Rencontre de jeunes à Jérusalem: « Le pire des cauchemars, c’est de vivre en ennemis »

« Scholas Occurentes » réunit Israéliens et Palestiniens (traduction complète)

Message à Scholas Occurentes, capture CTV

Message à Scholas Occurentes, capture CTV

« Vous avez eu le courage de vous regarder dans les yeux, vous avez eu le courage de mettre votre regard à nu et cela est indispensable pour que se produise une rencontre » : c’est ainsi que s’est exprimé le pape François dans son message vidéo adressé en espagnol pour la conclusion du congrès de Scholas Occurrentes, qui s’est déroulé du 2 au 5 juillet 2017 à Jérusalem.

« Ce monde craint ce qui est différent, qui à partir de cette crainte construit parfois des murs qui finissent par transformer en réalité le pire des cauchemars, qui est de vivre en ennemis », a notamment fait observer le pape .

Intitulé « Entre l’université et l’école, construire la paix à travers la culture de la rencontre » le congrès a rassemblé, au siège de l’Université hébraïque de Jérusalem, des professeurs et étudiants venus de 41 universités du monde entier, y compris Israéliens et Palestiniens.

« Une fois que nous nous sommes ouverts à la vie et aux autres, à celui qui est à côté de moi, a assuré le pape, la rencontre se produit et dans cette rencontre, il se crée un sens ». Et pour « célébrer » ce sens découvert de la vie, il a évoqué « le sentiment le plus profond qui se puisse éprouver », à savoir, la « gratitude ».

« Cette rencontre, a-t-il conclu, nous a enseigné que nous avons l’obligation d’écouter les enfants et de générer un contexte d’espérance » pour que les « rêves grandissent et se partagent. Lorsqu’il est partagé, un rêve devient l’utopie d’un peuple, la possibilité de créer un nouveau mode de vie ».

Voici notre traduction du message du pape François, prononcé en espagnol.

CR

Message vidéo du pape François

En ce moment, nous, jeunes et adultes d’Israël, de Palestine et d’autres parties du monde, de nationalités, de croyances et de réalités différentes, nous respirons tous le même air, nous marchons tous sur la même terre, notre maison commune. Les histoires sont nombreuses, chacun a la sienne. Les histoires sont aussi nombreuses que les personnes, parce que la vie est une. C’est pourquoi je désire célébrer ces journées vécues là à Jérusalem, parce que, à partir de vos différences, vous avez atteint l’unité. Personne ne vous l’a enseigné. Vous l’avez vécu. Vous avez eu le courage de vous regarder dans les yeux, vous avez eu le courage de mettre votre regard à nu et cela est indispensable pour que se produise une rencontre. Dans la nudité du regard, il n’y a pas de réponses, il y a l’ouverture. L’ouverture à tout l’autre que je ne suis pas. Dans la nudité du regard, nous devenons perméables à la vie. La vie ne passe pas à côté de nous. Elle nous traverse et nous émeut et ceci est la passion.

Une fois que nous nous sommes ouverts à la vie et aux autres, à celui qui est à côté de moi, la rencontre se produit et dans cette rencontre, il se crée un sens. Nous avons tous du sens. Nous avons tous un sens dans la vie. Aucun de nous n’est un non. Nous sommes tous oui, c’est pourquoi quand nous trouvons le sens, c’est comme si notre âme s’élargissait. Et nous avons besoin de donner des mots à ce sens. De lui donner une forme qui le contienne. D’exprimer d’une certaine manière ce qui nous est arrivé, et c’est la création.

En outre, quand nous nous rendons compte que la vie a du sens et que ce sens nous transcende, nous sentons le besoin de le célébrer. Nous sentons le besoin de la fête, comme expression humaine de la célébration du sens. Alors nous trouvons le sentiment le plus profond qui se puisse éprouver. Un sentiment qui existe en nous, pour et malgré tout, pour tout et malgré tout. Ce sentiment est la gratitude. Scholas a l’intuition qu’il faut éduquer à cela. L’éducation qui nous ouvre à ce qui est inconnu, qui nous porte dans ce lieu où les eaux ne nous ont pas encore séparés. Libres des préjugés. Ou bien libre des préjugés avant qu’ils ne nous bloquent, pour pouvoir de là rêver et chercher de nouveaux chemins. C’est pourquoi, nous, adultes, nous ne pouvons pas enlever à nos enfants et à nos jeunes la capacité de rêver, ni même celle de jouer qui, en un certain sens, est une façon de rêver les yeux ouverts. Si nous ne permettons pas à l’enfant de jouer, c’est parce que nous ne savons pas jouer et si nous ne savons pas jouer, nous ne comprenons ni la gratitude, ni la gratuité ni la créativité.

Cette rencontre nous a enseigné que nous avons l’obligation d’écouter les enfants et de générer un contexte d’espérance afin que ces rêves grandissent et se partagent. Lorsqu’il est partagé, un rêve devient l’utopie d’un peuple, la possibilité de créer un nouveau mode de vie. Notre utopie, celle de nous tous qui, d’une certaine manière, formons Scholas est de créer par cette éducation une culture de la rencontre. Dans les personnes, nous pouvons nous unir en valorisant la diversité de cultures pour rejoindre, non pas l’uniformité, non, mais l’harmonie, et combien en a besoin ce monde si atomisé ! Ce monde qui craint ce qui est différent, qui à partir de cette crainte construit parfois des murs qui finissent par transformer en réalité le pire des cauchemars, qui est de vivre en ennemis. Combien ce monde a-t-il besoin de sortir pour se rencontrer ! C’est pourquoi je désire vous remercier aujourd’hui, vous, les adultes, les professeurs de l’Université juive et de nombreuses universités du monde entier qui êtes ici présents, parce que vous ne vous êtes pas renfermés et vous avez mis vos précieuses connaissances au service de l’écoute. Et aux jeunes d’Israël et de Palestine, et aux invités des autres pays du monde, merci d’avoir eu le courage de rêver, de chercher le sens, de créer, de remercier, de fêter, de mettre votre esprit, vos mains et votre cœur pour faire de la culture de la rencontre une réalité. Merci.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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