ROME, Lundi 24 juillet 2006 (ZENIT.org) – Dans un village isolé de Java, en Indonésie, une religieuse veille à ce que les familles les plus démunies soient dotées de toilettes décentes, comme le rapporte « Eglises d’Asie », l’agence des Missions étrangères de Paris, dans son édition du 16 juillet (EDA 445, eglasie.mepasie.org).

Pour Tasimin, chez qui s’est tenue la cérémonie si particulière du lancement de l’opération, le 15 juin dernier, ces toilettes sont la perspective d’« une vie plus salubre ». Père de trois enfants, cet ouvrier saisonnier de 43 ans a promis qu’il veillerait à ce que ses nouvelles toilettes, installées à quelques mètres derrière sa cuisine, soient bien entretenues.

Une persistante odeur d’excréments humains autour d’un village isolé de la province Java-Centre a en effet incité une religieuse de la Mission médicale à s’assurer du concours des villageois eux-mêmes pour lancer un projet de construction de toilettes. Sœur Henrica Kusmilah, 60 ans, a lancé son projet dans le village de Klapagading Kulon, district de Banyumas, par une cérémonie inusitée destinée à officialiser la construction d’un premier groupe de quarante toilettes. Supini, la fonctionnaire responsable de l’Aide aux familles, présidait la cérémonie qui se tenait dans la maison commune. Le chef du village, Abdul Wachid, et plusieurs autres officiels s’étaient joints aux villageois, ce 15 juin.

La première série de quarante toilettes, en ciment, de 2,2 m² et dotée d’un WC « à la turque », est prévue pour quarante familles démunies sur les 300 qui vivent dans les deux hameaux voisins du même village, à 40 km. au sud-ouest de la ville de Purworkerto. « Ce projet est destiné à l’ensemble du village, sans distinction de religion, musulmans ou non », a expliqué Sr. Kusmilah. Elle pense qu’il faudra trois ans pour réaliser les deux phases du projet. La seconde phase prévoit quarante autres toilettes, destinées aux familles en difficulté de trois autres hameaux. La religieuse indique qu’une seule de ces installations coûtera 1,3 million de roupies (112 euros environ). Les villageois acquitteront 60 % de la somme grâce au riz qu’ils pourront mettre de côté chaque jour et qui pourrait leur rapporter jusqu’à 1 000 roupies par semaine. Sa congrégation et les donateurs assureront le reste. « Les gens du village sont enthousiastes. Initialement, je pensais commencer en août, mais ils veulent que ça se fasse tout de suite », explique la religieuse. Ce qui prouve bien, ajoute-t-elle, que les gens s’habituent mal à ce genre d’environnement qu’ils savent malsain.

Sr. Kusmilah a été nommée en juin 2005 dans ce village, où elle réside avec une autre religieuse de la Mission médicale dans la maison de leur congrégation installée dans l’enceinte de l’église St Pascal. Cette chapelle, qui relève de la paroisse cathédrale du Christ-Roi de Purwokerto, dessert les 65 familles catholiques de Klapagading Kulon et des autres villages du district de Wangon. Le diocèse de Purwokerto avait demandé aux sœurs de la Mission médicale, spécialisée dans les soins de santé, d’envoyer des religieuses dans ces villages. Dès son arrivée, la découverte de l’odeur a poussé d’emblée cette spécialiste de la santé à entreprendre l’étude des conditions sanitaires du village : toilettes, dépôts d’ordure, égouts et approvisionnement en eau. En trois mois, elle a appris ainsi que nombre de familles souffraient de diarrhée, de typhoïde et de malaria.

Membre du groupe de travail gouvernemental pour l’Aide aux familles, elle a organisé du 13 au 15 juin dernier une session de formation sur le thème de la santé et de l’environnement. Une vingtaine de mères de familles musulmanes ont participé à cette session, tenue dans le hall de la maison des sœurs et qui s’est terminée par la mise sur pied d’un projet, la construction de toilettes décentes pour tous les plus démunis.