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Ouverture du Synode sur l'Amazonie, 6 octobre 2019 © Vatican Media

Ouverture du Synode sur l'Amazonie, 6 octobre 2019 © Vatican Media

« L’Évangile peut sauver les peuples et la terre d’Amazonie », par A. Tornielli

Conversion et mission, fil rouge du Document final

« L’Évangile peut sauver les peuples et la terre d’Amazonie », titre Andrea Tornielli, directeur éditorial du Dicastère pour la communication, avec ce sous-titre: « Conversion et mission sont le fil rouge du Document final produit par le Synode des évêques sur l’Amazonie ».

Une réflexion au terme du synode, en italien, dont voici la traduction de Radio Vatican en français:

«Nous avons notre vision du cosmos, notre façon de voir le monde qui nous entoure. La nature nous rapproche de Dieu. Cela nous rapproche du visage de Dieu dans notre culture, dans notre vie. Nous, en tant qu’indigènes, nous vivons en harmonie avec tous les êtres vivants… N’endurcissez pas votre cœur, adoucissez-leC’est l’invitation de Jésus à vivre ensemble. Nous croyons en un seul Dieu. Nous devons rester unis. C’est ce que nous désirons en tant qu’indigènes. Nous avons nos propres rites, mais ce rite doit s’articuler au centre qu’est Jésus Christ».

L’un des témoignages les plus forts et les plus vivants, parmi ceux entendus par les participants au Synode des évêques sur l’Amazonie, a été offert par Delio Siticonatzi Camaiteri, membre du peuple Ashaninca.

Une fois de plus, ce que le Pape François a enseigné à maintes reprises à travers son magistère se vérifie: nous sortons pour proclamer l’Évangile et être proches des plus pauvres, des rejetés et des sans défense, non pour «apporter» quelque chose mais avant tout pour être évangélisés, c’est-à-dire, pour rencontrer le visage du Dieu de Jésus Christ sur le visage de nos frères.

Le Document final du Synode, fruit du discernement commun des évêques d’Amazonie et d’autres parties du monde réunis par le Successeur de Pierre, présente ainsi le fil rouge d’une triple conversion: écologique, culturelle et synodale. Une triple conversion pour en réaliser une quatrième: la conversion pastorale en vue d’annoncer avec un zèle missionnaire renouvelé l’Évangile de Jésus Christ sur ces terres. En effet, à la base de ces quatre conversions existe «la seule conversion à l’Évangile vivant, qui est Jésus Christ», relève le Document final.

Les drames noués dans cet immense territoire peu peuplé, traversé par des rivières et riche en biodiversité, et défini comme «cœur biologique» de la planète, sont un exemple des drames que nous vivons à notre époque… À l’image du changement climatique, de la déforestation, de l’épuisement vertigineux des ressources, de l’abandon dans lequel vivent les peuples autochtones, des défis représentés par la croissance des périphéries des métropoles, des migrations internes et externes ou des violences perpétrées sur les plus faibles. Les chrétiens sont donc interpellés et rappelés à leurs responsabilités.

Le Document final montre clairement cette nécessité d’un changement de rythme. Celui-ci ne pourra jamais résulter simplement de stratégies marketing missionnaires ou de nouvelles structures ecclésiales. Il faut retourner à la source, à ce «centre» dont Delio est témoin avec passion.

L’Amazonie a besoin, avant tout, de la surabondance de la grâce, et des hommes et des femmes qui aiment Jésus, le découvrent dans les visages, les drames, et les blessures des peuples oubliés et exploités.

Tout ce que les évêques ont livré au Pape dans le Document trouve son contexte et sa lumière dans la conversion proposée par François depuis le début de son pontificat dans l’exhortation Evangelii gaudium: la création de réseaux ecclésiaux pour les communautés amazoniennes à la création d’organismes spécifiques pour rassembler les évêques de la région, de la proposition de nouveaux ministères laïcs pour les femmes, véritables piliers de nombreuses communautés à l’invitation adressée aux communautés religieuses d’envoyer des missionnaires dans ces pays, ou encore la nécessité de mieux «inculturer» dans la liturgie les traditions et les langues des peuples autochtones, jusqu’à la proposition de relancer le diaconat permanent, en étudiant aussi la possibilité d’arriver à l’ordination sacerdotale des diacres permanents mariés.

Le Synode, qui se conclut après avoir écouté «le cri des peuples amazoniens», n’a pas été une rencontre «politique»: il s’agissait d’un événement ecclésial à l’écoute de l’Esprit Saint, pour chercher de nouvelles voies d’évangélisation, dans la conscience que tout est lié. Et dans la conscience que, pour les chrétiens, l’intérêt et le souci pour la protection des pauvres et des exclus, de même que pour la sauvegarde de la création, ne sont pas des options, mais découlent du cœur même de notre foi.

Enfin, de ce Synode émerge un appel à l’unité de toute l’Église, pour marcher ensemble, guidés par l’Esprit Saint. C’est l’appel qui vient de Delio et des indigènes d’Amazonie: «N’endurcissez pas vos cœurs… Ceci est l’invitation de Jésus. Elle nous invite à vivre ensemble… Nous devons rester unis… en ce centre qu’est Jésus Christ»

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