Rencontre avec les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et religieuses, les séminaristes et les agents pastoraux, 11 juin 2026 © Vatican Media 

Rencontre avec les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et religieuses, les séminaristes et les agents pastoraux, 11 juin 2026 © Vatican Media 

« Que tous soient un » : l’appel de Léon XIV à l’Église des Canaries

Discours du Saint-Père lors de la rencontre avec les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et religieuses, les séminaristes et les agents pastoraux

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11 juin 2026. Lors de sa rencontre avec les responsables pastoraux des îles Canaries en la Cathédrale Sainte-Anne (Las Palmas de Gran Canaria), le pape a appelé l’Église à vivre une unité visible, nourrie par l’Eucharistie et tournée vers les plus fragiles.

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Chers frères évêques,
chers prêtres,
religieux et religieuses,
frères et sœurs, tous, en Jésus-Christ,

C’est une grande joie pour moi de pouvoir partager cette rencontre avec vous. Merci pour cet accueil chaleureux, pour votre présence affable et vos témoignages, qui sont le reflet d’une Église vivante, au cœur de laquelle résonnent «les joies et les espérances, les tristesses et les angoisses des hommes de notre temps, surtout des pauvres et de tous ceux qui souffrent» (Gaudium et spes, n. 1).

Rencontre avec les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et religieuses, les séminaristes et les agents pastoraux, 11 juin 2026 © Vatican Media 
Je viens sur ces îles comme Père et frère dans la foi: “avec vous, je suis chrétien et pour vous, évêque” (cf. Première bénédiction Urbi et Orbi, 8 mai 2025). Chacun de nous a reçu divers dons et ministères pour l’édification du corps du Christ, comme nous l’avons entendu dans la lecture de la Lettre aux Éphésiens. Et tel est l’appel du Seigneur qui, aujourd’hui, résonne à nouveau dans nos cœurs et confirme notre vocation et notre mission: construire ensemble l’Église en nous fondant sur le Christ, la “pierre angulaire” (cf. 1 P 2, 6-8), édifier dans le bien, harmoniser nos différences et travailler de concert pour le bien de tous (cf. Magnifica humanitas, nn. 11-14).

Je voudrais que nous réfléchissions ensemble à deux attitudes de notre vie chrétienne que nous devons garder à l’esprit pour être des “architectes avisés” dans la construction de la civilisation de l’amour (cf. ibid., n. 236).

Vous, Canariens de souche ou d’adoption, Peuple de Dieu en pèlerinage sur des terres bordées par l’Atlantique, vous avez le privilège de jouir chaque jour de la présence majestueuse de la mer. Il se dit que dans les yeux d’un insulaire, cette image — qui a le goût de la patrie et du foyer — reste gravée de manière indélébile dans ses pupilles, et qu’elle nous manque cruellement lorsque nous sommes loin, “à l’intérieur des terres”. Ce sentiment correspond à une saine nostalgie de l’immensité, du ciel et de la mer ouverts qui s’étendent à l’horizon, sans limites ni frontières; et à un cœur sensible, prêt à dire adieu la larme à l’oeil à ceux qui partent et à accueillir à bras ouverts ceux qui arrivent. Dans ce sens, la mer parfois peut être aussi synonyme de distance et de séparation, de défi et de chemin à parcourir.

Rencontre avec les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et religieuses, les séminaristes et les agents pastoraux, 11 juin 2026 © Vatican Media 
À ce propos, saint Augustin nous dit: «Ainsi en est-il de celui qui voit de loin sa patrie, mais qui en est séparé par la mer; il a beau voir le but où il doit diriger ses pas, les moyens lui manquent pour s’y transporter. Pareillement nous voulons parvenir à cette patrie permanente […] Entre elle et nous s’étend la mer du siècle présent […] Afin de nous procurer le moyen d’y parvenir, celui-là est venu vers qui nous voulions aller. Et qu’a-t-il fait? Il a préparé un navire sur lequel nous pourrons traverser la mer. Personne, en effet, ne peut traverser la mer de ce siècle, à moins que la croix de Jésus-Christ ne le porte» (Commentaire sur l’Évangile de saint Jean, 2, 2). Telle est la première attitude qui nous guide pour naviguer sur les eaux de la vie et atteindre notre destination, la patrie céleste: embrasser la croix du Christ.

Chers frères et sœurs, les saints ont éprouvé la nostalgie de Dieu et, devant affronter les tempêtes de l’existence, ils ont su emmener Jésus dans leurs barques, mis leur confiance en Lui, embrassé la croix et ainsi apaisé les vagues de l’incertitude et de la peur (cf. Mt 8, 23-27). Un exemple, parmi tant d’autres, sur ces terres bénies est le vénérable Antonio Vicente González, prêtre diocésain, également connu sous le nom de “bon pasteur des Canaries”. Sa vie, transfigurée par la grâce divine, nous incite à porter la croix du Christ et à le suivre (cf. Mt 16, 24), en étant de fidèles témoins de l’Évangile en cette nouvelle ère de l’histoire, non exempte de turbulences et de contradictions, pour ainsi atteindre le but promis (cf. Jn 12, 32).

Rencontre avec les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et religieuses, les séminaristes et les agents pastoraux, 11 juin 2026 © Vatican Media 
La première “ligne de conduite”, par conséquent, est d’embrasser la croix du Christ; et vous le faites quotidiennement, par exemple, en tant que Cyrénéens, en accompagnant et en aidant à porter les fardeaux de tant de frères et sœurs crucifiés par les drames de la vie. Je vous remercie pour cette généreuse oeuvre de charité et de miséricorde.

Je voudrais souligner en outre une autre attitude: cultiver une spiritualité eucharistique. Cela est lié à l’ancienne tradition qui se perpétue dans cette belle cathédrale: la pluie de pétales de fleurs devant le Saint-Sacrement qui a lieu le jour de l’Ascension, en signe des biens spirituels et célestes que le Seigneur répand en montant au ciel. Ce geste de dévotion, pratiqué par tant de générations au fil du temps, revêt une signification profonde: dans notre pèlerinage, le but est la rencontre avec le Christ; il est le centre de la vie chrétienne, vers qui nous nous inclinons en adoration, autour de qui nous nous réunissons pour former un seul corps et avec qui nous nous offrons en «sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu» (Rm 12, 1).

Rencontre avec les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et religieuses, les séminaristes et les agents pastoraux, 11 juin 2026 © Vatican Media 
Le Concile nous le dit: les fidèles, «en participant au sacrifice eucharistique, source et sommet de toute la vie chrétienne, offrent à Dieu la Victime divine et s’offrent eux-mêmes avec elle. Et ainsi, […] ils manifestent de manière concrète l’unité du Peuple de Dieu» (Lumen gentium, n. 11). Par conséquent, cultiver une spiritualité eucharistique, c’est approfondir «une spiritualité de l’unité ecclésiale dans l’amour» (Magnifica humanitas, n. 234). Faisons de notre vie une réponse au désir de Jésus: «Que tous soient un […] afin que le monde croie» (Jn 17, 21).

Une manière concrète de manifester cette spiritualité de communion est la solidarité chrétienne, car «l’union avec le Christ est en même temps union avec tous ceux à qui il se donne» (Deus caritas est, n. 14). C’est pourquoi je vous encourage à continuer d’offrir à tous, à votre tour, l’amour que vous avez reçu du Seigneur (cf. 1 Jn 4, 19), amour qui se fait nourriture dans l’accueil, l’écoute, la proximité et l’attention aux plus fragiles: «Car j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger et vous m’avez accueilli, j’étais nu et vous m’avez vêtu, j’étais malade et vous m’avez visité, j’étais en prison et vous êtes venus me voir» (Mt 25, 35-36).

Rencontre avec les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et religieuses, les séminaristes et les agents pastoraux, 11 juin 2026 © Vatican Media 
Chère Église qui chemine aux Canaries, suivant les traces de sainteté de tant d’hommes et de femmes qui vous ont précédés, qui ont offert leur vie en communion avec le sacrifice du Christ sur la Croix et sur l’Autel, je vous encourage à aller de l’avant, fermement enracinés en Lui, pour continuer à naviguer avec courage en cette nouvelle ère de l’histoire. Lorsque vous rencontrerez des difficultés, levez les yeux et demandez à l’Esprit Saint la grâce de vivre unis dans la foi, l’espérance et la charité, vertus qui «sont comme trois étoiles qui brillent dans le ciel de notre vie spirituelle pour nous guider vers Dieu» (saint Jean-Paul II, Catéchèse, 22 novembre 2000).

Que la Bienheureuse Vierge Marie, Étoile de la mer, nous guide dans notre traversée, nous aide à “avancer en pleine mer” (cf. Lc 5, 1-11); qu’ainsi, nous arrivions au port sûr de la rencontre définitive avec Jésus-Christ, son Fils. Merci !

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Pape Léon XIV

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