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Synode, 26 oct. 2019, capture @ Vatican Media

Synode, 26 oct. 2019, capture @ Vatican Media

Synode pour l’Amazonie: une “conversion” pour devenir des alliés des peuples de l’Amazonie

Le document final en cinq chapitres: la table des matières

Le mot “conversion” semble être le maître mot du document final du synode pour l’Amazonie, avec pour corollaire “des nouveaux chemins”, comme le souhaitait le thème du synode: “Amazonie: de nouveaux chemins pour l’Eglise et pour une écologie intégrale”.

« Si nous ne changeons pas, nous n’y arriverons pas », a commenté le cardinal Michael Czerny, jésuite canadien, du dicastère pour le développement intégral, en présentant le document à la presse, aux côtés de Mgr David Martinez de Aguirre, dominicain, du Pérou, de Paolo Ruffini, préfet du dicastère pour la communication, et du p. Giacomo Costa, jésuite, de la commission d’information du synode, au Vatican, à 19h40.

Le document final du synode pour l’Amazonie est publié ce 26 octobre 2019, en espagnol. Il se présente sous la forme de cinq chapitres, une introduction et une conclusion.

Le mot “conversion” et l’expression “nouveaux chemins” reviennent cinq fois: le pape a lui même insisté, dans son discours final au synode, sur la nécessité de la “créativité” pour l’annonce de l’Evangile en Amazonie. Une conversion à tous les niveaux de la vie de l’Eglise en Amazonie « intégrale », « pastorale », « culturelle », « écologique », « synodale ».

Le document indique aussi les pourcentages des votes : ce qui montre que chacun des 120 points a reçu la majorité des deux tiers (aucun sous les 75%): les pères synodaux étant 181, il fallait que le paragraphe atteigne 120 voix pour être adopté.

Un point a fait l’unanimité, le point 21 sur « l’Eglise en sortie missionnaire ».

Les femmes, le diaconat permanent et le rite amazonien

Les 3 points les plus « médiatiques » qui ont attiré l’attention pendant le synode, soit, la question des ministères féminins, de l’éventuelle ordination d’hommes mariés, des rites amazoniens, se trouvent dans le chapitre 5.

Il demande notamment pour les femmes (§§ 99-103), qui sont la majorité des leaders des communautés catholiques en Amazonie, une formation solide, et l’accès au lectorat et à l’acolytat, dans le sillage de Paul VI, et l’institution d’un ministère de leadership de communauté. Le synode souhaite être tenu au courant des travaux de la Commission sur les diaconesses dans l’Eglise primitive.

Le § 99 sur la place à donner obtient 161 voix (2 non placet); le § 100 sur Paul VI et l’heure de la femme, 168 voix (3 non placet); le § 101 sur le leadership dans les communautés catholiques indigènes, 165 (contre 5); le § 102 sur la formation notamment en théologie, 160 (contre 11); le § 103 sur les diaconesses, 137 (contre 30) .

Pour le manque de prêtres, le synode ne se tourne pas immédiatement vers l’ordination d’hommes mariés, mais vers la promotion du diaconat permanent, comme le suggérait notamment le cardinal Oswald Gracias. Le § 106 insiste sur la formation adéquate des diacres permanents (adopté par 170 voix contre 2). L’ordination sacerdotale pour des diacres permanents est envisagé au § 111, qui affirme aussi que le célibat sacerdotal est un « don ».

Il envisage les « critères » nécessaires pour « ordonner prêtres des hommes idoines et reconnus par la communauté, qui aient un diaconat permanent fécond et reçoivent une formation adéquate au presbytérat, tout en pouvant avoir une famille légitimement constituée et stable ».

Le paragraphe a été voté par 128 voix pour et 41 contre: c’est la plus forte résistance par rapport aux autres paragraphes.

A propos du rite amazonien, le §119 (adopté par 140 voix contre 29) souhaite la mise en place d’une « commission compétente pour étudier et dialoguer, selon les us st coutumes des peuples ancestraux, en vue de l’élaboration d’un rite amazonien, qui exprime le patrimoine liturgique, théologique, disciplinaire et spirituel amazonien, avec une référence spéciale à ce que Lumen gentium affirme pour les Eglises orientales ».

Voici les cinq titres, rassemblant 120 paragraphes (notre traduction, rapide, de travail, et donc non-officielle):

Introduction (§§ 1-4)

Ch. 1 – Amazonie: de l’écoute à la conversion intégrale (5-19)

-La voix et le chant de l’Amazonie comme message de vie (6-9)

-La clameur de la terre et le cri des pauvres (10-14)

-L’Eglise dans la région amazonienne (15-16)

-Appelés à une conversion intégrale (17-19)

 

Ch. 2 – De nouveaux chemins de conversion pastorale (20-40)

-L’Eglise en sortie missionnaire (21)

a) Eglise samaritaine, miséricordieuse, solidaire (22)

b) Eglise en dialogue œcuménique, interreligieux et culturel (23-25)

-Eglise missionnaire qui sert et accompagne les peuples amazoniens (26)

a) Eglise au visage indigène, paysan, et afro-descendant (27-28)

b) Eglise au visage migrant (29)

c) Eglise au visage jeune (30-33)

d) Eglise qui parcourt de nouveaux chemins en pastorale urbaine (34-37)

e) Une spiritualité de l’écoute et de l’annonce (38)

-Nouveaux chemins pour la conversion pastorale (39-40)

 

Ch. 3 – De nouveaux chemins de conversion culturelle (41-64)

-Le visage de l’Eglise dans les peuples amazoniens (42)

a) Les valeurs culturelles des peuples amazoniens (43-44)

b) Eglise présente et alliée des peuples sur leurs terres (45-50)

-Chemins pour une Eglise inculturée (51)

a) La vie de la foi exprimée dans la piété populaire et la catéchèse inculturée (52-53)

b) Le mystère de la foi réfléchi dans une théologie inculturée (54)

-Chemins pour une Eglise interculturelle

a) Le respect des cultures et des droits (55)

b) La promotion du dialogue interculturel en un monde global (56-57)

c) Les défis de la santé, de l’éducation et de la communication (58-61)

-Nouveaux chemins pour la conversion culturelle (62-64)

 

Ch. 4 – De nouveaux chemins de conversion écologique (65-85)

-Vers une écologie intégrale depuis l’encyclique Laudato si’

a) Menaces contre le biome amazonien et ses peuples (66-70)

b) Le défi de nouveau modèles de développement juste, solidaire et durable (71-73)

-Eglise qui prend soin de la « maison commune » en l’Amazonie

a) La dimension socio-environnementale de l’évangélisation (74-79)

b) Une Eglise pauvre, avec et pour les pauvres à partir des périphéries vulnérables (80-)

-De nouveaux chemins pour la promotion de l’écologie intégrale

a) Interpellation prophétique et message d’espérance pour toute l’Eglise et pour le monde entier (81-84)

b) Observatoire socio-pastoral amazonien (85)

 

Ch. 5 – De nouveaux chemins de conversion synodale (86-119)

-La synodalité missionnaire dans l’Eglise amazonienne

a) La synodalité missionnaire de tout le Peuple de Dieu sous la conduite de l’Esprit (87-88)

b) Spiritualité de communion synodale sous la conduite de l’Esprit (89-90)

c) Vers un style synodal de vivre et de travailler dans la région amazonienne (91-92)

Nouveaux chemins pour la « ministérialité » ecclésiale

a) L’Eglise ministérielles et nouveaux ministères (93-96)

b) La vie consacrée (97-98)

c) La présence et l’heure de la femme (99-103)

d) Diaconat permanent (104-106)

e) Itinéraires de formation inculturée (107-108)

f) L’Eucharistie, source et sommet de la communion synodale (109-111)

-Nouveaux chemin pour une synodalité ecclésiale

a) Structures synodales régionales dans l’Eglise amazonienne (112-113)

b) Université et nouvelles structures synodales amazoniennes (114)

c) Organisme ecclésial, régional, post-synodal pour la région amazonienne (115)

d) Rites pour les peuples originaires (116-119)

Conclusion (§ 120)

 

 

About Anita Bourdin

Journaliste accréditée au Vatican depuis 1995. A lancé Zenit en français en janvier 1999. Correspondante à Rome de Radio Espérance. Formation: journalisme (IJRS, Bruxelles), théologie biblique (PUG, Rome), lettres classiques (Paris IV, Sorbonne).

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