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Marcel Callo © marcelcallo.wordpress.com

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Les jeunes de Christus vivit (4) : Marcel Callo, mort en déportation

« Il réconfortait dans la foi ses compagnons de captivité »

Le pape François a cité l’exemple du bienheureux Marcel Callo, jeune Français mort en déportation à 23 ans, dans sa lettre aux jeunes « Christus vivit », publiée le 2 avril 2019.

Nous poursuivons notre présentation des jeunes saints, bienheureux, vénérables ou simplement baptisés, cités par le pape François. Nous avons parlé de Carlo Acutis, petit génie de l’informatique ; de Kateri Tekakwitha, première autochtone d’Amérique du Nord canonisée par l’Église, et de saint Dominique Savio, jeune Italien, disciple de Don Bosco.

« Le bienheureux Marcel Callo, a écrit le pape dans Christus vivit (61), était un jeune Français mort en 1945. Il fut emprisonné en Autriche dans un camp de concentration, où il réconfortait dans la foi ses compagnons de captivité, au milieu de durs travaux. »

Marcel est né à Rennes le 6 décembre 1921. Après des études à l’école Sainte-Anne, il adhère à la Croisade eucharistique des jeunes, mouvement dont le but est d’apprendre aux enfants et aux adolescents à faire de leur vie une prière ininterrompue, en plaçant l’Eucharistie au cœur de toute initiative.

En 1934, à 12 ans, il entre comme apprenti typographe à l’imprimerie Simon et prend à cœur son rôle d’aîné après le départ de son frère, Jean, au séminaire.

Marcel apprécie son métier même si l’ambiance de l’atelier est pesante pour lui. Sur les conseils de sa mère, lit-on dans sa biographie, « il se tourne vers la Vierge, secours des adolescents ; cela lui vaut le surnom de ‘Jésus-Christ’ ».

Inséré dans le monde professionnel, il adhère à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) à la section St-Aubin en 1936. Devenu président de la section, il tient à privilégier la vie spirituelle comme source de toute action, dans un monde ouvrier très déchristianisé.

Il se fiance le 6 décembre 1942 avec Marguerite Derniaux (elle assistera à la béatification de Marcel en 1987 et décédera en 1991).

Sa mort, « un acte de foi et d’espérance »

En mars 1943, il reçoit une convocation pour le Service du Travail Obligatoire (STO) en Allemagne. Il accepte de partir, d’une part pour éviter des représailles sur sa famille, d’autre part dans une perspective missionnaire.

Le 19 mars 1943, il arrive à Zella-Melhis, province de Thuringe (Allemagne), dans un camp de 3000 ouvriers environ. Il travaille dans une fabrique de revolvers lance-fusées.

Il milite clandestinement dans l’action catholique en participant aux réunions des responsables jocistes de villes différentes, aux messes interdites. Il est vite arrêté par la Gestapo (le 19 avril 1944) et est transféré à la prison de Gotha. D’abord en cellule, il est regroupé par la suite avec d’autres chrétiens au 3e étage de la prison. Avec les douze principaux dirigeants jocistes de Thuringe, ils vivent une vraie vie de prière et de partage.

Puis, il est déporté, d’abord aux camps de concentration de Flossenburg (en Bavière) en octobre 1944, puis à Mauthausen (en Autriche).

Après des mois de travail forcé dans des conditions de vie insupportables, maigri de 40 kilos, il meurt le 19 mars 1945, à 23 ans.

Un de ses camarades, le colonel Tibodo témoignera plus tard au procès de béatification de Marcel : « J’ai connu Marcel Callo pendant quelques heures seulement, celles qui ont précédé sa mort en mars 1945, un mois et demi avant la libération. Je ne l’ai connu qu’aux dernières heures de sa vie : il est mort en quelque sorte dans mes bras. Cependant cela m’a suffi pour constater que ce garçon était de beaucoup au-dessus de la nature humaine ordinaire. (…) Si j’ai gardé son souvenir, alors que je suis passé par plusieurs camps et que j’ai connu de nombreux prisonniers, c’est que Marcel Callo avait un regard vraiment surnaturel. … un regard d’espoir, l’espoir d’une vie nouvelle. …Son regard exprimait une conviction profonde qu’il partait vers le bonheur. C’était un acte de foi et d’espérance vers une vie meilleure.»

Le 4 octobre 1987, le pape Jean-Paul II a béatifié le jeune Marcel Callo, à l’occasion du synode des évêques sur la vocation et la mission des laïcs dans l’Église et dans le monde.

Le bienheureux Marcel Callo est fêté dans son diocèse de Rennes le 19 avril, date où il a été arrêté à Zella-Melhis.

About Marina Droujinina

Journalisme (Moscou & Bruxelles). Théologie (Bruxelles, IET).

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