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Synode des évêques, veillée avec les jeunes © Vatican Media

Synode des évêques, veillée avec les jeunes © Vatican Media

Synode 2018 : voyage dans le monde des jeunes pour le pape et les Pères synodaux

Regardez l’horizon et pas le miroir

Le pape François et les Pères synodaux ont effectué un « voyage dans le monde des jeunes », au quatrième jour du Synode des évêques, ce 6 octobre 2018 : ils ont passé deux heures animées par des jeunes, Salle Paul VI au Vatican.

« Nous sommes au sein du Synode, nous participons aux travaux », ont affirmé les jeunes participants, qui étaient environ 7000. Ils ont exprimé au pape leurs questions, touchant à la vie, l’engagement politique, l’emploi, l’individualisme, la solitude, les réseaux sociaux, les jeunes loin de l’Eglise… et ont remis ces questions qui serviront aux Pères synodaux pour la suite des travaux.

Lors de cette soirée festive pleine d’émotions, de chants, de chorégraphies et d’humour, le pape les a encouragés : « Faites votre chemin, soyez en chemin, regardez l’horizon et pas le miroir… ne restez pas assis sur le canapé », comme des « retraités à 24 ans ».

Pour se trouver soi-même, a-t-il ajouté, il faut agir. Et d’inviter à la cohérence de vie, fustigeant une Eglise incohérente « qui lit les béatitudes et qui tombe dans un cléricalisme princier scandaleux ».

Le vrai pouvoir, c’est le « service », c’est « faire grandir les personnes », a aussi rappelé le pape : « Si tu veux vivre comme chrétien, vis les béatitudes », pas la mondanité ni le cléricalisme, « une des pires perversions dans l’Eglise ».

Ne vous laissez pas séduire par les « colonisation idéologiques », a aussi exhorté le pape invitant les jeunes à se répéter : « Je n’ai pas de prix, je suis libre… aimez cette liberté que vous donne Jésus ». Il s’est spécialement ému devant la photo d’un jeune et de son grand-père, le message le plus fort de la soirée, a-t-il estimé en recommandant aux jeunes de cultiver les liens avec les plus âgés qui sont les racines.

Au cours de la veillée, des témoignages de jeunes se sont succédé : celui de Daniel, ancien détenu qui au contact d’une communauté a pu reprendre les études et un équilibre. « Dans la foi comme dans la vie, on ne grandit pas seul », a-t-il affirmé.

Azeez, un jeune irakien réfugié en France, étudiant à Lyon, a confié l’angoisse, l’abandon et la déréliction qu’il a ressentis dans le conflit de son pays, où il a tout perdu : « J’étais sauvé par Jésus… j’ai pardonné à daesh », a-t-il témoigné en anglais.

Un jeune chanteur a exprimé sa foi en l’amour durable : « les relations se cultivent, comme une plante », et parfois il faut « éteindre le téléphone » et dédier du temps à ceux qu’on aime, a-t-il recommandé. Une jeune femme de 33 ans a raconté quant à elle son expérience de divertissement sur les sites de rencontres, le « vide » et le besoin d’amour qu’elle cherchait à combler, jusqu’à ce qu’elle rencontre « un amour qui ne me demande rien », celui de Dieu. « Aujourd’hui je suis heureuse », a-t-elle assuré.

Un jeune victime de harcèlement a raconté sa fuite dans la drogue et l’alcool. A 23 ans, en colère contre le monde et contre Dieu, il vit dans la rue, devient « une larve humaine », c’était « l’enfer ». Enfin, il rencontre un prêtre qui l’invite à vivre dans une communauté de jeunes, à choisir « la vie », et se sort de ses dépendances.

Dario, orphelin de père à 5 ans, a livré son témoignage de dépendance à la pornographie à l’âge de 10 ans : « Je ne savais pas que le porno te détruit profondément… tu n’es pas libre de regarder les autres sans les salir… je cherchais un père, je cherchais Dieu, mais je ne le savais pas ». Aujourd’hui marié, il a fait part de son espérance et de sa volonté de témoigner de la beauté de la vie aux jeunes qui vivent la même dépendance.

Parmi les autres thèmes abordés : les difficultés du monde du travail ; la vocation religieuse ; l’engagement humanitaire auprès des réfugiés ; l’écologie : la mort et la maladie. Et un jeune prêtre ordonné il y a un an, qui a confié avec humour sa passion pour la danse et fait quelques pas rythmés devant les jeunes : « Je suis heureux d’être prêtre, Dieu ne t’enlève rien, ce que tu as il te le redonne à 1000% » a-t-il lancé.

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