A l’école du « bon vivre ensemble » chez les carmes d’Haïfa

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Entretien avec le représentant des carmes déchaux pour la Terre Sainte et l’Egypte

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ROME, Mardi 14 juillet 2009 (ZENIT.org). Il existe une ville en Israël où les désirs de paix et de sérénité pour la Terre Sainte se mêlent  à la pratique quotidienne du « bon vivre ensemble » entre les diverses religions. 

Que ce soit par tradition ou pour une simple question géographique, la ville de Haïfa, lourdement touchée par des tirs de missiles du Hezbollah, en juillet 2006, lors des combats opposant ce groupe chiites libanais et Israël, a en effet pour vocation la coexistence pacifique entre les divers peuples.

Interrogé par ZENIT, le père Flavio Caloi, de Vérone, en Italie, délégué général des carmes déchaux pour la Terre Sainte et l’Egypte et vicaire du Mont Carmel, décrit « l’engagement des carmes déchaux à vivre et annoncer l’Evangile surtout en Galilée dans la localité d’Haïfa ».

A Haïfa, précisément, les carmes ont trois couvents en plus d’un centre d’étude à Jérusalem; alors que les religieuses comptent un monastère à Bethléem, un à Haïfa, un à Jérusalem et un à Nazareth. 

« C’est ici  que nos prédécesseurs, il y a plus de 800 ans, raconte le P. Caloi, ont commencé à vivre notre formule de vie. Celle-ci s’inspire du grand prophète Elie et de la Vierge, Mère et reine du Carmel qui, avec son habit, le scapulaire, nous donne sa protection maternelle et nous fait don de Jésus notre sauveur ».

« Notre présence, hormis pour la maison d’étude à Jérusalem, se concentre en trois endroits sur le Mont Carmel : Stella Maris, la paroisse et Muhraqa (le Sacrifice) », précise-t-il.

Le sanctuaire « Stella Maris » (Etoile des mers), se dresse sur le promontoire qui surplombe le golfe d’Haïfa, où fut érigé le premier monastère de l’ordre, connu sous le nom de Wadi-ein-siah. 

Niché dans un superbe cadre naturel, le sanctuaire attire à lui de nombreux pèlerins, aussi bien des chrétiens que des juifs, des musulmans, des druzes ou des bahaï, la religion fondée par Hussein Ali qui a son propre sanctuaire à coupole dorée sur le versant conduisant au Mont Carmel. Ils se rendent là pour vénérer la Vierge et le prophète Elie. 

L’apôtre des carmes est actif mais il l’est aussi au plan éducatif avec son école, l’« école carmélite » qui compte plus de 800 élèves et accueille non seulement des chrétiens de diverses confessions mais également de nombreux musulmans. 

« Ici l’œcuménisme naît spontanément. Dans ce sanctuaire, dans cette tolérante et respectueuse cité qu’est Haïfa, tout le monde se sent chez soi, indépendamment de sa religion ou de ses origines », affirme le P. Caloi. 

« La paroisse Saint-Joseph, explique-t-il, se trouve par contre dans la partie basse d’Haïfa, près du port. C’est la seule et unique paroisse latine de la ville et elle est fréquentée par des chrétiens d’origine palestinienne et par de nombreux Philippins qui travaillent en Galilée ». 

« Muhraqa, ou le Sacrifice, poursuit-il, évoque le grand geste que le prophète Elie avait eu pour sauver la foi en Israël. Situé dans un belvédère naturel qui domine la vallée d’Esdrelon, c’est un endroit très visité, notamment par les néo-catéchumènes, les protestants, les juifs, les druzes, en raison probablement aussi de son superbe panorama ». 

Ces lieux, explique encore le P. Flavio Caloi, sont l’objet d’une profonde vénération, au point que « la procession de la Vierge du Carmel, célébrée le troisième dimanche après Pâques, est, après celle des rameaux à Jérusalem, la plus fréquentée d’Israël, avec des dizaines de milliers de fidèles provenant de tous les territoires de la Terre Sainte ».  

« Les trois sculptures qui se trouvent ici, dans le jardin intérieur du sanctuaire Stella Maris, sont représentatives des trois grandes religions monothéistes, réalisées par Sabino Ventura et Yumiko Tachimi. Elles nous rappellent que ‘la paix vient d’en haut mais qu’elle demeure au fond de nos cœurs’ ».    

Mirko Testa

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ZENIT Staff

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