Lors de l’audience générale du 17 juin 2026, le pape Léon XIV est revenu sur son voyage apostolique en Espagne, marqué par l’accueil enthousiaste des fidèles et son invitation à regarder le monde « avec les yeux de Dieu », dans l’amour, le respect et la compassion. Il a également salué l’accord annoncé entre l’Iran et les États-Unis comme un signe encourageant de dialogue pour le Moyen-Orient, tout en exprimant sa profonde douleur face à l’aggravation de la guerre en Ukraine et en appelant avec force à une paix juste et durable.
Résumé de la catéchèse du Saint-Père :
Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !
Je voudrais revenir aujourd’hui avec vous sur le voyage apostolique que j’ai accompli la semaine dernière en Espagne. Partout, j’ai été accueilli par un enthousiasme débordant de foi et d’affection mais aussi par une véritable ouverture à l’écoute du Successeur de Pierre venu conforter les fidèles. J’ai ainsi pu les encourager à dépasser toute forme de division ou d’opposition en cherchant toujours la communion, le dialogue et l’unité dans la diversité. Cet enthousiasme me semble reposer sur le besoin de se retrouver unis sur un fondement vrai et profond – qui ne soit ni intéressé ni idéologique – à savoir le message du Christ répondant à la recherche de vérité et à la soif de justice qui habite l’homme.
Reçu dans les grandes cathédrales comme dans des stades modernes, j’ai pu percevoir la richesse d’un patrimoine inestimable cohabitant avec les réalités les plus modernes, caractéristique des pays d’Europe. Mais surtout, les diverses rencontres, souvent émouvantes ou édifiantes, m’ont fait comprendre la soif d’entendre dans les paroles du Pape, l’Évangile de l’espérance afin d’apprendre selon la devise du voyage à « lever les yeux ».
Salutations
Je salue cordialement les pèlerins de langue française venus du Bénin, et de France, en particulier le groupe de La Réunion, les prêtres et les élèves des diverses écoles.
Apprenons de Jésus à regarder le prochain, les personnes et le monde avec les yeux de Dieu, c’est-à-dire avec amour, respect et compassion.
Je vous bénis de grand cœur !
Je salue les fidèles de langue arabe. Nous sommes appelés à lever les yeux et à regarder le monde avec les yeux de Dieu, pleins d’amour, de respect et de compassion. Que le Seigneur vous bénisse tous et vous protège toujours de tout mal !
Ma pensée va enfin aux jeunes, aux malades et aux jeunes mariés. Nous sommes à l’aube de la période estivale, temps de tourisme et de pèlerinages, de vacances et de repos. Chers jeunes, tandis que je pense à vos camarades qui passent encore leurs examens, je vous souhaite, à vous qui êtes déjà en vacances, de profiter de l’été pour vivre des expériences sociales et religieuses enrichissantes. Je vous exhorte, chers malades, à trouver réconfort et soulagement auprès de vos proches. Et à vous, chers jeunes mariés, je vous invite à mettre à profit cette période estivale pour approfondir toujours davantage la valeur de la mission au sein de l’Église et de la société.
À tous, ma bénédiction !
APPELS
Je me réjouis de la conclusion d’un accord entre la République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique, qui sera signé ce vendredi, résultat encourageant d’un travail patient de dialogue et de négociation. J’exprime ma gratitude aux pays qui se sont engagés à faciliter la rencontre entre les parties et à rendre possible cet accord. J’espère que cet accord contribuera à renforcer la confiance mutuelle, la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient, en favorisant le dialogue et la coopération entre les peuples.
En revanche, des nouvelles douloureuses nous parviennent concernant la guerre en Ukraine, qui continue de s’étendre : de nombreuses victimes innocentes, des secouristes tués, des églises et des sites du patrimoine culturel ravagés par les flammes. Je suis proche de ceux qui pleurent leurs proches, des blessés et de ceux qui, au milieu de la violence, continuent de servir la vie avec courage. J’invite tout le monde à prier pour que cette guerre prenne fin. Demandons au Seigneur d’ouvrir des voies de dialogue, d’éteindre la haine et de rendre possible une paix juste et durable.
Catéchèse : Le Voyage apostolique en Espagne
Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !
Aujourd’hui, je souhaite vous proposer quelques réflexions sur le voyage apostolique que j’ai effectué la semaine dernière en Espagne, visitant Madrid, Barcelone, l’abbaye de Montserrat et les îles Canaries.
Après un long périple dans quatre pays africains, je me suis cette fois retrouvé plongé dans un pays européen doté d’une ancienne et très riche tradition catholique. Et il est apparu clairement que dans l’Espagne d’aujourd’hui, qui a connu de notables changements sociaux et culturels, le Pape a été accueilli partout avec enthousiasme et ouverture à l’écoute. J’en rends grâce à Dieu et à tout le peuple espagnol, au Roi et aux autorités civiles, aux évêques et aux communautés ecclésiales.
Le peuple de Dieu m’a beaucoup réconforté par la manifestation joyeuse de sa foi et de son affection. À mon tour, j’ai confirmé les fidèles et, comme évêque de Rome, je les ai encouragés à surmonter toute forme de division et d’opposition en cultivant toujours la communion, le dialogue, l’unité dans la diversité. Tel est le service propre au Successeur de Pierre, service qui trouve une expression spécifique dans les voyages apostoliques, chaque fois adaptée aux situations ecclésiales et sociales des pays visités.
En Espagne, j’ai pu constater avec joie à quel point les gens, de tous âges et de toutes conditions, attendaient la visite du Pape : partout, j’ai trouvé des foules venues m’accueillir avec une grande chaleur. Cela n’allait pas de soi, et cela mérite réflexion. Naturellement, cette participation exprime avant tout, comme je le disais, la foi du peuple espagnol ; en même temps, je pense qu’elle manifeste le besoin généralisé de se retrouver unis sur un fondement vrai et profond – qui ne soit ni intéressé ni idéologique. Ce fondement que seul le Christ, en dernière analyse, peut garantir, et que l’Évangile, à travers les « inculturations » nécessaires, peut transmettre dans la vie des peuples. Il le peut parce que son message répond pleinement à ces deux exigences : la recherche de la vérité et la soif de justice.
À Madrid et à Barcelone, nous nous sommes rassemblés dans les grandes cathédrales ainsi que dans des stades ultramodernes. Nous avons prié le Saint Rosaire à l’abbaye de Montserrat. Nous avons célébré la messe à la Sagrada Familia, symbole majestueux, symphonie de pierre et de lumière qui parle à tous du mystère chrétien. Cette rencontre entre l’ancien et le moderne, entre la tradition catholique et la culture contemporaine, m’a fait percevoir de manière vive le caractère propre de l’Europe, sa richesse inestimable, en tant que réalité actuelle, non dépassée. Il s’agit d’un patrimoine à préserver avec soin, afin de pouvoir l’investir dans le monde d’aujourd’hui avec ses défis historiques : la paix, l’écologie intégrale, le développement équitable et durable, le respect de la dignité humaine. Ce sont là des défis que le Concile Vatican II avait déjà clairement reconnus et sur lesquels le Magistère qui a suivi est revenu, jusqu’à ma récente encyclique Magnifica humanitas, qui vise à protéger la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle.
J’ai perçu, à travers ces différentes rencontres, le besoin d’entendre dans la voix du Pape l’Évangile de l’espérance pour notre humanité d’aujourd’hui, durement éprouvée par les conséquences négatives d’un modèle de développement trompeur. Ce besoin, qui s’est exprimé à travers les nombreux témoignages que j’ai pu entendre – des témoignages tantôt émouvants, tantôt édifiants –, je l’ai reconnu aussi et surtout sur les visages des petits et des pauvres que j’ai rencontrés : celui de l’enfant qui m’a lu sa lettre à la paroisse ; celui de certaines victimes d’abus, qui demandent à être écoutées ; des détenus qui m’attendaient en prison ; des jeunes pleins d’inquiétude et de projets ; des migrants dans les centres d’accueil des Canaries.
C’est précisément là, aux îles Canaries, dernière étape de notre itinéraire, qu’une clé de lecture globale m’a été offerte. Elle m’a été offerte, d’une part, par la situation géographique même de cet archipel ; et, d’autre part, par la réalité d’une Église locale qui accueille un grand nombre de migrants forcés, provenant surtout d’Afrique. Nous savons que le phénomène migratoire est complexe et qu’il exige des plans d’action cohérents et concertés. Mais cette clé de lecture ouvre une perspective différente et plus large : elle nous fait comprendre comment nous sommes appelés à relire l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui, en échangeant les dons de nos cultures respectives, et en particulier les fruits produits en elles par la fécondité du message du Christ. Et l’un de ces fruits est précisément le dialogue entre les personnes et entre les peuples, la rencontre dans un esprit de fraternité, qui permet de découvrir et d’apprécier mutuellement les valeurs dont l’autre est porteur. Ce chemin n’est pas facile, il exige de la bonne volonté et l’aide de Dieu, mais c’est le chemin qui mène à la civilisation de l’amour.
Chers frères et sœurs, la devise de ce voyage apostolique était “Alzad la mirada”, “Levez les yeux!” (cf. Jn 4, 35). Ce sont les paroles de Jésus, adressées à ses premiers disciples, pour leur apprendre à voir dans les personnes et dans les foules le désir de vie, de vérité, de plénitude. C’est à moi d’abord que le Seigneur répète ces paroles, et par sa grâce, j’en ai fait l’expérience également au cours de ce voyage. Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous cette invitation : levons les yeux ! Apprenons de Jésus à regarder notre prochain, les gens, le monde «avec les yeux de Dieu», c’est-à-dire avec amour, respect et compassion.
Enfin, je tiens à remercier tous ceux qui ont prié pour le bon déroulement de ce voyage apostolique, en particulier les communautés de moniales contemplatives, qui, en Espagne, grâce à Dieu, sont très nombreuses. Continuez à prier, afin que, par l’intercession de la Vierge Marie, les graines que j’ai semées portent des fruits abondants. Merci !
Je me réjouis de la conclusion d’un accord entre la République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique, qui sera signé ce vendredi, résultat encourageant d’un travail patient de dialogue et de négociation. J’exprime ma gratitude aux pays qui se sont engagés à faciliter la rencontre entre les parties et à rendre possible cet accord. J’espère que cet accord contribuera à renforcer la confiance mutuelle, la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient, en favorisant le dialogue et la coopération entre les peuples.






