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Amazonie @ jesuits.global

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Synode pour l’Amazonie: synthèse officielle de la 5ème Congrégation générale

Un ministère laïc féminin?

Les travaux de l’Assemblée spéciale panamazonienne du Synode des évêques se poursuivent au Vatican. Pour la cinquième Congrégation générale de ce mercredi matin 9 octobre 2019, 174 pères synodaux étaient présents, indique le Saint-Siège qui propose, en italien, cette synthèse des interventions, traduite ici par nos soins.

La santé intégrale de l’Amazonie est une des préoccupations exposées en salle ce mercredi matin par les pères synodaux. Le modèle de développement du capitalisme qui dévore la nature, les incendies qui détruisent la région, la corruption, la déforestation et les cultures illégales menacent en effet la santé des personnes comme celle du territoire et de la planète tout entière.

Protéger les populations en isolement volontaire

Les populations indigènes en isolement volontaire sont particulièrement vulnérables et exposées au génocide. Pour maintenir l’attention sur cette question, il est nécessaire d’instituer un observatoire ecclésial international pour la protection des droits humains et des besoins de ces communautés.

Davantage de dialogue : l’Église doit rejoindre les populations locales

On a souligné la lenteur de l’Église catholique à répondre parfois aux exigences de la population. En effet, elle est parfois loin des peuples locaux et ce vide est rempli par les propositions des Églises pentecôtistes.

Un dialogue oecuménique et interreligieux est urgent et indispensable : respectueux et fécond, c’est une dimension fondamentale pour l’Église en sortie dans la région panamazonienne, caractérisée par un contexte multiculturel. L’interculturalité est plus qu’un défi. Non à une imposition venue d’en haut de sa propre culture. Oui à l’accueil de l’autre et à une salutaire décentralisation dans une optique synodale. L’Église, sans cacher les difficultés, doit être missionnaire, avoir un visage indigène et favoriser une logique selon laquelle la périphérie est mise au centre et le centre à la périphérie dans un mouvement riche de transformation mutuelle.

Les ministères doivent répondre à des besoins des peuples amazoniens

Dans une optique synodale, s’insère également l’appel à une plus grande implication des laïcs avec la création de nouveaux ministères qui répondent aux besoins des peuples amazoniens : l’Église doit être créative et proposer des ministères multiformes entre les ‘indios’ et les peuples de la forêt. Depuis le Concile Vatican II, de plus grands efforts ont été demandés en faveur d’une inculturation de la liturgie, avec des célébrations respectueuses des traditions et des langues des peuples locaux, ainsi que du message intégral de l’Évangile. Il faut un discernement attentif de la part des évêques afin que ne soit exclue a priori aucune solution, pas même celle de l’ordination d’hommes mariés. La demande de nombreux séminaristes d’une formation affective visant à soigner les blessures causées par la révolution sexuelle : aujourd’hui, nombreux sont ceux qui désirent redécouvrir et connaître la valeur du célibat et de la chasteté. L’Église ne doit pas se taire sur ces questions, mais offrir son trésor : la doctrine qui transforme les coeurs.

Un ministère laïque féminin

En même temps, il faut lutter contre la violence omniprésente contre les femmes. L’idée a été lancée d’instituer un ministère laïque féminin pour l’évangélisation. Il faut promouvoir une participation plus active de la femme dans la vie de l’Église dans l’optique du Samaritain.

Unité dans la diversité

Poursuivre l’unité dans la diversité selon l’image du polyèdre souvent suggérée par le pape. Passer, à l’école de Jésus, d’une pastorale de la visite à une pastorale de la présence et de l’écoute, proclamant la tendresse divine et promouvant le soin de notre maison commune non seulement entre amis, mais aussi entre ceux qui sont loin et qui pensent différemment. Enraciner en Jésus les valeurs de la fraternité universelle, de l’écologie intégrale et des styles de vie qui s’inspirent de la « bonne vie », comme réponse à toutes les propositions égoïstes de notre époque. Devant la tragédie climatique dénoncée au niveau mondial, le Synode est un moment de grâce et une grande opportunité pour l’Église afin qu’elle promeuve une conversion écologique et une éducation intégrale.

Migrations et pastorale urbaine

La question des migrations, dont les causes principales sont socio-politiques, climatiques, économiques ou liées aux persécutions ethniques : ces causes requièrent une approche pastorale spécifique. L’imposition d’un modèle occidental extracteur touche les familles et contraint les jeunes à s’installer dans les villes. L’Église doit promouvoir une pastorale urbaine.

Théologie indienne et traditions locales

Dans le débat, la valeur de la théologie indienne a été abordée, en référence à l’appel du pape à façonner une Église au visage indigène, en mesure de relire les éléments essentiels de l’univers catholique en termes indigènes. A aussi été soulignée la valeur de la médecine traditionnelle, alternative valide à la médecine occidentale. A été proposée la création de plus grandes réserves naturelles pour conserver la biodiversité ainsi que la pluralité des cultures amazoniennes.

La Congrégation, qui a commencé selon l’usage par la prière de l’office liturgique de « Tierce », s’est conclue par une prière particulière pour la situation difficile en Équateur.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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