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Migrants africains en méditerranée

Migrants africains en méditerranée - Wikimedia - courtoisie de la Guardia di Finanza

Migrants : aider les infrastructures locales des communautés d’accueil

Déclaration du p. Czerny à l’ONU (Traduction intégrale)

Il faut adopter des « politiques de développement et de donateurs qui prévoient un pourcentage de l’assistance directe fournie aux migrants et aux réfugiés pour les infrastructures locales et pour les familles et les communautés locales qui expérimentent des inconvénients économiques et sociaux », déclare le p. Czerny à l’ONU lors de la quatrième session thématique informelle intitulée « Contributions des migrants et de la diaspora à toutes les dimensions du développement durable, y compris les envois de fonds et la transférabilité des bénéfices gagnés »

Entre avril et novembre 2017, les Nations Unies organisent une série de six sessions thématiques informelles sur la facilitation d’une migration sûre, ordonnée et régulière. La quatrième session a eu lieu les 24 et 25 juillet 2017 au siège de l’Organisation des Nations Unies à New York. La déclaration du Saint-Siège a été prononcée par le père Michael Czerny S.J., sous-secrétaire de la Section des migrants et des réfugiés, dicastère pour la promotion du développement humain intégral.

« C’est en assurant les conditions d’exercice du droit de rester, que l’on fait de la migration un choix et non une nécessité », a encore affirmé le p. Czerny. Il s’agit d’aider les migrants à « passer d’objets de soins d’urgence à de dignes sujets de leur propre développement ».

Voici notre traduction de la déclaration du père Michael Czerny S.J.

CR

Déclaration du père Michael Czerny 

Monsieur le Président,

Le Saint-Siège est très heureux de participer à cette quatrième session thématique informelle en prévision du Pacte Mondial alors que nous nous concentrons sur les liens entre migration et développement et sur les contributions apportées par les migrants pour aider leurs communautés et le monde à réaliser un développement durable.

Les liens profonds entre la migration et le développement peuvent d’abord être vus, malheureusement, dans l’absence ou la rupture de plusieurs des piliers du développement durable qui ont contraint des millions à se déplacer : dans la pauvreté endémique, la faim, la violence, le travail inadéquat, la dégradation environnementale et la sécheresse, les institutions faibles et corrompues et tant d’autres domaines qui sont abordés de manière concertée dans l’Agenda pour le développement durable de 2030.

C’est pourquoi un bon point de départ pour notre réflexion est le droit de rester dans sa patrie dans la dignité, la paix et la sécurité. Personne ne devrait jamais être obligé de quitter son domicile en raison du manque de développement ou de paix. Le droit de rester contribue à concentrer les efforts de la communauté internationale sur son obligation préalable d’assurer le développement humain durable et intégral de toutes les personnes dans leur lieu d’origine et de leur permettre de devenir des agents actifs de leur propre développement. Cela nous aide également à reconnaître les coûts sociaux, économiques et culturels que les migrations peuvent signifier pour un pays lorsque ses propres citoyens se sentent contraints de partir plutôt que de rester. C’est en assurant les conditions d’exercice du droit de rester, que l’on fait de la migration un choix et non une nécessité.

Nous savons tous que « la pauvreté et le manque de perspectives de développement encouragent fréquemment tant d’individus et de familles à rechercher des moyens de survivre dans des pays lointains ». Ils sont souvent les meilleurs de leurs pays : la jeunesse, le talent, le courage, l’espoir. Ils risquent leurs vies en traversant la Méditerranée et beaucoup de mers du monde en quête de survie et d’une vie meilleure. Ils recherchent au moins les conditions minimales de la dignité humaine et du développement intégral et durable. Cela semble certainement un moment de perte nette pour leurs pays.

Que cela devienne un gain – pour eux, leurs familles, leurs pays de destination et, espérons-le, un jour peut-être leur pays d’origine – dépend de la mesure dans laquelle – comme l’a suggéré le pape François – ils sont accueillis, protégés, promus et intégrés. Cela dépend de si on les aide à passer d’objets de soins d’urgence à de dignes sujets de leur propre développement et à utiliser l’éducation, les compétences, les ambitions, les expériences et la sagesse culturelle qu’ils possèdent déjà, et celles qui pourraient être améliorées grâce à la scolarisation et à la formation pour le développement de la société.

Pour que ce gagnant-gagnant désiré se produise, les migrants doivent d’abord être reçus et traités comme des êtres humains, avec dignité et respect intégral de leurs droits humains, et protégés contre toutes les formes d’exploitation ou contre le fait d’être rejetés en permanence, que ce soit socialement, économiquement ou légalement. Les communautés qui les reçoivent doivent bénéficier d’une assistance adéquate pour les intégrer d’une manière qui ne laisse pas les autochtones pauvres en arrière; une façon de le faire est l’adoption de politiques de développement et de donateurs qui prévoient un pourcentage de l’assistance directe fournie aux migrants et aux réfugiés pour les infrastructures locales et pour les familles et les communautés locales qui expérimentent des inconvénients économiques et sociaux. Cela aidera à fournir les conditions nécessaires à une véritable durabilité.

De même, alors que les hôtes cherchent à intégrer les contributions bénéfiques que chaque immigrant peut apporter à la communauté, les migrants ont la responsabilité de respecter les valeurs, les traditions et les lois de la communauté qui les intègre. Ainsi, l’accueil et l’intégration des migrants et des réfugiés sera l’occasion d’une nouvelle compréhension, d’horizons plus larges et d’un développement plus important pour tous.

Le pape François a souligné le lien entre la migration et le développement le mois dernier quand il a déclaré : « La présence de tant de frères et sœurs qui font l’expérience de la tragédie de l’immigration est une opportunité pour la croissance humaine, la rencontre et le dialogue entre les cultures en vue de la promotion de la paix et de la fraternité entre les peuples ». Cette fraternité et cette solidarité conduisent à des sociétés pacifiques et inclusives qui favorisent le développement durable auquel la communauté internationale est résolument engagée.

Merci, Monsieur le Président.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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