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Au nom du Père, du Fils
et du Saint-Esprit.
Que la paix soit avec vous !
Chers frères et sœurs, bienvenue ! Herzlich willkommen !
On me dit que les Allemands sont très ponctuels ! Ich bin ein Ausländer.
Chers amis,
je suis heureux de vous saluer tous, membres des associations étudiantes catholiques allemandes, qui vous réunissez pour un congrès commun, la Cartellversammlung, pour la première fois hors d’Allemagne. Votre décision de venir ici à Rome, ad Petri Sedem, est motivée par la foi catholique qui vous définit, par la communion qui nous lie en tant que disciples de Jésus et par les activités culturelles que vous menez. Je voudrais m’arrêter brièvement sur ces trois aspects afin de renforcer le lien fraternel qui vous unit et votre engagement commun envers l’Église.
En ce qui concerne votre identité catholique, votre engagement ferme envers la foi se reflète dans les quatre principes qui guident votre association : religio, scientia, amicitia et patria. Face au despotisme et aux idéologies du passé, la foi catholique n’a jamais été une simple façade ou une étiquette, mais plutôt un mode de vie à partager dans les milieux universitaires et professionnels. À l’instar du levain de l’Évangile, votre fraternité continue de grandir tant dans les domaines scientifique et politique qu’au sein de divers cercles universitaires, professionnels et sociaux. Cette dimension commune de vos activités profite non seulement à votre pays, mais aussi à toute l’Europe, au centre de laquelle se trouve l’Allemagne.
À cette centralité géographique, vous ajoutez à juste titre la centralité culturelle de la personne humaine, créature de Dieu et artisane de sa propre vie. Face aux défis de la révolution technologique, vous devez accorder une attention particulière à l’étude et à la promotion de notre humanité commune. Dans son expression irréductible d’homme ou de femme, la personne humaine est en effet toujours relationnelle et limitée, et c’est pourquoi elle est appelée à devenir un engagement pour elle-même et un don pour l’autre. Tout comme l’exercice de la raison, la lumière de la foi éclaire les promesses et les illusions du temps présent, invitant chaque personne à faire de son mieux pour contribuer à construire une société juste et pacifique.
En ce qui concerne l’esprit de communion qui anime cette initiative, je suis heureux de rappeler votre devise : In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas. Ces mots témoignent des véritables fondements, du dialogue critique et du dévouement constant qui caractérisent votre association. La relation entre les membres de nombreuses associations ne se limite pas au partage de connaissances, mais se transforme en estime mutuelle. Elle ne se limite pas aux idées, mais devient une pratique collaborative. Alors que vous suivez tous le Christ, unique Seigneur et Maître de vie, vous incarnez les valeurs catholiques dans la société non pas en tant que porte-drapeaux partisans, mais en tant que représentants du bien commun de l’humanité. En Allemagne, en Italie et dans le monde entier, la foi catholique elle-même renforce notre coopération sans céder aux modes du moment, sans faire passer les préférences individualistes avant la Tradition commune de l’Église. Dans la joie de la fraternité, je vous encourage donc à promouvoir l’évangélisation de la culture : vos organisations universitaires attirent sans cesse de nouveaux jeunes parce qu’elles témoignent de passion, de compétence et d’une authentique amitié chrétienne.
En ce qui concerne les diverses activités culturelles que vous menez dans les différents domaines d’étude et de travail, vous avez pris conscience qu’il ne s’agit pas simplement de se consacrer à une profession (Beruf), mais de suivre une vocation (Berufung). En effet, la recherche de la vérité est un bien qui mérite d’être désiré et transmis. Lorsque nous la poursuivons avec méthode, nous nous rendons compte qu’aucun domaine d’étude ne peut être réduit à une simple spéculation. Précisément parce qu’elle implique l’exercice tant de l’intellect que de la volonté, l’étude est plutôt un engagement qui exige de l’autodiscipline et une conversion : une transformation de l’esprit, que nous cultivons comme un terrain fertile en perfectionnant nos outils de travail. En faisant de notre mieux, nous devenons des gardiens responsables au sein de la société sans nous laisser séduire par des carrières centrées sur l’argent. Au contraire, nous reconnaissons que la culture est un bien de l’humanité : la vérité nous rend libres, tandis que le mensonge déforme les noms et les choses. Face à ce qui déshumanise les personnes — en particulier les plus petits d’entre nous, les pauvres et les malades —, je vous demande d’être des témoins de l’humanisme chrétien. À cet égard, je vous invite à réfléchir profondément à ce qu’a dit le pape Benoît XVI, un illustre ancien membre de votre association : développez une « écologie de l’homme » cohérente. L’homme aussi possède une nature qu’il doit respecter » (Visite au Parlement au Reichstag de Berlin, 22 septembre 2011). L’écologie intégrale, si chère au pape François (cf. Lettre encyclique Laudato si’, n° 10-11, 62), met en lumière le fait que le monde est plein de sens et n’est pas une entité inerte à modeler à sa guise ou par soif de pouvoir. En effet, nous ne sommes pas un ensemble aléatoire de particules, mais des corps ouverts à la transcendance : en orientant notre soif de vie et de justice, de sagesse et d’amour, nous découvrons ensemble la vérité dans la connaissance, l’action et la foi.
Après tout, les êtres humains sont toujours à la recherche de Dieu, et il s’est révélé à nous comme notre Sauveur. Ce n’est donc pas en dépit de nos activités, mais précisément à travers ce que nous faisons que nous établissons une relation avec Dieu, qui devient un chemin vers la sainteté. Oui, la mission culturelle des chrétiens consiste à orienter la société et l’histoire vers ce sommet d’une vie centrée sur Dieu. Par l’intercession de saint Boniface, évangélisateur de l’Allemagne, puissiez-vous être témoins de cette sagesse de l’Évangile dans la société allemande et européenne. Avec toute mon estime pour vos associations, je vous accorde volontiers ma bénédiction apostolique, à vous tous et à vos proches. Danke sehr !
Prions ensemble : Pater noster…
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L’Osservatore Romano, Édition quotidienne, Année CLXVI n° 126, vendredi 5 juin 2026, p. 6.
Traduction réalisée par ZENIT
