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Andrea Tornielli © Vatican News

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Six ans de pontificat : l’Eglise n’est pas faite de super-héros ni de super-papes

Editorial d’Andrea Tornielli

« L’Eglise n’est pas faite de super-héros (ni de super-papes) et elle n’avance pas en vertu de ses ressources humaines ou de ses stratégies », souligne Andrea Tornielli : « le malin est présent dans le monde… et pour nous sauver nous avons besoin de l’aide d’En-haut ».

A la veille du 6e anniversaire de l’élection du pape argentin (13 mars 2013), le directeur éditorial du Dicastère pour la communication signe une chronique invitant à regarder « l’essentiel ».

Cet anniversaire, note-t-il, « voit le pape François engagé dans une année dense de voyages internationaux importants, marqués au début et à la fin par deux événements “synodaux” » : la rencontre des présidents des Conférences épiscopales du monde entier pour la protection des mineurs (février 2019), et le Synode spécial sur l’Amazonie (octobre 2019).

Andrea Tornielli évoque l’impact « important » du voyage apostolique aux Emirats arabes unis (3-5 février 2019) et la signature de la Déclaration conjointe du pape et du grand imam d’Al-Azhar : « Un document qui, nous l’espérons, aura des conséquences dans le domaine de la liberté religieuse. » Il constate aussi que « le thème de l’œcuménisme sera dominant dans les prochains voyages en Bulgarie et en Roumanie (mai 2019), tandis que le voyage souhaité au Japon, pas encore officialisé, pourra aider à faire mémoire de la dévastation provoquée par les armes nucléaires comme avertissement pour le présent et pour l’avenir de l’humanité ».

Protéger l’Eglise du diable

Mais il propose également « un regard sur l’année à peine écoulée », avec les « scandales des abus et des divisions internes ». Il cite à ce sujet l’ex-nonce Carlo Maria Viganò qui a « publiquement demandé la démission du pape pour la gestion du cas McCarrick ». « Face à ces situations, rappelle Andrea Tornielli, l’évêque de Rome a demandé à tous les fidèles du monde de prier le Rosaire tous les jours, durant tout le mois d’octobre 2018, pour (…) ‘demander à la Sainte Mère de Dieu et à Saint Michel Archange de protéger l’Eglise du diable, qui cherche toujours à nous séparer de Dieu et nous diviser' ».

Pour le directeur éditorial, « une demande si détaillée n’a pas de précédent dans l’histoire récente de l’Eglise » : « Par ses paroles et par son appel au peuple de Dieu à prier pour garder l’Eglise unie, François a fait comprendre la gravité de la situation et en même temps a exprimé la conscience chrétienne qu’il n’existe pas de remèdes humains en mesure d’assurer une issue. »

Encore une fois, insiste-t-il, « le pape a rappelé à l’essentiel : l’Eglise n’est pas faite de super-héros (ni de super-papes) et elle n’avance pas en vertu de ses ressources humaines ou de ses stratégies. Elle sait que le malin est présent dans le monde, qu’il existe le péché originel, et que pour nous sauver nous avons besoin de l’aide d’En-haut ».

Le répéter, assure-t-il, « ne signifie pas diminuer les responsabilités personnelles des individus ni celles de l’institution, mais les situer dans leur contexte réel ». Il fait aussi observer que « ce serait une erreur de “se décharger” des fautes sur ceux qui étaient là avant nous et de se présenter comme “purs” ».

Andrea Tornielli conclut : « Aujourd’hui aussi l’Eglise doit demander à quelqu’un d’Autre d’être libérée du mal. Un donné de réalité que le pape, en continuité avec ses prédécesseurs, a rappelé constamment. »

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