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Capture vidéo du pape sur les chrétiens persécutés

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Liberté de religion : le Saint-Siège défend une « application universelle et impartiale » de ce droit

Discours de Mgr Jurkovic au Conseil des droits de l’homme (Traduction intégrale)

Le Saint-Siège défend « l’application universelle et impartiale » du « droit fondamental » à la liberté de religion. C’est ce qu’à déclaré Mgr Ivan Jurkovic à la 40e Session du Conseil des droits de l’homme, le 5 mars 2019.

L’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies à Genève est intervenu dans le cadre du « Rapport sur la liberté de religion ou de croyance », en résonance avec l’intention de prière que le pape François a proposée ce mois-ci : le droit des communautés chrétiennes persécutées. L’archevêque a plaidé la cause des croyants qui, « en de nombreux endroits du monde, font courageusement face à la discrimination, l’intolérance, l’agression, l’emprisonnement et même la mort pour rester fidèles à leur conscience ».

Mgr Jurkovic a notamment défendu le droit à l’objection de conscience : il est, a-t-il dit, « vital et raisonnable d’intégrer dans la législation, avec prudence et sagesse, des options qui permettent à chacun, confronté à un problème de conscience, d’agir librement, en accord avec sa conviction la plus profonde ».

Voici notre traduction de ce discours.

Discours de Mgr Jurkovic

Monsieur le président,

La Délégation du Saint-Siège remercie le Rapporteur spécial pour son Rapport sur la liberté de religion ou de croyance et ses liens étroits avec la liberté d’expression. Comme exprimé dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, toute personne, “douée de raison et de conscience”, a le droit intrinsèque d’exprimer sa plus haute dignité en cherchant la vérité et en agissant en conformité avec elle.

Enraciné dans les profondeurs de la personne humaine, le droit à la liberté religieuse s’épanouit ou dépérit comme les autres droits, à tel point que le respecter peut être considéré comme le “test décisif de tous les autres droits”.

D’expérience, après les actes barbares qui ont indigné la conscience de l’humanité au siècle dernier, la communauté internationale s’est accordée pour faire de la liberté de religion ou de croyance, et du droit à la liberté d’expression, l’un des piliers centraux de l’architecture des droits de l’homme.

Ces dernières décennies, le cadre légal international sur ce droit a grandi solidement et constamment, et il est reflété dans des constitutions régionales et nationales. En dépit de ces développements positifs, les récents rapports sur les abus de ce droit sont stupéfiants.

Ils sont préoccupants, d’abord, pour la situation difficile des victimes qui, en de nombreux endroits du monde, font courageusement face à la discrimination, l’intolérance, l’agression, l’emprisonnement et même la mort pour rester fidèles à leur conscience.

Ils sont préoccupants aussi pour l’avenir de ces sociétés : lorsque des personnes et des communautés ne peuvent pas vivre et célébrer en cohérence avec leurs plus profondes convictions, les liens qui tiennent la société se dissolvent et la violation des droits devient souvent une crise violente. D’une certaine façon, même la crise actuelle du multilatéralisme pourrait dépendre, entre autres, de “l’influence croissante, au sein des Organisations internationales, de pouvoirs et de groupes d’intérêts qui imposent leurs visions et leurs idées, suscitant de nouvelles formes de colonisation idéologique, souvent sans tenir compte de l’identité, de la dignité et de la sensibilité des personnes”.

Le Saint-Siège défend l’application universelle et impartiale de ce droit fondamental. En particulier, les efforts de certains gouvernements pour assister les chrétiens persécutés autour du monde, ainsi que l’établissement de structures légales efficaces qui respectent ce droit, sont appréciés.

Monsieur le président,

Parmi d’autres dimensions qui méritent d’être considérés, ce droit implique aussi la “liberté, aux niveaux personnel, civique ou social, vis-à-vis de toute forme de contrainte à réaliser des actes contraires à sa foi…” Aujourd’hui, de plus en plus souvent, des personnes de cultures, de religions et de croyances différentes, vivent côte à côte. Il est donc vital et raisonnable d’intégrer dans la législation, avec prudence et sagesse, des options qui permettent à chacun, confronté à un problème de conscience, d’agir librement, en accord avec sa conviction la plus profonde.

Et pourtant, “de récents exemples d’appels croissants à restreindre le droit à l’objection de conscience montrent comment certains politiciens et même certaines branches d’agences internationales, oubliant leur nature et agissant sans mandat, sont encore mal à l’aise avec le droit à la liberté de conscience et de croyance”.

En conclusion, Monsieur le président,

Une protection efficace de la liberté de religion et de croyance, et du droit à la liberté d’expression, aiderait à garantir un avenir inclusif, qui pourrait mener vers une mise en oeuvre réussie de l’Agenda 2030.

Comme le pape François et le Grand imam d’Al-Azhar, Ahmed Al-Tayyeb, l’ont récemment déclaré ensemble : “Le dialogue, la compréhension, la diffusion de la culture de la tolérance, de l’acceptation de l’autre et de la coexistence entre les êtres humains contribueraient notablement à réduire de nombreux problèmes économiques, sociaux, politiques et environnementaux qui assaillent une grande partie du genre humain.”

Merci, Monsieur le président.

Traduction de Zenit, Anne Kurian

About Anne Kurian

Baccalauréat canonique de théologie. Pigiste pour divers journaux de la presse chrétienne. Journaliste à Zenit depuis octobre 2011.

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