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Percival Holt (à gch) @ Facebook

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Synode : Percival Holt, jeune Indien, fait 2 propositions concrètes

Les jeunes ont le potentiel d’être des pierres de fondation

« Nous sommes comme Pierre – timides, lâches et égoïstes, mais nous avons le potentiel d’être des pierres de fondation », affirme Percival Holt qui affirme au synode que les jeunes sont créatifs: ils innovent. Il faut, explique-t-il, leur donner davantage « d’espaces ouverts pour la construction de communautés et les expériences missionnaires » et « l’occasion de contribuer, d’explorer et d’acquérir une expertise, tout comme Jésus a envoyé ses disciples effectuer leur ministère apostolique ».

Percival Holt, président national des jeunes du Mouvement de la jeunesse catholique indienne (ICYM) – de la Conférence des évêques catholiques de l’Inde (C.C.B.I.), présent au synode comme auditeur, a donné un témoignage ce mardi matin 16 octobre 2018 au cours de la 12ème Congrégation générale. Il avait aussi participé au pré-synode des jeunes.

Le jeune Indien a fait « 2 propositions concrètes » pour l’après-synode : « organiser un synode similaire au niveau local avec tous les évêques, afin de discuter et de transmettre les délibérations et les résultats de ce synode » ; et « créer davantage de forums organisés pour les jeunes des paroisses et des institutions, axés sur une formation complète, « holistique », offrant des possibilités de développement spirituel, social, éducatif, des compétences et professionnel ».

Voici notre traduction du témoignage de Percival Holt, donné en anglais.

HG

Témoignage de Percival Holt

Cher Saint-Père Pape François, Pères synodaux et compagnons dans la mission du Christ. Je dirige la jeunesse catholique d’Inde en tant que président national du Mouvement de la jeunesse catholique indienne (ICYM) sous la responsabilité de la Conférence des évêques d’Inde.

« Les jeunes sont comme le feu. Nous brûlons, nous apportons la lumière, nous donnons de la chaleur mais nous risquons aussi de nous éteindre. Aujourd’hui, nous scintillons, nous pouvons soit être emportés dans les ténèbres soit exploser dans une trainée de poudre en brûlant tout sur notre passage. L’Église doit raviver ces étincelles pour en faire de vraies flammes ».

Dans ma vie, à un moment où je discernais ma vocation au sacerdoce, j’ai bénéficié de la direction avisée d’un évêque et de plusieurs prêtres. Comprenant que la foi va au-delà du fait d’être un chrétien ritualiste, j’ai eu un responsable des jeunes et des sœurs qui m’ont aidé à tomber amoureux du Christ et de son Église et à devenir un leader et une source d’inspiration pour beaucoup. Mais j’ai aussi vu de nombreux jeunes qui cherchaient dans leur vie des personnes consacrées mais qui n’ont pas pu en trouver. Beaucoup d’entre eux avaient des difficultés dans la vie, tandis que d’autres ont abandonné et certains se sont perdus.

Aujourd’hui, les jeunes préfèrent chercher de l’aide d’autres personnes plutôt qu’auprès de personnes consacrées. Je ne devrais pas le dire mais il faut y remédier – beaucoup de nos prêtres aujourd’hui inspirent moins que les laïcs. Il est crucial de comprendre ce qui ne va pas avant que les prêtres ne soient réduits à n’être que de simples interprètes de rituels. Les séminaristes doivent être formés pour prendre en charge et gérer les défis et la psychologie des jeunes afin d’en tirer le meilleur comme l’a fait Jésus avec ses disciples.

J’appartiens à un pays où, dans les villes, les jeunes sont attirés par l’argent facile, la culture d’entreprise grandissante et l’imitation du style de vie occidental, ce qui entraîne une dépendance accrue et des relations rapides, à la fois physiquement et émotionnellement.

Alors que, dans les zones rurales, le manque d’éducation, la pauvreté, l’étroitesse d’esprit, l’oppression, les pratiques antisociales sont encore largement répandus.

Nous grandissons dans un environnement où une population nombreuse dicte les normes de vie et de réussite ; par conséquent, la compétition extrême dans l’éducation et la carrière suscite chez beaucoup la déception, la dépression, les troubles mentaux et la migration massive. Le chaos politique, la corruption et la discorde communautaire sont à la hausse.

Les jeunes sont tendus entre conception et désir, c’est-à-dire entre ce qui a été transmis et ce en quoi nous croyons. L’Église craint de nous donner des expressions et des clarifications authentiques. Aujourd’hui, il existe une pléthore d’informations et de prises de conscience pour diluer les enseignements et le style de vie traditionnels. Nous devons avoir plus d’espaces ouverts pour la construction de communautés et les expériences missionnaires.

Les jeunes ont des idées créatives et ils innovent. Il est important de leur donner l’occasion de contribuer, d’explorer et d’acquérir une expertise, tout comme Jésus a envoyé ses disciples effectuer leur ministère apostolique et ils sont revenus éreintés par ce qu’ils avaient accompli. Et cela a été vrai lorsque deux prêtres de paroisse de mon diocèse ont confié la responsabilité de la construction de l’église au groupe de jeunes, qui non seulement a supervisé le travail jour et nuit, mais a également contribué de manière créative à la collecte de fonds considérables et à la réduction des coûts.

J’ai 2 propositions concrètes :

  1. Le Saint-Siège devrait demander à chaque pays d’organiser un synode similaire au niveau local avec tous les évêques, afin de discuter et de transmettre les délibérations et les résultats de ce synode à chaque évêque et de dresser un plan pastoral national pour le « ministère des jeunes » dans tous les pays.
  2. Nous devons créer davantage de forums organisés pour les jeunes des paroisses et des institutions, axés sur la formation holistique, offrant des possibilités de développement spirituel, social, éducatif, des compétences et professionnel, sous la direction des jeunes eux-mêmes et le mentorat d’un chapelain, dans chaque diocèse, sous l’égide de la conférence des évêques, qui créera un réseau de jeunes disciples et dirigeants dans le pays.

Je termine en disant : « Nous, les jeunes, nous sommes comme Matthieu et Paul, perspicaces et frustrés, mais creux à l’intérieur, nous cherchons un vrai berger qui ne nous distancera pas. Nous ressemblons à Marie-Madeleine et à la Samaritaine et, comme eux, nous sommes également perturbés physiquement, sexuellement et émotionnellement et nous avons des relations brisées. Nous cherchons de l’eau vive auprès de vous. Nous sommes comme Pierre – timides, lâches et égoïstes, mais nous avons le potentiel d’être des pierres de fondation.

Nous sommes comme Zachée, attendant de voir le Messie. Comme lui, nous sommes corrompus dans nos relations quotidiennes et nous menons des vies douteuses. Nous trichons, blessons et nous cachons de tout le monde et souvent nous nous trompons nous-mêmes. Nous nous cachons derrière des tatouages, des piercings, de faux sourires et de belles images sur les médias sociaux, mais nous sommes seuls, perdus et tristes. Nous cherchons le Christ dans l’Église ».

Je vous remercie !

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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