Les défis actuels de l’Église syriaque-catholique au Moyen-Orient et les réponses à apporter étaient au centre du synode ordinaire syro-catholique qui a eu lieu du 8 au 10 décembre 2014 à Rome. Les participants ont rencontré le pape François ce vendredi matin.
Le patriarche d’Antioche et de tout l’Orient des Syriens, Ignace Youssef III Younan, chef de l’église syriaque-catholique, témoigne à Zenit de la situation des chrétiens du nord de l’Irak, où plus de 120.000 familles ont été contraintes d’abandonner leurs terres de Mossoul et Karakosh pour se réfugier dans le Kurdistan irakien.
Ils vivent « dans la précarité, l’insécurité et le manque de protection officielle de l’État », précise le patriarche qui remercie le pape d’être « une voix qui s’élève pour la vérité, pour l’affirmation de la justice » et pour « la défense de la cause des chrétiens au Moyen-Orient ».
« Les minorités paient le prix le plus fort de cette situation », l’Église syriaque-catholique, majoritaire, étant la plus touchée, déplore-t-il : « dans le Kurdistan, les syriaque-catholiques n’ont plus d’éparchie de soutien, plus de structure ».
Aujourd’hui, plus d’un tiers des membres de l’Église syro-catholique sont dispersés en diaspora : « Et Dieu seul sait quand ils reviendront et s’ils reviendront », ajoute-t-il.
Le patriarche rappelle que les Irakiens chrétiens ont « lancé un appel à la communauté internationale » : c’est le devoir de ceux « qui ont laissé créer cette situation monstrueuse, de tout mettre en œuvre pour libérer les terres qui ont été volées » et pour « rendre aux minorités leur dignité et leur donner une situation de vie digne et durable ».
Les patriarches et évêques chrétiens ont également régulièrement « invité les frères musulmans à se rassembler et à dénoncer officiellement le terrorisme commis au nom de la religion » ainsi qu’à « lutter concrètement et à protéger les minorités ».
La visite ad limina apostolorum des pasteurs de l’Église syriaque-catholique – représentés par une délégation de 320 personnes – a débuté hier 11 décembre : le patriarche se réjouit de cette « visite filiale pour confirmer les liens d’unité entre le siège d’Antioche et celui de Rome, qui préside dans la charité, selon les mots de saint Ignace d’Antioche ».
Traduction et synthèse d’Anne Kurian