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Evêques du Chili avec le pape © Vatican Media

Evêques du Chili avec le pape © Vatican Media

Chili: le pape reçoit le président Piñera samedi 13 octobre au Vatican

Une tournée européenne pour le président chilien

Le pape François recevra le président chilien  Sebastián Piñera Echeñique, samedi prochain, 13 octobre, à 10h, en audience privée, confirme le Vatican.

Le président Piñera, 68 ans, un catholique, est en fonction depuis mars dernier.

Il effectue actuellement, depuis le 5 octobre et jusqu’au 15 octobre, une tournée en Europe : France, Espagne, Allemagne, et Belgique.

Autrement dit, il ne sera pas seulement question des scandales qui ont éclaté dans l’Eglise du Chili, mais du rôle de ce pays dans le concert des nations, et probablement aussi, des questions sociales ou environnementales.

La visite se situe dans une période troublée pour l’Eglise du Chili, secouée par les scandales d’abus sexuels, couverts par certains évêques.

« Je suis catholique et ce qui se passe dans l’Eglise me fait très mal », avait déclaré le président chilien en juillet dernier. Il a fait observer que certaines autorités religieuses « se sont trompées » : « Au lieu de protéger les enfants, il se sont protégés eux-mêmes. »

Au lendemain de son voyage au Chili (16-22 janvier), le pape François a mandaté Mgr Charles Scicluna (président du Collège spécial d’appel dans les cas d’abus sexuels sur mineurs de la part de clercs, au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi) et Mgr Jordi Bertomeu pour enquêter sur les faits et recueillir les témoignages, en février. Ils y sont retournés en juin.

Le pape avait reconnu, dans une lettre du 8 avril, publiée le 11, « de graves erreurs dans l’évaluation et la perception de la situation, notamment en raison d’un manque d’information véridique et équilibrée »

Et il en a demandé pardon. Puis il a reçu trois victimes d’abus le 25 avril, au Vatican. Puis du 1er au 3 juin 2018, il a reçu cinq prêtres, également victimes d’abus: ils ont été eux aussi hébergés par le pape dans sa résidence, à la Maison Sainte-Marthe.

« Graves erreurs et omissions »

En mai (15-17 mai), 34 évêques chiliens ont été convoqués à Rome par le pape et au terme de leur rencontre, ils lui ont présenté leur démission, reconnaissant des « graves erreurs et omissions ».

Le pape François leur a remis une lettre redisant la « gravité » des abus « sur des mineurs, de pouvoir et de conscience » commis par des membres de l’Eglise dans le pays ces dernières décennies.

Dans ce nouveau message en espagnol, il remerciait les évêques d’avoir participé à « un discernement franc » et confiait qu’il avait « demandé pardon du fond du cœur » aux victimes, rencontrées le 25 avril.

Le 31 mai 2018, le pape François a adressé une lettre, cette fois à tous aux catholiques chiliens, intitulée « Au Peuple de Dieu qui chemine au Chili », pour leur demander de prendre part à la réforme de l’Église.

Il y souhaite notamment qu’on mette fin au cléricalisme, en quelque sorte terreau des abus de pouvoir, de conscience et des abus sexuels: « Au sein du Peuple de Dieu, il n’y a pas de chrétiens de première, deuxième ou troisième catégories. Votre participation active ne se résume pas à une concession que vous faites volontairement, mais elle est constitutive de la nature ecclésiale. »

Des démissions acceptées

Le pape n’a pas « accepté » les démissions des évêques chiliens en bloc, mais il examine la situation au cas par cas.

Le 11 juin, le pape a accepté trois démissions: celles des évêques d’Osorno, Mgr Juan Barros; de Valparaíso, Mgr Gonzalo Duarte García de Cortázar, et de Puerto Montt, Mgr Cristián Caro Cordero, ces deux derniers ayant atteint la limite canonique de 75 ans.

Le 28 de juin le pape a accepté deux autres démissions: celles des évêques de Rancagua et de Talca.

Le 21 septembre, il a accepté celles de deux autres évêques : l’évêque de San Bartolomé de Chillán, Mgr Carlos Pellegrín Barrera, et celui de San Felipe, Mgr Cristián Contreras Molina.

Le 28 septembre dernier, le pape a retiré les pouvoirs sacerdotaux à Fernando Karadima Fariña, condamné en 2011 par la justice ecclésiastique, à une vie retirée et de pénitence.

Cette sanction supplémentaire “exceptionnelle” a reconnu le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Greg Burke, reflète le caractère également “exceptionnel” du mal que la conduite de l’ancien prêtre chilien a provoqué.

 

 

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