Le pape Léon XIV a achevé son long voyage apostolique en Afrique ce jeudi soir 23 avril 2026. Dans l’avion qui le ramenait de Guinée équatoriale vers l’Italie, il a donné une conférence de presse d’une vingtaine de minutes, répondant aux questions posées par cinq journalistes parmi les 70 présents à bord.
Il a partagé sa grande joie d’avoir rencontré quatre pays d’Afrique, une véritable « bénédiction » pour lui. Il a aussi réaffirmé le sens profond de ces visites apostoliques, dont le but est avant tout pastoral. En voyageant dans le monde, le pape est d’abord un missionnaire, chargé de « rencontrer, accompagner et connaître le peuple de Dieu ». Il annonce aux fidèles le Christ sauveur et miséricordieux, il cherche à les rejoindre dans leurs joies ou leurs souffrances.
Pour lui, il ne s’agit donc pas d’obtenir des résultats politiques, même si les enjeux diplomatiques peuvent être importants. « Là-bas, bien sûr, il est souvent nécessaire de faire des remarques ou il est également important de s’entretenir avec les chefs d’État, afin de favoriser un changement de mentalité ou une plus grande ouverture d’esprit pour penser au bien du peuple ; une occasion d’aborder des questions telles que la répartition des richesses d’un pays », explique-t-il.
« Une culture de paix et non de haine et de division »

Mgr Rimaycuna Inga (à gauche) et Matteo Bruni, directeur du Bureau de presse du Vatican (à droite) © Vatican Media
Le Saint-Père a ensuite répondu aux questions concernant des sujets majeurs touchant le monde actuel, comme les guerres, le respect du droit international, la peine de mort, la diplomatie vaticane – notamment avec les régimes autoritaires, la question migratoire et la traite des humains, mais aussi la bénédiction des couples homosexuels.
Sur la question des guerres, il a insisté sur l’importance de promouvoir le respect du droit international. Il a mentionné que la situation en Iran est très complexe et « chaotique ». « En tant qu’Église, en tant que pasteur, je ne peux pas être en faveur de la guerre. Et je voudrais encourager chacun à faire des efforts pour chercher des réponses issues d’une culture de paix et non de haine et de division », a-t-il confié aux journalistes.
Il a ensuite abordé la question des migrants, problème majeur dans de nombreuses régions du monde, comme en Méditerranée ou aux États-Unis. Il a répondu en posant lui-même cette question : « Que fait le Nord du monde pour aider le Sud du monde, ou ces pays où les jeunes ne trouvent aujourd’hui aucun avenir et nourrissent donc ce rêve de partir vers le Nord ? » Et il a dit, entres autres : « Peut-être devrions-nous, à l’échelle mondiale, travailler davantage pour promouvoir plus de justice, d’égalité et le développement de ces pays afin qu’ils n’aient pas besoin d’émigrer vers d’autres pays. » Il a également mentionné la question de la traite des humains, un défi de taille touchant au plus profond à la dignité de l’homme.
Puis, est venue la question des relations diplomatiques du Vatican, en particulier avec les régimes autoritaires comme la Guinée équatoriale, le dernier pays visité par le pape. Le Saint-Père a insisté sur ce travail de diplomatie pour le maintien de relations avec les pays du monde entier, « parfois au prix de grands sacrifices » : « Le Saint-Siège, tout en conservant sa neutralité et en cherchant des moyens de maintenir de bonnes relations diplomatiques avec de nombreux pays, s’efforce en réalité d’appliquer l’Évangile à des situations concrètes afin d’améliorer la vie des gens. »
Les projets pour la suite : l’Amérique Latine ?
La quatrième question a porté sur les bénédictions des couples du même sexe, suite au souhait du cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et Freising, de l’autoriser dans son diocèse. « Le Saint-Siège s’est déjà entretenu avec les évêques allemands » a dit le pape. « Il a clairement indiqué que nous ne sommes pas d’accord avec la bénédiction formelle des couples – en l’occurrence des couples homosexuels, comme vous l’avez demandé – ou des couples en situation irrégulière (…). Lorsqu’un prêtre donne la bénédiction à la fin de la messe, lorsque le pape donne la bénédiction à la fin d’une grande célébration comme celle que nous avons vécue aujourd’hui, ces bénédictions s’adressent à tous. »
Le dernier journaliste a soulevé la question de la justice, surtout en ce qui concerne les nombreuses exécutions par le régime iranien. « Je condamne toutes les actions injustes. Je condamne le meurtre de personnes. Je condamne la peine de mort. Je crois que la vie humaine doit être respectée et que la vie de chaque personne – de la conception à la mort naturelle – doit être respectée et protégée » a répondu le pape Léon XIV.
Enfin, une question « joker » s’est discrètement glissée au milieu de l’interview sur les projets des futurs voyages apostoliques. Question à laquelle le pape a répondu brièvement : « J’ai très envie de visiter plusieurs pays d’Amérique latine. Pour l’instant, rien n’est confirmé, nous verrons bien. Nous attendons. » Pour l’heure, le Saint-Père reprend sa vie au Vatican, avec un programme toujours bien soutenu. La prochaine destination internationale officielle pour lui sera la visite de l’Espagne, du 6 au 12 juin 2026.



