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Habemus Papam, 13 mars 2013,Capture CTV

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La paix du pape François, rencontre avec des prêtres d’Argentine

Bientôt trois ans de pontificat

Les membres du Collège sacerdotal argentin de Rome ont été reçus par le pape François courant janvier, à l’occasion de la visite pastorale des évêques de la Commission épiscopale des ministères, de la Conférence épiscopale (CEMIN).

Pendant cette rencontre, qui a duré plus d’une heure, un dialogue « informel, chaleureux et profond » s’est noué entre l’évêque de Rome et les évêques et les prêtres argentins: le pape a confié être habité par « la paix » depuis son élection, il y aura dimanche trois ans, le 13 mars 2013.

Dans une interview accordée à Zenit, le recteur du Collège sacerdotal, le p. Angel Hernandez, a souligné l’atmosphère de sincérité dans laquelle s’est déroulé la rencontre. Le pape a d’abord rappelé que le Jubilé de la miséricorde était une inspiration du Saint-Esprit. Il a invités ses hôtes à être « vraiment des pères », quand ils entendent les confessions et il les a aussi exhortés à « être des pasteurs » où qu’ils soient. Il les a aussi alertés sur les risques du « pélagianisme » – volontarisme hérétique inspiré par le moine Pélage – et du « gnosticisme ».

Au sujet de la réforme actuelle de la curie romaine, le pape a expliqué qu’en dépit de ce qu’affirment certains médias, il y a de nombreux saints dans l’Église d’aujourd’hui et à la curie. Il a ajouté qu’il se sentait toujours « en paix », une paix qu’il a reçue dès le jour de son élection et qui ne l’a jamais quitté au milieu des difficultés.

Zenit – Quelle a été l’atmosphère de votre rencontre avec le pape François?

Père Hernandez – Sans discours ni paroles formelles, après les salutations et les photos, nous sommes entrés directement dans une conversation riche sur différents sujets. Il régnait une atmosphère de sincérité, simple et intime, où l’humour, les questions d’ordre plus personnel et un esprit de joie et de communion n’ont pas manqué.

Quel est le premier sujet que le pape a abordé ?

Le premier a été le Jubilé de la miséricorde qui a commencé récemment dans le monde entier. Le pape François a souligné que la genèse de cet évènement extraordinaire était ce qu’il considère comme une véritable inspiration de l’Esprit, jaillie au cours de sa prière personnelle et confirmée dans des conversations avec certains de ses conseillers.

Parallèlement, il a souligné que c’était un approfondissement du chemin déjà indiqué par Paul VI et accentué par Jean-Paul II avec son encyclique Dives in Misericordia, la canonisation de Faustine Kowalska et l’institution de la Fête de la Divine Miséricorde le second dimanche après Pâques, ainsi que d’autres options qu’il a prises.

Qu’a-t-il dit concrètement sur le Jubilé ?

Comme d’habitude avec le pape François, son regard universel s’est penché sur des questions pastorales très concrètes, en particulier son souci pour le ministère de la réconciliation. Il a souligné la nécessité pour les confesseurs d’avoir profondément conscience d’être des instruments de la miséricorde, d’être sains humainement et disposés à recevoir à tout moment un pénitent, de sorte qu’il ressente toujours dans son cœur qu’il est le bienvenu, même dans les cas où, pour différentes raisons, il ne peut pas recevoir l’absolution. En un mot, le pape a affirmé que le confesseur est appelé à être un véritable père dans la rencontre sacramentelle.

J’imagine qu’on lui a posé des questions ?

Les questions des membres du Collège avaient à voir avec la vie des prêtres et la mission qui les attend à leur retour dans leurs diocèses, quand ils auront terminé leurs études dans la Ville éternelle. Le pape a souligné que ce qui était important était qu’ils « soient pasteurs » là où ils sont et dans la tâche qu’ils ont à mener, que ce soit dans une activité académique, dans les séminaires ou dans les tribunaux où ils exercent leur ministère. Il a rappelé le noyau du ministère apostolique dans les Actes, valide aussi pour les prêtres : « la prière et la proclamation de la Parole ».

Quels sont les défis et les risques qu’il a signalés ?

À propos des défis actuels pour l’Église, le pape a dit qu’il existe aujourd’hui deux risques représentés par de vieilles hérésies qui sont encore actives : le pélagianisme et le gnosticisme. Le premier est perçu en particulier quand on est poussé à restaurer une situation qui n’existe plus mais qui, en réalité, dénote une fragilité intérieure dans la manière de vivre sa foi. Cette restauration cache en général une mondanité spirituelle, un réel danger pour le croyant. Il est nécessaire, a rappelé le pape aux prêtres du Collège, de faire la distinction entre le monde et l’esprit du monde, afin de ne pas se cacher la réalité, mais aussi de ne pas perdre ce qui fait de nous des chrétiens, en gardant la prière du Seigneur à son Père : « Je ne te prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais » (Jn 17,15).

Ont-ils dit au pape qu’il était très aimé ?

Les prêtres lui ont exprimé l’affection et la prière des gens de leurs diocèses respectifs et de tous ceux qui les avaient chargés de saluer le pape de leur part. Le pape François les a remerciés pour ce geste et, comme il le fait d’habitude, il a exprimé combien il avait besoin de la prière de chacun et tout le bien que lui fait un contact quotidien avec les gens, aujourd’hui en particulier et lors des messes qu’il célèbre presque tous les jours à Sainte Marthe. Il a dit : « Cela me fait du bien d’être avec les gens ».

A-t-il dit quelque chose au sujet des causes de béatification en cours ?

Oui, il a mentionné deux Argentins dont les procès de béatification et de canonisation sont en cours, Mère Antula et Frère Brochero ; les miracles qui leur sont attribués viennent d’être approuvés par la Commission médicale de la Congrégation des saints [ce qui est fait depuis, ndlr].

A-t-il évoqué Vatileaks et la réforme de la curie ?

À propos de certains évènements qui ont eu un impact médiatique particulier, il a conclu en disant qu’en dépit de ces cas, aujourd’hui, « il y a beaucoup de saints dans l’Église et ici (à la curie), il y a des saints ». C’est l’opposé de ce que les médias soulignent.

Et sur sa vie quotidienne ?

En parlant des nombreux défis et responsabilités auxquels il doit faire face quotidiennement, il a dit qu’il était toujours « en paix », une paix qui l’accompagne depuis le jour de son élection et qui ne l’a jamais quitté au milieu des difficultés, des réalisations, des peines et des joies quotidiennes dans l’exercice de son service apostolique. « Je suis dans les mains de Dieu » a été l’une de ses dernières paroles avant de conclure une rencontre vraiment familiale et amicale.

Traduction de Constance Roques

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