Discours de Benoît XVI aux évêques récemment nommés

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Servir l’Eglise à la manière du Dieu fait homme

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ROME, Mardi 14 septembre 2010 (ZENIT.org) – « L’évêque est appelé à servir l’Eglise à la manière du Dieu fait homme », déclare Benoît XVI dans son message aux évêques participant au séminaire de la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples.

Benoît XVI a reçu en audience, samedi matin, dans la salle des Gardes Suisses du Palais Apostolique de Castel Gandolfo, les évêques récemment nommés et qui vont assister au séminaire de mise à jour organisé par la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples (cf. Fides 06/09/2010), et il leur a adressé les paroles suivantes, rapportées intégralement ci-dessous, dans la traduction de l’agence vaticane Fides.

Chers frères Évêques,

Je suis heureux de vous accueillir et je vous salue avec une grande affection, à l’occasion de ce cours de remise à niveau que la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples a organisé pour vous, évêques récemment nommés. Ces journées de réflexion à Rome, pour approfondir les devoirs de votre ministère et pour renouveler la profession de votre foi sur la tombe de saint Pierre, sont également une expérience unique de la collégialité, fondée sur l’ordination épiscopale et sur la communion hiérarchique. Cette expérience de fraternité, de prière et d’étude dans le cadre du siège apostolique augmente en chacun de vous la communion avec le Successeur de Pierre et avec vos confrères, avec lesquels vous partagez le souci de toute l’Eglise. Je remercie le Cardinal Ivan Dias pour ses aimables paroles ainsi que Mgr le Secrétaire et Mgr le Secrétaire adjoint qui, de concert avec les collaborateurs du Dicastère, ont organisé ce colloque. Sur vous, chers Frères, appelé depuis peu au ministère épiscopal, l’Église place beaucoup d’espoir, et vous suit dans la prière et l’affection. Moi aussi, je tiens également à vous assurer de ma proximité spirituelle dans votre service quotidien à l’Évangile.

Je connais les défis que vous devez affronter, en particulier dans les communautés chrétiennes qui vivent leur foi dans un contexte qui n’est pas facile, où, en plus de diverses formes de pauvreté, se produisant parfois des formes de persécution en raison de leur foi chrétienne. Pour vous revient la tâche de nourrir leur espérance, de partager leurs difficultés, en s’appuyant sur la charité du Christ qui consiste dans l’attention, la tendresse, la compassion, l’accueil, la disponibilité et l’intérêt pour les problèmes des gens, pour lesquels vous êtes prêts à donner votre vie (cf. Benoît XVI, Message pour la Journée Missionnaire Mondiale 2008, n. 2). Dans chacune de vos tâches, soyez soutenus par l’Esprit Saint, qui vous a configuré, par l’ordination, au Christ, éternel et souverain Prêtre. En effet, le ministère épiscopal ne s’entend qu’à partir du Christ, la source du sacerdoce unique et suprême, dont l’évêque est rendu participant. Par conséquent, il « s’efforcera de prendre un mode de vie qui imite la kénose du Christ serviteur, pauvre et humble, de sorte que l’exercice de son ministère pastoral soit un reflet cohérent de Jésus, le Serviteur de Dieu, et le conduise à être comme Lui, proche de tous, du plus grand au plus petit » (Jean-Paul II, Exh. apos. Pastores gregis, 11).

Mais, pour imiter le Christ, il faut consacrer suffisamment pour « avec lui » et pour le contempler dans l’intimité priante d’une conversation cœur à cœur. Rester fréquemment en présence de Dieu, être un homme de prière et d’adoration : c’est à cela surtout qu’est appelé le pasteur. Par la prière il devient, comme le dit la Lettre aux Hébreux (cf. 9,11-14), la victime et l’autel, pour le salut du monde. La vie de l’évêque doit être une offrande continue à Dieu pour le salut de son Église, et surtout pour le salut des âmes qui lui sont confiées. Cette oblation pastorale constitue également la vraie dignité de l’évêque : il tire de là le fait d’être le serviteur de tous, jusqu’à donner sa propre vie. L’épiscopat, en effet – comme le presbytérat – ne doit jamais s’interpréter selon les catégories mondaines. Il s’agit d’un service d’amour. L’évêque est appelé à servir l’Eglise à la manière du Dieu fait homme, en devenant plus pleinement serviteur du Seigneur et serviteur de l’humanité. Il est avant tout un serviteur et un ministre de la Parole de Dieu, qui est sa véritable force.

Le premier devoir de l’annonce, accompagné par la célébration des sacrements, spécialement de l’Eucharistie, découle de la mission reçue, comme le souligne l’hexortation apostolique Pastores gregis : « Si le devoir de proclamer l’Évangile est celui de l’Église tout entière et de tous ses fils, il l’est de manière toute particulière pour les évêques qui, le jour de l’ordination sacrée qui les place dans la succession apostolique, prennent comme engagement principal celui de prêcher l’Évangile et de le prêcher en invitant les gens à la foi dans la force de l’Esprit et en les renforçant dans la vivacité de la foi » (n. 26). C’est de cette parole de salut que l’évêque doit se nourrir en abondance, en se plaçant dans une écoute continuelle, comme dit saint Augustin : « Bien que nous soyons bergers, le berger écoute en tremblant non seulement ce qui est adressé aux pasteurs, mais ce qui est adressée au troupeau » (Discours 47, 2).

Dans le même temps, l’accueil et le fruit de la proclamation de la Bonne Nouvelle sont étroitement liés à la qualité de la foi et de la prière. Ceux qui sont appelés au ministère de la prédication doivent croire dans la puissance de Dieu qui découle des Sacrements et qui les accompagne dans la tâche de sanctifier, de gouverner et d’annoncer ; ils doivent croire et vivre ce qu’ils annoncent et ce qu’ils célèbrent. À cet égard, les propos du Serviteur de Dieu Paul VI résonnent de manière très actuelle : « Le témoignage de la vie est devenue plus que jamais une condition essentielle pour l’efficacité profonde de la prédication » (Exh. apost. Evangelii Nuntiandi, 76). Je sais que les communautés qui vous sont confiées sont, pour ainsi dire, aux « frontières » religieuses, anthropologiques et sociales et, dans de nombreux cas, ce sont des présences minoritaires.

Dans ces contextes, la mission d’un évêque est particulièrement difficile. Mais c’est précisément dans ces circonstances que, par votre ministère, l’Évangile peut montrer toute sa puissance salvifique. Vous ne devez pas céder au pessimisme et au désespoir, parce que c’est le Saint-Esprit qui guide l’Église et qui lui donne, par son souffle puissant, le courage de persévérer et aussi de chercher de nouvelles méthodes d’évangélisation, pour atteindre des zones jusque-là inexplorées. La vérité chrétienne est attrayante et convaincante, précisément parce qu’elle répond à la nécessité profonde de l’existence humaine, en annonçant de façon convaincante que le Christ est l’unique Sauveur de tous les hommes. Cette annonce reste valable aujourd’hui comme elle l’était au début du christianisme, quand ce fut le commencement de la première grande expansion missionnaire de l’Évangile.

Chers Frères dans l’épiscopat ! C’est dans la puissance de l’Esprit Saint que vous avez la sagesse et la force de rendre vos Églises témoins du salut et de la paix. Il vous guidera sur les chemins de votre ministère épiscopal, que je confie à l’intercession maternelle de Marie, Reine des Apôtres. Pour ma part, je vous accompagne par la prière et avec une affectueuse Bénédiction apostolique, que je donne à chacun de vous et à tous les fidèles de vos communautés.

© Libreria Editrice Vaticana, traduction Fides

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ZENIT Staff

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