L’annonce de la venue du pape en France en septembre a suscité une grande joie pour notre pays. Dans le communiqué officiel du Vatican, il était mentionné que le pape répondait à l’invitation de la France et de l’Église ainsi que du « directeur général de l’UNESCO ».
En réponse, le Saint-Père se rendra au siège de cette organisation. Ce lieu, situé au cœur de Paris, à l’ombre de la Tour Eiffel, accueillera pour la deuxième fois un pape. Après le premier passage de saint Jean-Paul II en 1980, c’est le pape Léon XIV qui prononcera un important discours au siège de l’UNESCO.
Pour en comprendre toute la signification, il faut savoir que le Saint-Siège a toujours été proche des instances internationales. Saint Paul VI avait fait un voyage rapide à New York en octobre 1965 pour s’adresser à l’ONU, se présentant au nom de l’Église « experte en humanité ». Et il avait lancé un appel : « Plus jamais la guerre ! ».
Ses successeurs sont également tous venus à l’ONU pour adresser des messages forts : les papes Jean-Paul II, Benoît XVI et François ont ainsi été écoutés par les représentants de tous les pays du monde. Dans sa récente encyclique, le pape Léon XIV mentionne aussi « les organisations internationales, en particulier l’ONU, instruments essentiels pour promouvoir une civilisation de l’amour, en soutenant le dialogue entre les nations, le règlement pacifique des conflits, le développement intégral des peuples… » (Magnifica humanitas, 226).
Fruit du désir de paix, d’union et de réconciliation entre les peuples
Le lundi 2 juin 1980, le pape Jean-Paul II était accueilli à l’UNESCO. Une première. Il avait alors expliqué le sens de son intervention dans l’introduction de son long et magistral discours. En rappelant l’origine de l’UNESCO, fondée en novembre 1945, il avait souligné que l’organisation est « l’œuvre des nations qui furent poussées par un désir spontané de paix, d’union et de réconciliation ». Et il avait parlé de « cette nécessité de l’union des nations, du respect réciproque et de la coopération internationale ».

Saint Jean-Paul II à Paris en juin 1980 © fondationjeanpaul2.fr
Puis, il avait médité sur l’importance de la culture, et tous les participants à ce grand moment avaient été marqués par la phrase lancée à cette tribune : « En pensant à toutes les cultures, je veux dire à haute voix, ici à Paris, au siège de l’UNESCO, avec respect et admiration : “Voici l’homme !”. Je veux proclamer mon admiration devant la richesse créatrice de l’esprit humain. »
Il avait également demandé « l’alphabétisation systématique à travers la diffusion et la popularisation de l’instruction » en parlant de l’action de l’Église, notamment par « la fondation des universités médiévales en Europe, à Paris, Cracovie, Louvain ».
Enfin, saint Jean-Paul II avait lancé cet appel fort : « Moi, fils de l’humanité et évêque de Rome, je m’adresse à vous, hommes de science, et à travers vous, à vos collègues et amis de tous les continents. Tous ensemble, vous êtes une puissance énorme : la puissance des intelligences et des consciences. » Et il avait ajouté ces quelques mots tant de fois répercutés par les papes : « Hommes de science, engagez votre autorité morale pour sauver l’humanité de la destruction nucléaire. »
À la fin du mois de septembre, à la même tribune de l’UNESCO, le pape Léon XIV lancera lui aussi un appel à tous les peuples et à toutes les cultures, dans la droite ligne de sa première encyclique Magnifique humanité.
