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Cardinal Stepinac © Wikimedia commons

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Conclusions de la Commission serbo-croate sur le cardinal Stepinac

Approfondir ensemble la mémoire des martyrs

Malgré des « divergences » de points de vue, l’Eglise catholique croate et l’Eglise orthodoxe serbe veulent approfondir ensemble la mémoire de leurs martyrs. Un an après son institution, la Commission mixte serbo-croate pour étudier la vérité historique de la vie du bienheureux Alojzije Stepinac (1898-1960), cardinal croate déclaré martyr, a conclu ses travaux en ces termes, lors d’une sixième et dernière réunion, les 12 et 13 juillet 2017.

Les experts catholiques et orthodoxes étaient chargés d’étudier la vie de l’archevêque de Zagreb qui s’est opposé au fascisme et au communisme mais dont la mémoire fait l’objet de controverses.

Les participants, peut-on lire dans un communiqué, saluent la « magnanimité » du pape François qui a accueilli la demande du patriarche de l’Eglise orthodoxe serbe, Irinej, et a constitué la Commission. Ils font état d’un « climat cordial » et d’une « pleine liberté de parole » durant les réunions et assurant que le travail a permis « une meilleure connaissance de l’histoire des années entre la Première guerre mondiale et 1960, année de la mort du cardinal Stepinac » et d’illustrer « la vie et le ministère d’un pasteur catholique important, dans une période particulièrement tourmentée de l’histoire ».

Les experts parviennent à la conclusion « que divers événements, interventions, écrits, silences et prises de position sont encore objets d’interprétations variées. Dans le cas du cardinal Stepinac, les interprétations qui prévalent, données respectivement par des croates catholiques et par des serbes orthodoxes, restent encore divergentes ».

« L’étude de la vie du cardinal Stepinac, poursuit le texte, a enseigné que dans l’histoire toutes les Eglises ont cruellement souffert de diverses persécutions et ont leurs martyrs et confesseurs de la foi. A cet égard, les membres de la Commission ont convenu d’une future éventuelle collaboration, en vue d’une œuvre commune, pour partager la mémoire des martyrs et des confesseurs des deux Eglises ».

Le communiqué rappelle aussi que la commission de recherche historique n’a pas interféré dans le procès de canonisation du bienheureux, « de compétence exclusive du pape ».

Présidée par le père Bernard Ardura, président du Comité pontifical des sciences historiques, la commission est composée d’évêques et d’historiens. Au total, cinq représentants de l’Église catholique de Croatie : le cardinal Josip Bozanić, archevêque de Zagreb, Mgr Antun Škvorčević, évêque de Požega, Mgr Ratko Perić, évêque de Mostar-Duvno, Jure Krišto et Mario Jareb, de l’Institut croate d’histoire.

Et cinq représentants de l’Église orthodoxe serbe : Amfilohije, métropolite du Monténégro et du Littoral, Porfirije, métropolite de Zagreb et Lubiana, Irinej, évêque de Novi Sad et de Bačka, Jovan, évêque de Pakrac et de la Slavonie, et Darko Tanasković, représentant de la Serbie après de l’UNESCO.

Le cardinal Alojzije Stepinac, qui fut archevêque de Zagreb de 1937 à 1960, a été condamné par le régime communiste, emprisonné pendant 5 ans puis assigné à résidence. Il mourut d’une maladie du sang contractée en prison.

Pendant plusieurs décennies, s’est propagée l’accusation selon laquelle il aurait collaboré avec la dictature oustachi d’Ante Pavelić, proche d’Hitler et leader de l’Etat indépendant de Croatie durant la Seconde guerre mondiale. Pour l’Eglise de Croatie, il s’agit d’une calomnie lancée par le régime communiste.

La reconnaissance de son martyre par Jean-Paul II en 1998 avait provoqué la polémique. Déjà en 1952, lorsque Mgr Alojzije Stepinac avait été créé cardinal par Pie XII, la Yougoslavie avait rompu ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège.

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