Le président Staphanopoulos salue chaleureusement Jean-Paul II

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Le pape rappelle la contribution de la Grèce à la culture universelle

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CITE DU VATICAN, Vendredi 4 mai 2001(ZENIT.org) – Le président grec Kostas Stephanopoulos a remercié chaleureusement Jean-Paul II, en français, pour ses paroles « très aimables » pour son pays, soulignant que le pape « connaît très bien » la Grèce. Le pape venait, dans son discours, en français (cf. Texte intégral ci-dessous, in Documents), de rappeler très précisément, et effectivement de façon impressionnante la contribution de la Grèce à la culture universelle, insistant ensuite sur l´importance de son rôle aujourd´hui dans la construction européenne. Le pape répondait que cela venait du « profond » de lui-même. « L’inculturation de l’Évangile dans le monde grec demeure un exemple pour toute inculturation », concluait Jean-Paul II.

Dans son discours, le président Stephanopoulos avait pour sa part rappelé le rôle de Jean-Paul II sur la scène mondiale pour défendre les « valeurs chrétiennes », celles de la « démocratie », de la « fraternité » et de « l´égalité économique » et saluait la venue du pape comme une « étape importante ». Il a d´ailleurs fait tout son possible pour que le pèlerinage à Athènes ait lieu, comme le rappelait ensuite le pape dans son discours.

Il soulignait en particulier l´importance de ce voyage au début du troisième millénaire, « un moment critique », marqué par un progrès matériel mais où les « valeurs spirituelles » risquent de ne pas l´emporter. Il insistait sur l´importance de « l´identité » européenne.

Rappelant cette « semence » de l´Evangile semée par l´apôtre Paul, donnant à la Grèce et à la chrétienté un « fondement » si important, il disait souhaiter que la venue de Jean-Paul II renforce ce « dialogue » commencé par Paul VI et Athénagoras, et cette « confiance » dont, disait-il, « nous avons tous besoin ».

Pour sa part, Jean-Paul II disait sa reconnaissance à ceux qui ont permis son pèlerinage, dont il rappelait les étapes, et priait ainsi: « Je demande à Dieu d’accorder toujours davantage ses abondantes Bénédictions aux habitants de votre pays, pour que, au cours du troisième millénaire, la Grèce continue à offrir de nouveaux et merveilleux dons au continent européen et à la famille des nations! »

« Nul ne peut ignorer l’influence durable que son histoire unique et sa culture ont eue sur la civilisation européenne et même sur celle de l’ensemble du monde », disait le pape en offrant à ses auditeurs un parcours à travers les siècles de la culture et de l´évangélisation, une histoire en quelque sorte d´inculturation. « Comment ne pas rappeler que c’est ici-même, dans la ville d’Athènes, disait-il, que s’est engagé pour la première fois le dialogue entre le message chrétien et la culture hellénique, dialogue qui modela durablement la civilisation européenne? »

« L’inculturation de l’Évangile dans le monde grec, disait-il, demeure un exemple pour toute inculturation. Dans ses relations avec la culture grecque, l’annonce de l’Évangile a dû faire des efforts de discernement vigilant, pour en accueillir et en valoriser tous les éléments positifs, repoussant en même temps les aspects incompatibles avec le message chrétien ». Il y voit « un défi permanent pour l’annonce évangélique dans sa rencontre avec les cultures et avec les processus de mondialisation », et un appel « à un dialogue respectueux et franc », à des « nouvelles solidarités », accomplissant ainsi par l´Evangile « l’idéal grec de la cosmopolis, pour un monde vraiment uni, imprégné de justice et de fraternité ».

Le pape partait de l´antiquité, et même de l´antiquité biblique, du texte juif de la Septante, la version grecque de l´Ancien Testament, et notait que le monde connu de Jésus était lui-même « largement imprégné de culture grecque », et que les textes du Nouveau Testament « ont été diffusés en grec », d´où leur rapide diffusion: question de langue mais aussi de « culture » précisait le pape, même si « les premières rencontres entre les chrétiens et la culture grecque furent difficiles », témoin « l’accueil fait à Paul lorsqu’il prêcha à l’Aréopage (cf. Ac 17, 16-34) »!

« Il reviendra aux premiers Apologistes, comme le martyr saint Justin, de montrer qu´une rencontre féconde entre la raison et la foi est possible ». La culture grecque devint « une alliée « . Le pape citait le dialogue d´Augustin d’Hippone et de Denys l’Aréopagite, « avec la philosophie platonicienne », puis Grégoire de Nazianze et ses pairs « capables de créer une littérature chrétienne digne de son passé classique ». D´où la naissance de la « culture byzantine en Orient et la culture médiévale en Occident ». Saint Thomas d´Aquin lui-même, « relisant l’œuvre d’Aristote, proposa une synthèse théologique et philosophique magistrale ».

Le pape évoque la rencontre entre Athènes et Rome, citant la fresque de Raphaël L’école d’Athènes, du Vatican: elle « fait apparaître clairement la contribution de l’école d’Athènes à l’art et à la culture de la Renaissance, période dans laquelle on était parvenu à une grande symbiose entre l’Athènes classique et la culture de la Rome chrétienne ».

Les jeunes, ajoutait le pape, ont été au centre de l´attention pédagogique de l´hellénisme: « Combien de philosophes et d’auteurs grecs, à commencer par Socrate, Eschyle et Sophocle, n’ont-ils pas invité leurs contemporains à vivre « selon les vertus »! Les saints Basile et Jean Chrysostome ne manqueront pas de louer la valeur de la tradition pédagogique grecque pour son souci de développer le sens moral des jeunes, les aidant à choisir librement le bien ».

Et ce citer dans le domaine de la médecine « les aspects moraux contenus dans le serment d’Hippocrate, qui met en valeur le principe du respect inconditionnel de la vie humaine dans le sein maternel ».

Dans le domaine sportif, « les jeux olympiques et le marathon ». « À travers ces compétitions, observait le pape, passe une idée significative de la personne humaine, dans l’harmonie entre la dimension spirituelle et la dimension corporelle, par un effort mesuré, empreint de valeurs morales et civiles ». Les jeux continuent en outre « à créer des liens étroits entre les peuples de toute la terre ».

Pour ce qui est de l’histoire européenne, le pape souhaitait que le continent « retrouve de manière renouvelée et inventive cette longue tradition de rencontre entre la culture grecque et le christianisme », comme « bases véritables de l’authentique progrès humain ».

Citant les mots gravés sur le fronton du Temple de Delphes, « connais-toi toi-même », le pape invitait l’Europe « à se connaître elle-même avec une profondeur toujours plus grande », en explorant « les racines de son identité, racines qui plongent profondément dans l’héritage hellénique classique et dans l’héritage chrétien ».

En outre le pape indiquait la Grèce comme un pont entre l’Orient et l’Occident, sa vocation à promouvoir « une culture du dialogue »: « La tâche de l’unification entre les parties orientales et occidentales de l’Europe reste complexe » disait-il.

Les croyants sont ainsi particulièrement responsables de la construction européenne et le pape assurait le président de l´engagement de l’Église catholique présente en Grèce: elle « souhaite participer loyalement à la promotion de cette noble cause » en particulier par les écoles, et l’éducation de la jeunesse, grâce entre autres aux Frères maristes, aux Frères des Écoles chrétiennes, aux religieuses Ursulines et aux Sœurs de Saint-Joseph, qui « ont démontré qu´elles savent, avec délicatesse et dans le respect des traditions culturelles des jeunes qui leur sont confiés, éduquer des hommes et des femmes, pour qu´ils soient de vrais Grecs parmi les Grecs ».

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ZENIT Staff

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