Le bienheureux Elias Hoyek (1843-1931) © Facebook / MgrJoseph Naffah

Le bienheureux Elias Hoyek (1843-1931) © Facebook / MgrJoseph Naffah

Le patriarche libanais Elias Hoyek déclaré bienheureux 

Un miracle a été attribué à l’intercession du « Père du Grand Liban » 

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Ce vendredi 22 mai 2026, six mois après son voyage apostolique au Liban, le pape Léon XIV a signé un décret dans lequel il reconnaît un miracle attribué à l’intercession du patriarche maronite Elias Hoyek d’Antioche (1843-1931), autorisant ainsi sa prochaine béatification.

Ce miracle remonte à 1965 avec la guérison d’un officier musulman de l’armée druze, Nayef Abou Assi, atteint d’une « spondylolyse bilatérale » chronique. Le militaire s’est réveillé un jour en parfaite santé après avoir rêvé d’un homme vêtu de blanc, tenant un bâton à la main, identifié par la suite comme le patriarche Hoyek – alors que l’officier n’en avait jamais entendu parler.

Homme de dialogue et d’unité, doté grande charité pastorale, le patriarche Hoyek a vécu sa vie dans la pauvreté évangélique, bénéficiant d’une telle estime qu’on le surnommait le « Père du Grand Liban ». Il est connu en particulier pour son engagement auprès des plus pauvres durant la Première Guerre mondiale et pour son rôle décisif dans la création du Liban moderne. Il a été déclaré vénérable par le pape François en 2019.

« Homme de la divine providence » et « saint patriarche » 

Né en 1843 à Helta, au nord du Liban, Elias Hoyek est entré au séminaire à l’âge de 16 ans, avant de partir étudier la théologie à Rome, où il a été ordonné prêtre en 1870. De retour dans son pays, il a co-fondé à Ebrine la congrégation des sœurs maronites de la Sainte-Famille, premier institut religieux féminin de vie apostolique au sein de l’Église maronite. Il a ensuite été élu patriarche d’Antioche en 1899, et a dirigé l’Église maronite pendant plus de trente ans, jusqu’à sa mort en 1931.

"Un pasteur zélé et un guide spirituel au service de Dieu, de l'Église, de la patrie et de l'humanité" © Domaine public

« Un pasteur zélé et un guide spirituel » © Domaine public

Au début de la Première Guerre mondiale, il a ouvert les portes des couvents et des monastères pour nourrir les plus démunis, quelles que soient leurs confessions religieuses. Il a notamment mis les biens du Patriarcat à la disposition des pauvres, a mobilisé les fonds de l’Église et mis à profit ses relations internationales pour lutter contre la famine qui sévissait à cette époque.

Le patriarche s’est opposé également aux exigences de l’Empire ottoman visant à compromettre l’autonomie de la communauté maronite dans la région du Mont-Liban. Condamné à la déportation, il a pu finalement rester dans son pays grâce à l’intervention du pape Benoît XV et de la diplomatie austro-hongroise. En 1920, il a également contribué à la création du nouvel État du Grand Liban en participant aux négociations avec les autorités ottomanes.

« Le patriarche Hoyek est considéré comme l’une des figures ecclésiastiques et nationales les plus éminentes, et était connu comme “l’homme de la providence divine” et le “saint patriarche” selon ses contemporains », écrit la congrégation maronite des sœurs de la Sainte-Famille.

Les religieuses maronites ajoutent que cette béatification représente une « bénédiction céleste », et soulignent que le patriarche Hoyek « était un pasteur zélé et un guide spirituel qui a consacré sa vie au service de Dieu, de l’Église, de la patrie et de l’humanité, sans distinction ».

 

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Anne van Merris

Anne van Merris, journaliste française, a suivi une formation à l'Institut européen de journalisme Robert Schuman, à Bruxelles. Elle a été responsable de la communication au service de l'Église catholique et responsable commerciale dans le secteur privé. Elle est mariée et mère de quatre enfants.

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