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Série d’attaques contre les lieux de culte chrétiens en Occident

De l’Espagne aux États-Unis, y compris en France, plusieurs églises ont été vandalisées au cours des trois derniers mois

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Première publication le 31 juillet 2026 par l’AED

 

De l’Espagne aux États-Unis en passant par la France, plusieurs églises ont été vandalisées au cours des trois derniers mois. Bien que ces attaques semblent sans lien entre elles, elles montrent que la liberté religieuse ne doit pas être prise pour acquise, même dans les pays à majorité chrétienne.

Le célèbre sanctuaire européen de Medjugorje, en Bosnie, a été vandalisé et profané aux premières heures du mardi 28 juillet.  Les autorités locales enquêtent sur l’incident, qui implique la profanation d’une statue de la Vierge Marie et des dommages causés par un incendie.

Cette affaire est la dernière d’une vague d’attaques contre des églises dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique. Bien que les circonstances et les motivations de chaque cas varient, tous ont un élément commun : les églises et les symboles religieux chrétiens ont été délibérément ciblés. La succession d’incidents a alarmé les communautés locales et ravivé les inquiétudes quant à l’hostilité croissante envers les lieux de culte, même dans des pays où les chrétiens constituent la majorité de la population.

Attaques en série

Selon des informations recueillies par l’AED à partir de reportages locaux, des incidents ont eu lieu en Espagne, en France, en Italie, en Allemagne, en Irlande du Nord, en Belgique, en Colombie, au Nicaragua, en Pologne, au Mexique, en République dominicaine et aux États-Unis:

Au Nicaragua, un pays où l’Église a subi de graves persécutions par l’État ces dernières années, une église a été cambriolée à deux reprises dans le diocèse d’Estelí, les 13 et 16 juin. Des voleurs ont pris des instruments de musique et des meubles, mais ont également détruit une image du Christ dans la paroisse de St François d‘Assise. Le père Muñoz a exprimé ses regrets pour ce qui s’était passé et a déclaré que cet incident montrait une perte de valeurs et de respect pour le sacré. Le prêtre ajouta que les responsables du crime ignoraient le caractère sacré de la maison de Dieu, et nota qu’ils avaient également volé une bouteille de gaz.

Un autre incident a eu lieu dans le sud-ouest de la France, où des individus ont fait irruption dans une église de Mugron et ont volé le Saint-Sacrement du tabernacle. Le cambriolage a eu lieu entre le 14 et le 17 juin et fait l’objet d’une enquête par les autorités. Un crime similaire s’est produit entre le 5 et le 6 juillet dans l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, à Lille, où des objets liturgiques et le tabernacle avec des hosties consacrées ont été volés. Le 5 juillet, un homme a été arrêté dans l’église Saint-Étienne à Mulhouse après avoir vandalisé la croix d’autel, plusieurs bancs et confessionnaires. L’homme a ensuite été arrêté et jugé psychiatriquement inapte par les autorités. Il s’agissait des derniers d’une longue série d’incidents impliquant des églises en France, où les incendies criminels contre des églises catholiques sont devenus relativement fréquents. Le 12 juin, quelques jours avant la profanation à Mugron, deux églises furent partiellement détruites par des incendies, en Bretagne et en Gers, et quelques jours plus tard, le 24 juin, un nappe d’autel fut incendié dans une église de la Val d’Oust.

Des attaques criminelles similaires ont été enregistrées en Belgique le 8 juin, en Italie le 16 juin, en Irlande du Nord le 28 juin, et en Allemagne le 29 juin. Plus tôt en Allemagne, le 22 juin, un homme a été arrêté pour avoir causé de graves dégâts à un orgue d’église et à des œuvres d’art religieuses dans une église de Friesoythe.

Le diocèse de Saltillo, au Mexique, a également vu un cas de vol du Saint-Sacrement dans le tabernacle le 12 juin, bien que dans ce cas il semble que les criminels visaient les vases, plutôt que l’Eucharistie elle-même, car ils ont abandonné les hosties consacrées à proximité. L’évêque local a ordonné un acte de réparation avant que l’Église ne puisse être réutilisée.

Plus récemment, le 12 juillet, des criminels  ont pénétré dans trois églises différentes du diocèse de Saint-Domingue, en République dominicaine, et ont forcé l’ouverture du tabernacle pour voler des vases sacrés, laissant l’Eucharistie étalée sur le sol et sur l’autel.

Des actes de vandalisme eurent également lieu en Espagne. En Catalogne, un groupe de jeunes a fait irruption dans l’église Notre-Dame de la Paix, à Òdena, le 19 mai, causant de graves dégâts matériels à l’intérieur, profanant l’autel et une Bible, volant des objets métalliques, y compris des instruments, et taguant les murs. Cet acte a irrité les habitants locaux, qui ont été encore plus contrariés lorsque les autorités ont choisi de sceller l’église pour éviter d’aggraver les problèmes plutôt que d’augmenter la sécurité.

Le 8 juin, un jeune homme fut arrêté après avoir vandalisé et profané l’église de l’Assomption à Łubów, en Pologne. Apparemment ivre, l’homme urina sur le sol de l’église et endommagea plusieurs objets religieux.

Une attaque plus sévère a eu lieu en Colombie, le dimanche 21 juin, où un groupe armé inconnu a utilisé des drones pour tirer des explosifs sur une église chrétienne dans le nord du pays. Un garçon de dix ans a été tué lors de l’attaque, qui a également fait cinq blessés. Le nord de la Colombie est l’un des pays les plus touchés par la violence interne, mais la raison de l’attaque reste inconnue. Également en Colombie, mais dans la ville de Cali, un homme a causé de graves dégâts à la chapelle La Ermita, brisant des statues et détruisant des œuvres d’art sacré précieuses le 6 mai. Le coupable de 27 ans a été rapidement arrêté, et les autorités pensent qu’il souffrait d’une crise psychotique, mais la population locale reste marquée face aux dégâts causés par son accès de colère.

Le même jour, mais à Oakland, en Californie, des assaillants inconnus ont endommagé l’église St Columba, brisant des croix et d’autres images religieuses, et endommageant une fontaine érigée en mémoire de six étudiants irlandais décédés dans un accident en 2015. La Conférence des évêques catholiques des États-Unis tient une liste de ces incidents, qui est périodiquement mise à jour.

Alerte lancée par l‘AED

Cette vague d’attaques confirme l’avertissement lancé par José Luis Bazán, l’un des auteurs du Rapport sur la Liberté Religieuse dans le monde publié par l‘AED, selon lequel la liberté religieuse et le droit à la liberté de culte ne sont pas toujours des facteurs pris en compte, même dans les pays à majorité chrétienne.

Ces évenements de ces trois derniers mois contre les églises à travers l’Europe et les Amériques rappellent donc que la protection de la liberté religieuse implique non seulement de protéger le droit à la croyance, mais aussi de garantir le respect et la protection des lieux de culte.

S’adressant au Parlement espagnol le 8 juin, le pape Léon XIV a souligné que « la liberté de pensée, de conscience et de religion » est « une question décisive pour toute société véritablement démocratique ». Il a également noté qu’un État authentique « reconnaît la dimension religieuse de la personne » et donc « non seulement la respecte, mais la protège également ».

Filippe d’Avillez et Maria Lozano

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L’AED est une fondation pontificale, fondée en 1947 dans un esprit de réconciliation. Elle soutient les chrétiens partout dans le monde, là où ils sont confrontés aux persécutions et difficultés matérielles. https://aed-france.org

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