière, mes filles, dit-elle dans Les Demeures. C’est à ça que sert ce mariage spirituel: qu’il en naisse toujours des oeuvres, des oeuvres » [8]. Déjà auparavant, dans ce même livre, elle avait averti: « Quand je vois des âmes très diligentes pour comprendre la prière qu’elles ont et très encapuchonnées quand elles y sont, qu’il semble qu’elles n’osent pas faire bouillir ou secouer leur pensée pour que ne parte pas le peu de goût et de dévotion qu’elles ont eu , me fait voir à quel point ils comprennent peu le chemin par lequel on atteint l’union, et elles pensent que toute l’affaire est là. Non, mes sœurs, non; ce sont des œuvres que le Seigneur veut; et si vous voyez une malade à laquelle vous pouvez apporter du soulagement, ne prétextez rien pour perdre cette dévotion et aies compassion d’elle… Voilà la vraie union avec sa volonté » [9]. Dans Les Demeures aussi elle dit cela. En définitive, « ce qui mesure la perfection des personnes, c’est leur degré de charité, pas la quantité de données, de connaissances accumulées » [10], et d’autres choses de ce style.

Sainte Thérèse nous enseigne que le chemin qui a fait d’elle une femme exceptionnelle et une personne de référence à travers les siècles, le chemin de la prière, est ouvert à tous ceux qui s’ouvrent humblement à l’action de l’Esprit dans leur vie, et que le signe que nous avançons sur ce chemin est d’être de plus en plus humble, plus attentif aux besoins de nos frères, de meilleurs enfants du Saint Peuple de Dieu. Un tel chemin n’est pas ouvert à ceux qui se considèrent purs et parfaits, les Cathares de tous les siècles, mais à ceux qui, conscients de leurs péchés, découvrent la beauté de la miséricorde de Dieu, qui accueille tous, rachète tous et appelle tous à son amitié.

Il est intéressant de voir comment la conscience de son être pécheur est ce qui ouvre la porte au chemin de la sainteté. Sainte Thérèse, qui se considérait comme très « méchante et misérable » – c’est ainsi qu’elle se définit -, reconnaît que la bonté de Dieu « est plus grande que tous le mal que nous pouvons faire, et elle ne se souvient pas de notre ingratitude … Souvenez-vous de ses paroles et regardez ce qu’il a fait avec moi, dit-elle, que je me suis lassée de l’offenser, avant que Sa Majesté ne cesse de me pardonner ». Nous nous lassons d’offenser Dieu, de prendre des chemins étranges, avant que Dieu ne cesse de nous pardonner. Lui ne se lasse jamais de pardonner. Nous nous nous lassons de demander pardon, et c’est là que réside le danger. « Le Seigneur ne se lasse jamais de donner, et ses miséricordes ne peuvent pas s’épuiser. Ne nous lassons pas de recevoir » [11], en ouvrant le coeur avec humilité. Un de ses passages préférés de l’Ecriture était le premier verset du psaume 89 dont elle a fait, en quelque sorte la devise de sa vie: « Je chanterai éternellement les miséricordes du Seigneur ». Ce « faire miséricorde » de Dieu.

La prière a fait de Sainte Thérèse une femme d’exception, une femme créative et innovante. A partir de la prière, il découvre l’idéal de fraternité qu’elle a souhaité concrétiser dans les couvents fondés par elle: « Ici, toutes doivent être des amies, elles doivent toutes s’aimer, elles doivent toutes se chérir, elles doivent toutes s’entraider » [12]. Et quand je vois les « disputes » dans certains couvents, à l’intérieur d’un couvent, ou les « disputes » entre couvents, « je suis d’ici », « je suis de là », « j’interprète comme cela », « j’accepte cela de l’Eglise, je ne l’accepte pas ». Les pauvres moniales oublièrent la fondatrice, ce qu’elle leur a enseigné.

Dans la prière, elle a su qu’elle était traitée en épouse et amie par le Christ ressuscité. A travers la prière, elle s’est ouverte à l’espérance. Et avec cette pensée, je désire terminer cette salutation? Nous vivons, comme la docteure de l’Eglise, des moments difficiles, des moments pas faciles qui ont besoin d’amis de Dieu fidèles, des amis forts [13].

La grande tentation c’est de céder à la déception, à la résignation, au présage fatal
et infondé que tout ira mal. Ce pessimisme infertile, ce pessimisme des gens
incapable de donner la vie. Certaines personnes, effrayées par ces pensées, ont tendance à s’enfermer, à se réfugier dans des choses petites . Je me souviens de l’exemple d’un couvent, où toutes ses religieuses étaient abrité dans des choses petites. Le couvent s’appelait de Sainte … je ne dirai pas de qui il s’agit, ni que c’était dans telle ville, mais on l’appelait le « Couvent, petite chose, petite chose, petite chose », parce qu’elles étaient toutes enfermées dans des choses petites, comme refuge, dans des projets égoïstes qui ne construisent pas la communauté, mais la détruisent. En revanche, la prière nous ouvre, nous permet de goûter que Dieu est grand, qu’il est au-delà de l’horizon, que Dieu est bon, qu’il nous aime et que l’histoire ne s’est pas échappée de ses mains.

Il se peut que l’on marche dans des ravins obscurs (cf. Ps 23,4), n’en ayez pas peur si le Seigneur est avec vous, mais Il n’arrête pas de marcher à nos côtés et de nous conduire vers le but auquel nous aspirons tous: la vie éternelle. Nous pouvons avoir le courage de faire de grandes choses, car nous savons que nous sommes les bien-aimés de Dieu [14].

Que rien ne te trouble
que rien ne t’effraie,
tout passe,
Dieu ne change pas,
la patience obtient tout ;
celui qui possède Dieu
ne manque de rien :
Dieu seul suffit.

Que Jésus vous bénisse et que la Vierge et Saint Joseph vous accompagnent. Et n’oubliez pas de prier pour moi. Merci.

***

NOTES

[1] Paul VI, Homélie pour la proclamation de sainte Thérèse de Jésus comme docteur de l’Église (27 septembre 1970).

[2] Cf. Le Chemin de la perfection (Valladolid), 21,2.
[3] Poésies, 5 (la numérotation est citée d’après l’édition de Editorial de Espiritualidad, Madrid 1944).
[4] Cf. Vie, 29, 13.
[5] Poésies, 2.
[6] Cf. Discours à la curie romaine à l’occasion des voeux de Noël (21 décembre 2019).

[7] Cf. Gaudete et exultate, 11.
[8] Les Demeures VII, 4, 6.
[9] Les Demeures V, 3,11.
[10] Gaudete et exultate, 37.
[11] Vie, 19, 15.
[12] Le Chemin de la perfection (Valladolid), 4, 7.
[13] Cf. Vie, 15, 5.
[14] Cf. Vie, 10, 6: « C’est impossible, selon notre nature ».

 

© Traduction de Zenit, Anita Bourdin

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10 titres, jeudi 15 avril 2021 – L’avenir du monde… https://fr.zenit.org/2021/04/15/10-titres-jeudi-15-avril-2021-lavenir-du-monde/ Thu, 15 Apr 2021 21:12:52 +0000 https://fr.zenit.org/?p=154502 ... dans le dialogue interreligieux

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Le pape François aux obsèques de Mgr del Blanco Prieto

Un diplomate au service de la charité

ONU : l’avenir du monde dépend du dialogue interreligieux

Réflexion de Mgr Jurkovic dans les médias du Vatican

La Secrétairerie d’État expliquée par le cardinal Parolin (2)

Le personnel travaille « avec dévouement et esprit de sacrifice »

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Coronavirus : Mgr Paglia appelle à supprimer les brevets sur les vaccins https://fr.zenit.org/2021/04/15/coronavirus-mgr-paglia-appelle-a-supprimer-les-brevets-sur-les-vaccins/ Thu, 15 Apr 2021 18:24:48 +0000 https://fr.zenit.org/?p=154553 Pour éviter les inégalités de distribution

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« Le vaccin est l’unique voie pour vaincre la pandémie mais il doit être pour tous et sans discriminations », affirme Mgr Vincenzo Paglia, qui appelle à une accélération de la production et de la distribution, notamment en supprimant les brevets.

Intervenant à Oliveto Citra, dans la région de Salerne, à la journée en souvenir des victimes de la Covid-19, le président de l’Académie pontificale pour la Vie a salué les « maisons intelligentes », dotées de technologie pour aider les personnes âgées et les sujets fragiles à leur domicile. « Nos sociétés doivent regarder vers l’avenir, a-t-il dit, en se concentrant également sur le soin des personnes âgées. »

Au micro de Radio Vatican, il évoque la note récente de l’Académie pontificale pour la Vie dénonçant les inégalités dans la distribution des vaccins : « Nous sommes préoccupés et il est nécessaire de solliciter encore davantage, non seulement la production des vaccins, mais également la distribution pour que tout le monde soit vacciné et que personne ne soit exclu. »

Il souhaite en ce sens que l’industrie pharmaceutique fasse « un geste humaniste en supprimant les brevets en cette période, pour que les vaccins soient produits et distribués à une très grande échelle ».

Mgr Paglia déplore que le Covax, le plan pour distribuer les vaccins dans les pays pauvres, semble arrêté : « Je suis surpris de ces regards, des dysfonctionnements, des fausses promesses à une époque dramatique de l’histoire de la planète… Je ne suis ni un technicien ni un scientifique, mais… le retard dans la vaccination, avec l’arrivée des variants, risque de rendre moins efficace toute l’opération qui est en train d’être mise en place. »

« Il est indispensable d’avoir un regard planétaire pour affronter le temps de la pandémie », conclut-il.

Avec une traduction d’Hélène Ginabat

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ONU : l’avenir du monde dépend du dialogue interreligieux https://fr.zenit.org/2021/04/15/onu-lavenir-du-monde-depend-du-dialogue-interreligieux/ Thu, 15 Apr 2021 16:55:36 +0000 https://fr.zenit.org/?p=154547 Réflexion de Mgr Jurkovic dans les médias du Vatican

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L’avenir du monde dépend du dialogue interreligieux, qui implique plus de la moitié de l’humanité, affirme Mgr Ivan Jurkovic, dans un entretien à Vatican News.

L’observateur du Saint-Siège au Bureau des Nations Unies à Genève, modèrera une rencontre le 16 avril 2021, à Genève, sur l’encyclique Fratelli tutti du pape, avec des représentants de grandes institutions internationales (OMS, Haut-Commissariat pour les réfugiés, Organisation internationale du travail) et de chefs religieux.

Le rendez-vous en ligne sera introduit par une intervention du cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin qui parlera de fraternité humaine et de communauté internationale. Parmi les autres intervenants : le cardinal Miguel Angel Ayuso Guixot, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le prince jordanien El Hassan bin Talal, le secrétaire général du Conseil mondial des Eglises Ioan Sauca et le rabbin argentin Abraham Skorka, ami du pape François.

« Les inégalités croissantes et les divisions entre les Etats sont devenues plus visibles et on observe également moins de considération envers les plus vulnérables », constate Mgr Jurkovic, qui dénonce : « C’est également très visible dans la course pour s’accaparer les doses du vaccin sur le marché au point que certains Etats en ont carrément trop et que d’autres en manquent totalement. » L’événement organisé par le Saint-Siège entend combattre ce « virus de l’individualisme radical ».

Forte de ses 39 organisations internationales, « du désarmement au commerce, des droits humains aux migrations », souligne le représentant du Saint-Siège, « Genève a besoin, comme nous, non seulement de croire dans les inspirations, mais également dans la force du dialogue qui a besoin de structures ».

Et Mgr Jurkovic d’ajouter : « On peut critiquer les Nations Unies – et il est facile de les critiquer, peut-être est-ce aussi nécessaire – mais il faut dire que le monde, aujourd’hui, serait probablement bien pire sans les Nations Unies et qu’on ne peut l’imaginer sans elles. Les grandes idées et les grandes inspirations ont aussi besoin des structures et c’est ce que nous cherchons à souligner et à appuyer également par la présence de la mission du Saint-Siège. »

Il insiste sur la « nécessité » du dialogue interreligieux : « Cette conviction devient de plus en plus profonde et réelle. Ce ne sont pas des mots, c’est une véritable nécessité. Le monde doit marcher sur la voie du dialogue entre les religions… L’avenir du monde dépend de nous, notamment des grandes religions, qui représentent facilement plus de la moitié de l’humanité… De la qualité du dialogue entre deux ou trois grandes religions, dépend l’avenir de plus de la moitié de l’humanité. »

Avec une traduction d’Hélène Ginabat

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La Secrétairerie d’État expliquée par le cardinal Parolin (2) https://fr.zenit.org/2021/04/15/la-secretairerie-detat-expliquee-par-le-cardinal-parolin-2/ Thu, 15 Apr 2021 16:21:30 +0000 https://fr.zenit.org/?p=154544 Le personnel travaille « avec dévouement et esprit de sacrifice » 

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« Le personnel de la Secrétairerie d’État est composé de personnes de nationalités et d’origines diverses, laïcs, prêtres et religieux, qui travaillent avec dévouement et esprit de sacrifice », affirme le cardinal Parolin, secrétaire d’État du Vatican. La décision du pape François de nommer Francesca Di Giovanni au poste de sous-secrétaire pour le Secteur multilatéral, dit-il, est « une reconnaissance incontestable du rôle des femmes, non seulement au sein de la Secrétairerie d’État, mais aussi dans la mission même de l’Église ». « Le pape François a défini les femmes comme des ‘donneuses et médiatrices de paix’ », rappelle le cardinal.

Dans une longue interview accordée à Vatican News le 12 avril 2021, le cardinal Parolin explique la composition du personnel de la Secrétairerie d’État et les défis les plus urgents à relever aujourd’hui. Il parle également de la diplomatie pontificale, de sa mission et de son rôle sur la scène internationale.

Dans les trois sections de la Secrétairerie, raconte le cardinal, travaillent 103 personnes, « dont 55 femmes, parmi lesquelles 25 religieuses, provenant de tous les continents ». « Une composition aussi variée du personnel, où chacun est appelé à donner sa propre contribution, constitue certainement une grande richesse au service du Saint-Père et de la mission de l’Église, affirme-t-il. Le fait même que des personnes ayant des histoires, des cultures et des sensibilités différentes puissent travailler ensemble est un témoignage éloquent de la possibilité de construire des relations fraternelles et pacifiques entre tous les peuples. »

Concernant les défis les plus urgents à relever aujourd’hui et le rôle que la Secrétairerie d’État peut jouer à cet égard, le cardinal Parolin rappelle que « l’urgence sanitaire que nous connaissons souligne une fois de plus la fragilité commune de la condition humaine et les limites de la prétendue autosuffisance de l’homme moderne ». La crise, poursuit-il, est alors « l’occasion d’une nouvelle approche », « qui requiert une action commune ».

Cela appelle, explique-t-il, « des réponses au niveau mondial dans de nombreux domaines », comme la promotion de la santé publique et la réalisation d’« un droit d’accès aux soins de base pour chaque personne », y compris « un accès universel aux vaccins »; « la nécessité de trouver de nouvelles formes de travail qui soient véritablement capables de réaliser le potentiel humain tout en affirmant la dignité de chaque personne ». En ce sens, affirme le cardinal, « le rôle de la Secrétairerie d’État est de continuer à rappeler inlassablement à la communauté internationale et aux différents acteurs politiques les exigences du bien commun et du respect de la personne humaine ».

Les dépenses ordinaires et extraordinaires 2020 

Le cardinal Parolin aborde également la question du budget et du coût du réseau international sur lequel repose la diplomatie pontificale. Il rappelle que « la mission de la diplomatie pontificale est de renforcer les liens entre le Siège de Pierre et les Églises locales, et de favoriser le développement de relations amicales entre le Saint-Siège et les États pour le bien commun ».

« Cet engagement, explique le cardinal, s’appuie aujourd’hui sur un réseau de 128 nonciatures apostoliques pour les 174 pays qui entretiennent des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, 12 délégations apostoliques auprès des Églises locales et auprès de 17 organisations internationales. »

Les dépenses ordinaires et extraordinaires pour l’année 2020, dit le cardinal, « se sont élevées à un total d’environ 23,8 millions d’euros, dont 20,1 millions de dépenses ordinaires et 3,7 millions de dépenses extraordinaires: les plus importantes concernaient les travaux de construction d’un nouveau siège au Timor oriental ». En comparant ces chiffres à ceux de l’année précédente, le secrétaire d’État dit que si « les données relatives aux dépenses de 2020 sont confirmées », « cela se traduira par une réduction des coûts d’environ 3,8 millions d’euros par rapport à 2019 ».

Diplomatie du Vatican : la « voix de la conscience »

Dans l’arène internationale, explique le cardinal Parolin, le Saint-Siège présente « en quelque sorte la ‘voix de la conscience’ qui invite et encourage tous les interlocuteurs à relever les défis communs dans un esprit de solidarité ». « Son approche est donc essentiellement de nature morale, poursuit le cardinal, et elle œuvre au sein de la communauté internationale pour faciliter et cultiver les relations amicales entre les peuples et les nations. »

Le Saint-Siège, affirme le cardinal, « considère comme une obligation morale d’assister la communauté internationale dans la recherche de la paix, en favorisant le dialogue et la fraternité ».

La voix du pape François, rappelle-t-il, « constitue un point de référence sans équivoque, avec un impact significatif sur de nombreuses questions, qui a, par exemple, contribué à faire aboutir le Pacte mondial sur les migrations et le Pacte mondial sur les réfugiés ».

Le cardinal cite également l’encyclique Laudato sì, « dans laquelle le Saint-Père aborde les questions relatives à notre maison commune, sans se limiter aux aspects techniques et scientifiques », ainsi que la lettre encyclique Fratelli tutti, « sur la fraternité et l’amitié sociale ». Les deux encycliques « ont eu un large écho au sein de la communauté internationale », ajoute le cardinal.

Le secrétaire d’État mentionne aussi la création de la Commission vaticane sur le Covid-19, « mise en place dans l’objectif d’étudier des solutions pour surmonter la crise sanitaire et sociale provoquée par la pandémie ». Enfin, il souligne « l’engagement en faveur de la paix et de la résolution des conflits, ainsi que les efforts déployés pour promouvoir le désarmement, en particulier le désarmement nucléaire ». Cependant, souligne-t-il, « ce n’est que si l’ordre social et international est fondé sur le droit et la justice qu’il peut y avoir une véritable paix, et non une situation de non-belligérance garantie par la peur et la dissuasion nucléaire ».

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Le pape François aux obsèques de Mgr del Blanco Prieto https://fr.zenit.org/2021/04/15/le-pape-francois-aux-obseques-de-mgr-del-blanco-prieto/ Thu, 15 Apr 2021 15:32:20 +0000 https://fr.zenit.org/?p=154518 Un diplomate au service de la charité

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Le pape François a participé, de façon privée, aux obsèques de Mgr Félix del Blanco Prieto, ancien aumônier apostolique, ce jeudi 15 avril 2021, indique le Saint-Siège.

Ces obsèques ont été célébrées à 12h par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, à l’autel de la Chaire de saint Pierre en  la basilique vaticane.

Félix del Blanco Prieto (15 juin 1937 – 10 avril 2021) était un prélat espagnol longtemps au service de la diplomatie du Saint-Siège, notamment en Angola et à Malte. Il a ensuite été nommé aumônier du bureau des organismes de charité du pape par Benoît XVI en 2007 et il avait pris sa retraite en 2012.

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« En nous pardonnant, la miséricorde nous transforme », par Mgr Follo https://fr.zenit.org/2021/04/15/en-nous-pardonnant-la-misericorde-change-notre-esprit-notre-coeur-nos-yeux-par-mgr-follo/ Thu, 15 Apr 2021 15:18:38 +0000 https://fr.zenit.org/?p=154524 "Tourner le regard vers le Christ ressuscité"

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Mgr Francesco Follo invite à « comprendre que la conversion c’est de tourner le regard vers le Christ ressuscité, qui transforme notre façon de penser et de vivre avec lui et avec les autres »: « Si nous changeons notre façon de penser, nous transformons notre façon de vivre. »

L’observateur permanent du Saint-Siège à l’UNESCO, à Paris (France) publie en effet, ce 15 avril 2021, son commentaire hebdomadaire des lectures de la messe de dimanche prochain, 18 avril, 3e dimanche de Pâques (Année B).

Comme lecture patristique, Mgr Follo propose un sermon de saint Augustin.

AB

En nous pardonnant, la miséricorde change

notre esprit, notre cœur, nos yeux.

Prémisse :

            Grâce à la célébration de la passion, de la mort et de la résurrection, qui nous a engagés dans un chemin comme celui que les deux disciples d’Emmaüs ont fait, notre esprit a changé et nous avons mieux compris les Écritures. Notre cœur a également changé et s’est élargi pour accueillir le Christ. Les yeux ont aussi changé et nous permettent de reconnaître le Ressuscité dans la fraction du pain. Les pieds, enfin, ont changé et, comme il est arrivé aux deux disciples d’Emmaüs, ils nous poussent à quitter l’auberge pour retourner immédiatement à Jérusalem.

1) Un chemin de miséricorde : d’Emmaüs à Jérusalem

            Dimanche dernier nous avons célébré la divine Miséricorde. Et aujourd’hui encore la page de l’évangile de Luc, proposée par la liturgie, souligne le lien étroit qui existe entre être des témoins de la résurrection du Seigneur et annoncer la conversion et le pardon. Nous vivons donc la miséricorde comme le reflet de la résurrection, et comme une occasion pour connaître Dieu et son amour infini, en reconnaissant que nous sommes des êtres faibles, fragiles, miséreux. Car c’est dans notre misère même que nous nous sentons accueillis par le Dieu de miséricorde.

            Dimanche dernier, nous avons contemplé Jésus qui regardait Thomas d’un regard plein de miséricorde. Les lectures de la messe d’aujourd’hui nous font contempler un crescendo de miséricorde : les actes des apôtres nous disent que la conversion est le condition nécessaire pour obtenir le pardon, Jean dans sa lettre nous dit que le pécheur peut trouver en Jésus un défenseur, quelqu’un qui au lieu de demander un compte-rendu du mal commis par l’homme offre sa vie pour lui, et il l’offre  non seulement pour ceux qui croient en lui mais également pour le monde, c’est-à-dire pour tous les hommes, voire les plus distants. L’Evangile fait un lien très étroit entre le fait d’être des témoins du Ressuscité et la prédication sur la conversion et le pardon.

                        L’Eglise est née du cœur transpercé de Jésus[1] et saint Thomas pardonné de son incrédulité a reçu en don la lourde tâche d’enfoncer son doigt entre les cotes du Crucifié et ressuscité et d’arriver tout près de son Cœur. Il toucha l’homme et reconnut Dieu qui lui manifestait, encore une fois, sa miséricorde.

            Sa conversion ne relevait pas tellement d’un mouvement extérieur, mais plutôt d’un cheminement intérieur comme a fait Marie-Madeleine, dans le jardin où se trouvait le tombeau vide. Elle s’est retournée et a aperçu de Jésus juste derrière elle, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. A la question « Femme pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? », elle a répondu, pensant s’adresser au gardien du jardin : « Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. ». Jésus lui a alors dit : « Marie ! ». Et elle s’est retournée et lui a dit : « Rabbounì! », qui veut dire: Maître!

            Cet épisode de l’évangile décrit en quoi consiste la conversion. Saint Jean raconte que Marie-Madeleine s’est tournée deux fois vers Jésus… Si elle est déjà tournée vers lui, quel est le sens de cette seconde fois ? Il s’agit d’un retournement intérieur, ce changement qui s’accomplit en nous et qui fait que nos yeux deviennent capables de reconnaître la nouvelle présence du Seigneur ressuscité. C’est cela à mon avis le chemin qui mène à la conversion : pour pouvoir recevoir le pardon il faut orienter sa vie vers celui qui a annoncé, a vécu, donné le pardon. Je crois au fond que c’est pour susciter cette reconnaissance que Jésus insiste tant à dire : Oui c’est bien moi !

            Quelle belle reconnaissance que celle qui passe encore une fois par la voix : voix qui appelle « Marie », voix qui explique les Ecritures le long de la route qui mène à Emmaüs. Et qui passe par les mains, celles qui rompent le pain lors de l’eucharistie.  Grâce à cette rencontre, les deux disciples qui ont accueilli le Christ, qui ont marché et mangé avec lui, ont hâte de retourner à Jérusalem. Ils y vont pour annoncer l’Evangile de miséricorde : le Christ est vraiment ressuscité et il s’est fait compagnon de leur misère.

2) Témoins du Miséricordieux.

            Dans l’Evangile d’aujourd’hui, saint Luc révèle une évidente préoccupation apologétique, à savoir celle d’affirmer la réalité et la concrétude de la résurrection. Jésus ressuscité a un vrai corps. Il entre à nouveau dans le cénacle, salue, demande et fait des reproches, il invite à prendre conscience de sa vérité, montre ses mains et ses pieds et se met enfin à mange devant les disciples.

            Les disciples ont une réaction humainement compréhensible : ils sont déconcertés, apeurés, troublés, étonnés et incrédules. Ils sont aussi gagnés par la joie qui, même d’une autre façon que la peur, rend incrédules : « Dans leur joie ils n’osaient pas encore y croire ». Après la résurrection, les disciples doutent, sont incrédules, soit parce qu’ils ont affaire à un fait absolument nouveau, soit parce qu’ils tombent sur une surprise trop belle, désirée, annoncée par le Christ mais qu’ils jugent impossible.

            Finalement, grâce à la reconnaissance (gratitude) pour l’amour manifesté par les plaies glorieuses, par le pain eucharistique rompu à Emmaüs, par la paix descendue sur eux dans le Cénacle, les disciples ont reconnu que le Christ était vraiment ressuscité et ont senti le « devoir » d’en témoigner.

            Visité par le Christ qui se manifesta à eux par des signes de miséricorde, les disciples ont crû à son amour passionné, amour dont il avait donné la preuve en affrontant la passion, en montrant ses blessures : les stigmates. Pour eux, il était donc normal qu’ils suivent l’invitation à devenir des témoins passionnés de cet amour. Car l’amour se « paie » par l’amour.

            Par conséquent, le témoignage de la résurrection du Christ est efficace et crédible uniquement si nous-mêmes, disciples du Ressuscité, nous montrons au monde nos mains et nos pieds marqués par des œuvres d’amour, des œuvres de miséricorde.

            Les trois lectures de ce dimanche sont unies par ce fil rouge : la conversion et le pardon des péchés. Tous deux – conversion et pardon – ont leur racine dans la Pâques de Jésus et sont une partie essentielle de l’annonce missionnaire de l’Eglise, comme l’a rappelé le pape François dans la Bulle d’indiction de l’Année de la Miséricorde (11 avril 2015). Dans les Actes des apôtres, le jour de la Pentecôte, saint Pierre déclare sur la place publique : « Convertissez-vous donc et tournez-vous vers Dieu pour que vos péchés soient effacés » (Act 3,19, Première lecture). L’Apôtre exhorte paternellement ses « petits enfants » à ne pas pécher, mais si cela devait arriver, il rappelle qu’il y a toujours une planche de miséricorde : « nous avons un défenseur… Jésus Christ, le juste… qui, par son sacrifice, obtient le pardon pour les péchés du monde entier » (1 Jn, 2,1-2, Deuxième Lecture).

            Dans la troisième lecture, extraite de l’Evangile de saint Luc « la conversion et le pardon des péchés » sont la bonne nouvelle que les disciples devront prêcher « à toutes les nations », au nom de Jésus, c’est-à-dire envoyés par Lui (Lc 24,47).

            Un exemple particulier de cette évangélisation est donné par les Vierges consacrées dans le monde. Dans une société qui risque d’étouffer dans sa spirale de l’éphémère et de l’utile, du calcul et de la rivalité, celles-ci symbolisent la gratuité et l’amour

            La vie consacrée se caractérise par une absolue gratuité : c’est un don que l’on reçoit de Dieu, on vit uniquement pour Dieu, et il revient à Dieu en passant par la prière de louanges et l’imploration, par le service de charité. (cf rituel de consécration des vierges, n° 24 : « En toi, qu’elles possèdent tout, puisque c’est toi qu’elles préfèrent à tout »).

            Les personnes consacrées sont tout spécialement appelées à être des témoins de cette miséricorde du Seigneur, dans laquelle l’homme trouve son salut. Elles entretiennent la flamme de l’expérience du pardon de Dieu, car elles ont conscience d’être des personnes que l’on a sauvées, d’être grandes quand elles se reconnaissent petites, de se sentir de nouvelles femmes enveloppées dans la sainteté de Dieu quand elles reconnaissent leur péché. C’est pourquoi, pour l’homme d’aujourd’hui aussi, la vie consacrée reste une école privilégiée de la « componction du cœur »[2] (Benoît XVI, 2 février 2010). Ces femmes témoignent que, grâce à la virginité, il est possible de vivre un amour consacré dans le monde et que, grâce à une vie offerte dans la joie et totalement, l’amour de Dieu est vraiment crédible.

            La vierge consacrée dans le monde témoigne que Dieu est sa vie, que Dieu n’est pas un beau discours, une idée, mais une réalité dont la personne consacrée vit et fait connaître aux hommes.

 

Lecture patristique

Saint Augustin (+ 430)

Sermon 116, 1 5-6, PL 38, 657-660

Jésus Christ est notre salut. En effet, il l’est en personne, lui qui a été blessé pour nous, cloué à la croix, puis déposé de la croix et mis au tombeau. Il en est sorti, guéri de ses blessures, gardant ses cicatrices. Car il jugea profitable à ses disciples que ses cicatrices soient gardées, pour guérir les blessures de leur cœur. Quelles blessures ? Celles de l’incrédulité. En effet, lorsqu’il apparut à leurs yeux en présentant une chair réelle, ils pensèrent voir un esprit. C’est là une blessure du cœur qui n’est pas légère. Que votre charité y songe : s’ils avaient gardé cette blessure, en pensant que le corps enseveli n’était pas ressuscité, mais qu’un esprit avait trompé leurs regards par l’illusion d’un corps humain, s’ils étaient demeurés dans cette croyance, ou plutôt dans cette incrédulité, ce n’est pas leurs blessures qu’il faudrait déplorer, mais leur mort.

 

Donc, il se montra à ses disciples. Mais qui est-ce donc qu’il montra ? Le chef de son Église. Il prévoyait qu’à l’avenir son Église existerait dans tout l’univers, mais ses disciples ne le voyaient pas encore. Il leur montrait la tête, et il promettait le corps. Voici en effet ce qu’il ajouta : Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous. Que signifient ces mots : quand j’étais encore avec vous ? Quand j’étais avec vous, étant mortel, ce que je ne suis plus maintenant. J’étais avec vous, lorsque j’avais à mourir. Que veut dire : avec vous ! Mortel, j’étais avec des mortels. Maintenant je ne suis plus avec vous, parce que, si je suis bien avec des mortels, je n’aurai plus maintenant à mourir.

 

Je vous ai dit qu’il fallait que tout s’accomplisse. Parce que c’est écrit, et qu’il le fallait. Quoi donc ? Que le Christ souffre, et qu’il ressuscite d’entre les morts le troisième jour. Cela ils l’ont vu : ils l’ont vu souffrir, ils l’ont vu attaché à la croix, et ils le voyaient après sa résurrection, vivant et présent parmi eux.

 

Qu’est-ce donc qu’ils ne voyaient pas ? Son corps, c’est-à-dire l’Église. Le Christ, ils le voyaient, mais elle, ils ne la voyaient pas. Ils voyaient l’Époux, l’Épouse était encore cachée. Qu’il leur promette donc la venue de l’Église. Il est écrit, et il le fallait, que le Christ souffre et ressuscite d’entre les morts. Voilà ce qui concerne l’Époux.

 

Et au sujet de l’Épouse ? La conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. Voilà ce que les disciples ne voyaient pas encore : l’Église répandue à travers toutes les nations, en commençant par Jérusalem. Ils voyaient la tête et, sur sa parole, ils croyaient à son corps.

 

Nous leur sommes semblables : nous voyons quelque chose qu’ils ne voyaient pas ; et nous ne voyons pas quelque chose qu’ils voyaient. Que voyons-nous qu’ils ne voyaient pas ? L’Église répandue à travers les nations. Et qu’est-ce que nous ne voyons pas, mais qu’ils voyaient ? Le Christ vivant dans la chair. Comment le voyaient-ils, tandis qu’ils croyaient à son corps ? De la même façon que nous-mêmes voyons le corps et croyons à la tête. En revanche, que ce que nous ne voyons pas vienne à notre aide ! Voir le Christ a aidé les Onze à croire à l’Église future. L’Église que nous voyons nous aide à croire que le Christ est ressuscité. Leur foi a reçu son accomplissement : de même la nôtre. La leur a été accomplie en ce qui concerne la tête, la nôtre l’est en ce qui concerne le corps.

 

Le Christ total s’est fait connaître d’eux et s’est fait connaître de nous. Mais il n’a pas été connu tout entier par eux, ni tout entier par nous. Eux, ils ont vu la tête, et ils ont cru au corps. Nous, nous avons vu le corps et nous avons cru à la tête. Cependant le Christ ne fait défaut à personne : il est tout entier en tous, et pourtant son corps lui demeure attaché.

 

[1] Cf. Saint Ambroise, Expositio evangelii secundum Lucam, 2, 85-89: CCL 14, 69-72 (PL 15, 1666-1668)

[2] La componction du cœur porte en soi le sceau de la charité divine, du pur amour à Dieu. La vraie componction est en effet un don du Très-Haut, une douleur surnaturelle qui pénètre le cœur de l’homme à la pensée de la passion du Christ, au souvenir de ses propres fautes, au constat que l’exil terrestre qui sépare de Dieu, unique bonheur de l’âme voyageuse, se prolonge. Tout cela provoque un déferlement de saines larmes, larmes de l’âme plutôt que des yeux, auxquelles même Dieu ne sait résister.

 

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Causes des saints: pas de requête financière pour la cause d’Aldo Moro https://fr.zenit.org/2021/04/15/causes-des-saints-pas-de-requete-financiere-pour-la-cause-daldo-moro/ Thu, 15 Apr 2021 15:04:29 +0000 https://fr.zenit.org/?p=154516 Une cause... "diocésaine"

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La Congrégation pour les causes des saints  nie avoir demandé de l’argent pour faciliter la cause de béatification de l’homme politique italien Aldo Moro (1916-1978).

Des accusations lancées dans une émission de la télévision italienne (RAI 3) du 12 avril 2021: M. Nicola Giampaolo a notamment prétendu avoir reçu, en tant que postulateur de la cause de béatification, une demande de contribution financière pour faire avancer la cause, en juin 2018.

Rappelons qu’Aldo Moro est un homme politique italien, catholique, enlevé puis assassiné le 9 mai 1978 par les Brigades rouges, une organisation terroriste italienne d’extrême-gauche.

Le pape Paul VI est intervenu publiquement pour demander sa libération et il a ensuite célébré ses funérailles.

Le dicastère affirme qu’« il n’y a aucune cause de béatification concernant M. Aldo Moro à la Congrégation pour les causes des saints ».

Toute cause doit d’abord être promue au niveau diocésain, et si la phase diocésaine peut se conclure, le dossier peut être adressé à Rome.

Le dicastère explique aussi que cette personne  « n’a jamais été accréditée par ce dicastère comme postulateur de la cause en question » et effectivement il n’y a pas de système d’accréditation: « il n’existe aucune forme d’accréditation des postulateurs à la Congrégation pour les Causes des Saints, comme l’écrit Giampaolo dans son curriculum vitae ».

Par contre, en avril 2018, la Congrégation « a été informée que les promoteurs de la cause de M. Moro avaient, de manière autonome, révoqué le mandat de postulateur de M. Nicola Giampaolo pour la phase diocésaine et qu’ils avaient pourvu à la nomination d’un nouveau postulateur ».

Par conséquent, la prétendue demande financière « n’a pas pu être faite à M. Giampaolo au mois de juin 2018, comme il le prétend, puisqu’il n’était plus postulateur ».

Aldo Moro : note biographique

Membre du parti italien de la Démocratie chrétienne et partisan du « compromis historique » entre les chrétiens-démocrates et les communistes, Aldo Moro a été enlevé par les Brigades rouges en mars 1978. Séquestré pendant 55 jours, Moro a été finalement assassiné par ses ravisseurs.

Plusieurs fois ministres (notamment aux Affaires étrangères), il a dirigé cinq gouvernements italiens, du décembre 1963 au juin 1968 et du novembre 1974 au juillet 1976.
Aldo Moro entretenait l’amitié avec le pape Paul VI depuis qu’ils s’étaient côtoyés au sein de la Fédération universitaire catholique italienne de 1934 à 1939.

Selon le témoignage de Mgr Ettore Malnati, vicaire pour le laïcat et la culture du diocèse de Trieste, alors proche collaborateur du secrétaire de Paul VI, Mgr Macchi, le pape Paul VI s’est offert en rançon pour permettre la libération d’Aldo Moro, mettant donc sa personne en gage.

De plus, le 21 avril 1978, le pape a écrit une lettre aux terroristes des Brigades rouges dans laquelle il les suppliait de libérer l’homme d’État « simplement et sans condition ».

« Que nos cœurs sachent pardonner l’outrage injuste et mortel infligé à cet homme très cher et à ceux qui ont subi le même sort cruel », a prié le pape Paul VI lors des funérailles d’Aldo Moro, le 13 mai 1978.

Avec une traduction d’Hélène Ginabat

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Santé : le Saint-Siège se penche sur l’impact des progrès technologiques https://fr.zenit.org/2021/04/15/sante-le-saint-siege-se-penche-sur-limpact-des-progres-technologiques/ Thu, 15 Apr 2021 14:14:25 +0000 https://fr.zenit.org/?p=154497 Message vidéo du pape François le 8 mai

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Le Conseil pontifical de la culture et la Fondation Cura organisent une conférence en ligne, du 6 au 8 mai 2021, sur les dernières découvertes dans le domaine de la santé, et sur l’impact culturel des progrès technologiques. Le pape François adressera aux participants un message vidéo de conclusion.

Cette Ve Conférence internationale a pour thème « Explorer l’esprit, le corps et l’âme. Comment le progrès et les nouveaux systèmes de distribution améliorent la santé humaine » (« Exploring the Mind, Body & Soul. How Innovation and Novel Delivery Systems Improve Human Health« ).

Elle verra la présence de médecins, de scientifiques, d’étudiants en éthique, de reponsables religieux, d’experts en droits des patients, de politiques, de philanthropes.

Les organisateurs, explique un communiqué du Vatican ce 15 avril, échangeront aussi sur le lien entre science et foi (“Bridging Science and Faith”) en explorant les points communs entre religion et spiritualité dans la santé et le bien-être, ainsi que le rapport entre l’esprit, le corps et l’âme. Ils se demanderont finalement « ce que signifie être humain ».

Cette rencontre est ouverte aux prêtres, aux agents de la pastorale de la santé et aux étudiants des Universités pontificales catholiques du monde entier.

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