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Séminaristes de Lombardie © Vatican Media

« La rigidité est un obstacle à l’ordination », affirme le pape (7/8)

Dialogue avec les séminaristes de Lombardie

Si un séminariste « est rigide, il n’est pas fait pour être ordonné », a déclaré le pape François. « La rigidité est un obstacle à l’ordination… Le sens de l’humour, pas la rigidité. » « Derrière toute rigidité se cachent des problèmes », a-t-il ajouté.

C’est ce que le pape a dit en répondant à une question de Don Marco, du séminaire de Crémone, sur la formation des séminaristes et sur le cléricalisme. Le dialogue du pape avec les séminaristes de Lombardie a eu lieu le samedi 13 octobre 2018, dans la salle Clémentine du Palais apostolique, au Vatican.

« Former les gens est un risque, a affirmé le pape, mais prenez le risque ». « Dans la vie, a-t-il poursuivi, les gens qui ne prennent pas de risques, n’avancent pas. » « Mais risquer avec prudence, risquer avec prudence, a-t-il demandé. Où prendre cette prudence ? En accompagnant ce jeune homme, et par la prière. »

Le pape a aussi conseillé à « éduquer » les jeunes « à la patience », « parce que Dieu aussi est patient ».

Voici notre traduction de l’italien de la réponse du pape, en italien.

MD

Réponse du pape François

Ici, dans la question écrite aussi, il y avait : « Une question sur la peur d’être en sortie et de vivre la condition de l’Église comme un hôpital de campagne. Pour vivre cela, il est nécessaire de renouer la conversion et la vocation. Nous sommes frappés de voir que vous invitez souvent l’Église à saisir comment l’Esprit nous sort de nos sécurités : comment pouvons-nous sagement éviter ce risque ? Qu’est-ce que cela signifie pour nous que nous devons aussi prendre soin d’une ancienne tradition de formation séminariste ? Que pouvez-vous nous conseiller pour aider nos jeunes à goûter au risque de l’Évangile et à ne pas s’empêtrer dans des formes de défense et de cléricalisme ? » Je voulais la lire parce qu’il y en avait trois et je voulais….

Tout d’abord, mets-les sur la voie. Une formation sérieuse c’est les mettre sur la voie, qu’ils ne s’arrêtent pas. Mets-les sur le chemin parce qu’un prêtre qui n’est pas en marche pense à des absurdités, dit des absurdités et fait des absurdités. Toujours en marche, pour qu’il ne fasse rien de stupide. « Mais c’est risqué… ».  Oui. Il glissera, mais je vais vous dire une chose : j’ai tant de fois prié le Seigneur pour un prêtre – à titre d’exemple pour tant d’autres, mais pensons à un seul – afin qu’il lui jette une peau de banane qui le fasse glisser et l’humilie et puisse ainsi se reprendre. Les mettre en marche, sans trop de sécurité. C’est vrai que c’est un risque, former les gens est un risque, mais prenez le risque. Un jour, un vieux prêtre sage a dit : « Quand l’évêque a demandé à mon recteur : « Savez-vous si cette personne est digne ? à ce moment-là, mon recteur s’était endormi, et il a répondu je ne sais quoi.. ». C’est un risque.

Avant-hier, j’ai dû – écoutez ceci – j’ai dû, depuis Rome ! suspendre une ordination sacerdotale dans un autre continent. Qu’est-ce qu’il a, cet évêque, dans la tête ? Et ces formateurs qui présentent à l’évêque ce genre de personne : les nouvelles étaient terribles ! Il y a ces cas, mais la majorité ne l’est pas. Vous faites l’expérience de la fraternité, vous êtes des frères aînés, et par le dialogue… On risque. Dans la vie, les gens qui ne prennent pas de risques, n’avancent pas. Mais risquer avec prudence, risquer avec prudence. Où prendre cette prudence ? en accompagnant ce jeune homme, et par la prière. Il n’y a pas de « comment » précis. Dans les réunions pour vérifier la pertinence, il y a des avantages et des inconvénients, mais vous devrez prendre une décision prudente et en informer l’évêque, et c’est l’évêque qui décidera. Mais vous êtes coresponsable avec l’évêque.

« Aider nos jeunes à goûter au risque de l’Évangile, c’est les mettre sur la voie, le faire marcher, afin qu’ils sentent tout ce que l’on sent quand on marche : acceptation, rejet, insulte, louange, vanité… Et qu’ils apprennent ceci : à distinguer les choses. Et surtout – j’utiliserai un mot étrange – pour les éduquer à la patience. Il y a un livre de Guardini, je ne sais pas comment il a été traduit en italien, « Glaubenserkenntnis« , « la connaissance de la foi », des chapitres sur différents sujets : le premier est sur l’adoration, le second sur la patience de Dieu. Les éduquer à la patience, parce que Dieu aussi est patient. Ce chapitre est un petit bijou : trouvez-le et faites-le connaître. Dieu est patient avec nous.

Le problème du raidissement : défense, cléricalisme… Quand on voit un jeune – c’est un critère dont je suis sûr – quand on voit un jeune séminariste qui se raidit, qui tombe dans la rigidité, le faire attendre. S’il est rigide, il n’est pas fait pour être ordonné. Aujourd’hui, la rigidité est un obstacle à l’ordination. Si tu vois quelqu’un qui prend tout au sérieux et qui n’a pas le sens de l’humour, envoie-le travailler au cirque pendant un moment, puis quand il reviendra, après deux ans, on verra comment ça se passe. Le sens de l’humour, pas la rigidité : la rigidité est un obstacle. Derrière toute rigidité se cachent des problèmes.

Je pourrais continuer, mais… au dernier.

© Traduction de Zenit, Océane Le Gall

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