Sri Lanka : le drame des populations victimes des combats

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Les prêtres resteront près d’elles jusqu’au bout, déclare l’évêque de Jaffna

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ROME, Mardi 2 juin 2009 (ZENIT.org) – L’évêque de Jaffna, Mgr Thomas Savundaranayagam, dénonce la tragédie que vivent, au Sri Lanka, les populations civiles touchées par les affrontements entre forces gouvernementales et rebelles tamouls qui se sont terminés, le 18 mai dernier, avec la reddition sans condition des Tigres de libération de l’Eelam tamoul.

Le sort des civils touchés par la guerre a été évoqué par l’évêque dans un entretien avec l’association internationale Aide à l’Eglise en détresse (AED), ce dernier rappelant qu’un prêtre, le père Mariampillai Sarathjeevan, est mort le dernier jour des combats, épuisé par toutes les peines subies pour ne pas avoir voulu abandonner ses fidèles pris au piège dans la zone de conflit.

Mgr Savundaranayagam, qui s’est rendu  dans la zone de conflit en janvier dernier pour apporter des secours, affirme que la bataille finale a fait 20.000 morts et 40.000 blessés. 

Il critique le président du Sri Lanka, Mahinde Rajapakse, d’avoir déclenché un assaut final  qui a « porté tant de souffrance ».

En mars dernier, l’évêque avait écrit au chef de l’Etat, révélant avoir demandé aux tamouls de donner la possibilité aux civils pris au piège près de la zone de combat de pouvoir rejoindre, à travers un couloir de sécurité, un sanctuaire situé dans un territoire placé sous contrôle gouvernemental. 

Or, toute tentative de dialogue s’est avérée inutile. 

« Le plus terrible c’est que les Tigres tamouls ont utilisé les civils comme boucliers humains », déplore l’évêque. « Je les ai priés d’autoriser les civils à aller dans un endroit sûr, dans une zone contrôlée par le gouvernement, mais ils ne m’ont pas écouté ». 

Actuellement on compte plus de 200.000 réfugiés, et 18 paroisses à Kilinochy et Mullaitivu sont « entièrement détruites », a fait savoir Mgr Savundaranayagam. 

« J’ai vu les paroisses tomber l’une après l’autre, ajoute-t-il. Pour le moment je n’y ai pas accès ». « Quelques uns de mes prêtres sont restés avec les civils jusqu’à la fin et ont été sauvés par l’armée. Ils se trouvent encore dans les camps de réfugiés ».

Ces prêtres, conclue-t-il, organisent la messe le dimanche dans les camps, visitent les familles et  fournissent de la nourriture à la population anéantie par les affrontements.

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ZENIT Staff

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