Antonio Gaspari 

ROME, vendredi 9 mars 2012 (ZENIT.org) – La stratégie du discrédit et de la confusion n’est jamais gagnante, fait observer le cardinal Giovani Lajolo, président émérite du Gouvernorat du Vatican, qui dissipe les doutes soulevés récemment dans les media à propos de la gestion de services du gouvernorat.

Le cardinal Lajolo a en effet accordé un entretien publié sur le blog italien “Stanze Vaticane”, du site d’information télévisée “Tgcom24”  (Mediaset), le 9 mars.

C’est aussi sur une chaîne privée italienne que des accusations avaient été lancées, début février, avec la publication de lettres adressées à Benoît XVI et au secrétaire d’Etat, le cardinal Tarcisio Bertone, par Mgr Carlo Maria Vigano, ancien secrétaire général du même gouvernorat, qui avaient déjà fait l’objet d’une mise au point écrite (cf. Zenit du 5 février 2012).

Mgr Vigano, actuellement nonce apostolique à Washington, y évoquait des faits présumés de corruption, dépenses inconsidérées et d’opérations financières opaques.

Le cardinal Lajolo affirme que les soupçons se sont révélés “infondés”. “Je suis triste de voir comment l’opinion publique a été influencée de façon si négative et le trouble causé à de nombreux fidèles”, confie-t-il.

Selon le cardinal, Mgr Vigano a été injustement traité par des nouvelles parues dans la presse et il en a été profondément blessé: “En cherchant des responsables, il est parti de soupçons, qui se sont révélés infondés, et il s’est mis sur une piste erronée, qui l’a conduit à élargir le cadre en faisant une analyse qu’un examen plus attentif et dépassionné a révélée comme erronée”.

Le cardinal Lajolo répond point par point aux faits contestés. A propos du prix de la crèche de la Place Saint-Pierre de 2008, il explique: “Il n’y a là aucune dépense inconsidérée, parce que dans le coût de la crèche est comprise l’installation de l’arbre de Noël et de nombreuses autres crèches dispersées dans la Cité du Vatican: les services techniques du gouvernorat avaient en outre acquis une nouvelle structure portante en charpente métallique, un nouveau système d’éclairage, et avait acheté de nouveaux matériaux, en majeure partie du polystyrène. Tous ces éléments ont ensuite été employés dans les crèches des années suivantes”.  C’est la raison pour laquelle les crèches des années successives ont coûté moins cher.

En ce qui concerne une opération de décembre 2009, qui aurait fait perdre deux millions et demi de dollars, et mentionnée par Mgr Vigano, le cardinal Lajolo précise que “probablement, elle se fondait sur une fluctuation du change défavorable à court terme, mais elle ne tenait pas compte de l’évolution positive à long terme et des revenus acquis”.

“Je peux dire,  a déclaré le cardinal que la section extraordinaire de l’APSA à laquelle j’ai confié les investissements financiers du gouvernorat en mars 2009 a réalisé cette même année 2009 une récupération de 24, 6 % des pertes de 2008 et ceci grâce aussi à la consultation du Comité finance et gestion que j’ai institué en 2008”.

Il précise aussi qu’en 2010 « la récupération a continué et le bilan du gouvernorat a été amplement positif et cela du fait que ne pesait plus les pertes financières de 2008, en particulier grâce à la section extraordinaire de l’APSA et des entrées des Musées du Vatican”.

A une question sur qui est responsable de cette fuite de document que l’on a désormais appelée “Vatileaks”, le cardinal Lajolo répond: “Différentes interprétations sont possibles. En ce qui me concerne, je ne peux pas m’ôter de l’esprit que quelque employé de la curie, frustré dans ses ambitions, ait cru pouvoir obtenir une compensation en effectuant en secret cette action pour semer le trouble et qu’il ait trouvé quelque connaissance dans le monde des media,  qui en a tout de suite profité volontiers. Et que cela arrive justement maintenant, au moment où l’Eglise est en train de se préparer à l’engagement de l’Année de la foi est particulièrement déplaisant. Mais la foi vaincra”.

Et de conclure que “la “stratégie de la confusion” – qui veut faire penser que le Vatican serait une barque sans timonier - vise à discréditer la force du grand message pontifical et du gouvernement de l’Eglise, en détournant l’attention des aspect positifs pour l’attirer sur des épisodes certainement déplaisants mais occasionnels et marginaux. Mais elle ne l’emportera pas”.

 [Traduction, Anita Bourdin]