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4e Congrégation générale du Synode des évêques sur les jeunes 5 oct. © Vatican Media

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Synode: « On ne peut pas dire que les personnes vivant seules n’ont pas de vocation ou refusent la vocation »

« La plénitude du don de soi », rapport du 2e groupe francophone

« On ne peut pas dire que les personnes vivant seules n’ont pas de vocation ou refusent la vocation. Il s’agit pour elles de vivre dans leur condition la plénitude du don d’elles-mêmes et la perfection du service évangélique dans l’Eglise et dans le monde », fait observer le deuxième groupe francophone au synode sur les jeunes, la foi et le discernement des vocations » (3-28 octobre 2018).

Cette deuxième série de rapports des groupes est publiée ce mardi 16 octobre 2018 par le Saint-Siège.

Le groupe coordonné par MgrBertrand LACOMBE, a pour rapporteur Mgr Gaspard BÉBY GNÉBA.

Un groupe qui insiste lui aussi sur la formation à l’accompagnement: « nous souhaiterions que la formation des accompagnateurs soit traitée dans le document ». Il cite à ce propos saint Jean de la Croix.

AB

Rapport – Circulus Gallicus B

Modérateur: Mgr Bertrand LACOMBE
Rapporteur: Mgr Gaspard BÉBY GNÉBA

1.La vocation à la lumière de la foi
L’Instrumentum laboris
,aux numéros 87 et 88, décrit la vocation à la lumière du dessein de Dieu révélé en Christ. En effet, la vocation n’est pas une réalité secondaire de la vie humaine et de l’existence chrétienne. Elle est à la fois la source, la justification et la fin dernière de l’existence humaine, de la vie chrétienne dans l’Eglise. En outre, cette vocation divine s’adresse à tous les hommes. Elle n’est pas réservée aux membres de l’Eglise. Dieu appelle tous les êtres humains à la communion de sa vie divine en Christ (cf. Concile Vatican II, Dei Verbum 2; Catéchisme de l’Eglise Catholique 505).

Nous proposons donc qu’avant le titre «La vie humaine dans la perspective vocationnelle», on fasse un paragraphe intitulé: «La vocation, un don universelà la sainteté ». Ce numéro serait développé à partir de cette affirmation de saint Paul : «Dieu le Père nous a élus avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour » (Eph 1,4).

2.La vocation à suivre Jésus et à se conformer à lui
En quoi consiste cette vocation divine de la personne humaine? Elle consiste à suivre Jésus-Christ et à se conformer à lui. L’Apôtre Paul écrit à ce sujet: «Ceux que Dieu a appelés selon son dessein, il les a aussi prédestinés à être conformes à son Fils, afin qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères» (Rm 8, 29). On pourrait donc modifier quelque peu le numéro 91 de L’Instrumentum laborisafin qu’il prenne en compte les deux expressions: la suite du Christ et la conformation au Christ.

3.La vocation à devenir fils adoptifs du Père
L’union au Christ a comme but principal la participation à sa filiation divine. En Christ, la personne humaine est appelée à devenir fils adoptif du Père. C’est ce que proclame l’Apôtre Paul en ces termes: «Dieu le Père a d’avance voulu que nous soyons pour lui des fils adoptifs par Jésus-Christ» (Eph 1, 5). De ces considérations découle une proposition: faire un nouveau numéro consacré au thème de la filiation adoptive. Cela permettrait de mieux expliquer aux jeunes la dimension essentiellement relationnelle de la vie humaine et de l’existence chrétienne, et donc aussi de la vocation divine du genre humain.

4.La vocation de l’Eglise et les vocations dans l’Eglise
L’Eglise est à la fois l’actualisation historique et la réalisation communautaire de la vocation divine du genre humain révélée en Christ. En effet, en elle et par elle, est annoncée, célébrée, vécue et renouvelée jusqu’à la fin des temps la vocation divine de la condition humaine. Altérée et compromise en l’homme par la triste expérience du péché des origines, la vocation divine est rachetée, sauvée, libérée et réactivée par la grâce baptismale. En outre, si le Christ est la tête de l’Eglise, les apôtres en sont des membres.

Par conséquent, nous suggérons que les numéros de L’Instrumentum laboris consacrés à la vocation baptismale et à l’appel des apôtres soient transférés sous le titre: «La vocation de l’Eglise et les vocations dans l’Eglise».

5.La condition inédite de célibataire ou «single»
Au numéro 105, L’InstrumentLaboris évoque le cas du célibataire ou «single». Comme évoqué plus-haut, la vocation divine de la personne est de devenir fils adoptif du Père en Christ. Et cette vocation s’adresse à toute personne humaine, toujours et partout. C’est pourquoi, il nous semble qu’on ne peut pas dire que les personnes vivant seules n’ont pas de vocation ou refusent la vocation. Il s’agit pour elles de vivre dans leur condition la plénitude du don d’elles-mêmes et la perfection du service évangélique dans l’Eglise et dans le monde.

6.Le discernement dans la tradition chrétienne
Le discernement est un don et un art particuliers que l’Esprit Saint accorde, selon le catéchisme de l’Eglise Catholique, à certains fidèles en vue de ce bien commun qu’est la vie en Jésus-Christ (cf. CEC 2690).

A partir de ce qui précède, nous pouvons déduire ce qui suit:

  • Le don du discernement n’est pas lié au ministère ordonné.
  • L’Esprit Saint l’accorde non pas à tous les fidèles mais à certains.
  • Le don du discernement peut être accordé aussi bien à des clercs, à des consacrés, qu’à des laïcs.
  • Il permet, d’une part, d’identifier et de reconnaître la voie personnelle par laquelle l’Esprit veut nous conduire à la conformation au Christ et à la fidélité à l’Evangile et, d’autre part, d’aider une autre personne ou une communauté à découvrir la tienne dans l’Eglise et dans le monde.
  • Le discernement exige une vie de prière intense et profonde.

Ne pourrait-on pas insérer ces précisions au numéro 108 de L’Instrumentum laboris pour éviter toute confusion et tout cléricalisme?

7.La proposition du discernement vocationnel
L’Instrumentum laboris
traite aux numéros 109 et 110 de la proposition du discernement vocationnel. Cette proposition ne pourrait-elle pas se faire dans un cadre plus large de préparation et d’éveil aux vocations? Ne serait-il pas utile d’expliquer aux jeunes l’importance de la vocation, des vocations et du discernement vocationnel, de les aider à découvrir leurs vocations propres, de justifier la nécessité de la médiation humaine ou communautaire dans le processus et de clarifier les responsabilités qui incombent à chacun des protagonistes durant le processus du discernement vocationnel?

8.L’art d’accompagner
Au numéro 121, L’InstrumentLaborisinsiste sur l’accompagnement personnalisé tandis que l’accompagnement des groupes ou des communautés semble ne pas être assez souligné. C’est pourquoi, il nous paraît utile d’expliquer à la fin du paragraphe l’accompagnement personnalisé et l’accompagnement des groupes ou des communautés. En effet, Jésus a employé ces deux style d’accompagnement: le premier style avec Zachée (cf. Lc 19, 1-10), avec la samaritaine (Jn 4, 7-30), etc. et le second style avec les Douze (cf. Lc 9, 1-6. 10-32), avec les deux disciples d’Emmaüs (cf. Lc 24, 13-35), etc.

9.Les qualités de ceux qui accompagnent
L’Instrumen
Laboris décrit au numéro 130, 131 et 132, les qualités des accompagnateurs. Ces aptitudes sont essentielles. Car sans elles le processus est voué à l’échec. C’est ce que confirme saint Jean de La Croix quand il affirme: «il convient grandement à l’âme qui veut s’avancer dans le recueillement et la perfection qu’elle prenne garde entre les mains de qui elle se met, parce que tel sera le maître, tel sera le disciple, et tel père, tel fils (…) parce que outre qu’il soit savant et avisé, il est nécessaire qu’il soit expérimenté; car, pour guider l’esprit, bien que le fondement soit le savoir et le bon sens, s’il n’y a pas expérience de ce qui est pur et véritable esprit, il n’arrivera jamais à mettre l’âme dans le chemin, quand Dieu l’y appelle, et même il ne le comprendra pas» (Saint Jean de La Croix, La vive flamme d’amour, Couplet 3, paragraphe 30, in Œuvres Complètes, Desclée de Brouwer 2016, pp. 965-966).

C’est pourquoi, nous souhaiterions que la formation des accompagnateurs soit traitée dans le document. En outre, nous aurions aimé que les thèmes de l’accompagnement post-sacramentel, de l’accompagnement des jeunes prêtres et de la responsabilité de l’Evêque dans le discernement et l’accompagnement vocationnels figurent dans le IV ème chapitre de L’Instrumentum laboris.

De même, nous suggérons que soit institutionnalisé un parrainage ecclésial après les sacrements.

[Texte original : Français]

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