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Catéchèse 6 juin 2019, © Vatican Media

Catéchèse 6 juin 2019, © Vatican Media

Catéchèse : Le pape François rend grâce à Dieu pour son voyage en Roumanie (Traduction complète)

« Marcher ensemble » : une valeur et une exigence

Le voyage du pape François en Roumanie a « mis en évidence la valeur et l’exigence que représente le fait de marcher ensemble, que ce soit entre chrétiens, sur le plan de la foi et de la charité, ou entre citoyens, sur le plan de l’engagement civil ». C’est ce qu’a souligné le pape qui s’est aussi réjoui de la « rencontre très cordiale » avec l’Église orthodoxe roumaine ».

Le pape François est revenu sur son récent voyage apostolique en Roumanie, comme le veut l’usage après chacun de ses voyages à l’étranger, au cours de l’audience générale de ce mercredi 5 juin 2019, sur la Place Saint Pierre du Vatican, devant des milliers de pèlerins et de touristes venus d’Italie et du monde entier.

« Nous avons manifesté que l’unité n’enlève pas les légitimes diversités », a-t-il affirmé en soulignant l’« importante dimension œcuménique » du voyage et le « moment de forte valeur symbolique » qu’a représenté la prière du ‘Notre Père’ dans la cathédrale orthodoxe de Bucarest.

Le pape a enfin évoqué l’objectif de sa rencontre avec les Roms : « j’ai voulu les saluer, a-t-il dit, et renouveler mon appel contre toute discrimination et pour le respect des personnes, quelle que soit leur ethnie, leur langue ou leur religion ».

Voici notre traduction de la catéchèse en italien du pape.

HG

Catéchèse en italien du pape François (Traduction intégrale)

Chers frères et sœurs, bonjour !

Au cours du dernier week-end, j’ai effectué un voyage apostolique en Roumanie, invité par le président et par la première ministre. Je leur renouvelle mes remerciements que j’étends aux autres Autorités civiles et ecclésiastiques et à toutes les personnes qui ont collaboré à la réalisation de cette visite. Je rends surtout grâce à Dieu qui a permis au Successeur de Pierre de retourner dans ce pays, vingt ans après la visite de saint Jean-Paul II.

En résumé, comme l’annonçait la devise de ce voyage, j’ai exhorté à « marcher ensemble ». Et ma joie a été de pouvoir le faire, non pas de loin, ou de haut, mais en marchant moi-même au milieu du peuple roumain, en pèlerin sur sa terre.

Les différentes rencontres ont mis en évidence la valeur et l’exigence que représente le fait de marcher ensemble, que ce soit entre chrétiens, sur le plan de la foi et de la charité, ou entre citoyens, sur le plan de l’engagement civil.

En tant que chrétiens, nous avons la grâce de vivre une saison de relations fraternelles entre les différentes Églises. En Roumanie, la grande partie des fidèles appartient à l’Église orthodoxe, guidée actuellement par le patriarche Daniel, auquel j’adresse une pensée fraternelle et reconnaissante. La communauté catholique, qu’elle soit ‘grecque’ ou ‘latine’, est vivante et active. L’union entre tous les chrétiens, bien qu’incomplète, se base sur l’unique baptême et elle est scellée par le sang et la souffrance subie ensemble dans les temps obscurs de la persécution, en particulier au siècle dernier sous le régime athée. Il y a aussi une autre communauté luthérienne qui professe aussi la foi en Jésus-Christ et qui entretient de bons rapports avec les orthodoxes et avec les catholiques.

Avec le patriarche et le Saint Synode de l’Église orthodoxe roumaine, nous avons eu une rencontre très cordiale, au cours de laquelle j’ai réaffirmé la volonté de l’Église catholique de marcher ensemble dans une mémoire réconciliée et vers une une unité plus complète, que le peuple roumain avait justement prophétiquement invoquée pendant la visite de saint Jean-Paul II. Cette importante dimension œcuménique du voyage a culminé dans la Prière solennelle du ‘Notre Père’, à l’intérieur de la nouvelle et imposante cathédrale orthodoxe de Bucarest. Cela a été un moment de forte valeur symbolique parce que le Notre Père est la prière chrétienne par excellence, patrimoine commun de tous les baptisés. Personne ne peut dire « Mon Père » et « Votre Père » ; non ! « Notre Père », patrimoine commun de tous les baptisés. Nous avons manifesté que l’unité n’enlève pas les légitimes diversités. Puisse l’Esprit Saint nous conduire à vivre toujours plus en enfants de Dieu et frères entre nous.

En tant que communauté catholique, nous avons célébré trois liturgies eucharistiques. La première dans la cathédrale de Bucarest, le 31 mai, en la fête de la Visitation de la Vierge Marie, icône de l’Église en chemin dans la foi et dans la charité. La seconde Eucharistie, dans le sanctuaire de Șumuleu Ciuc, but de très nombreux pèlerinages. Là-bas, la Sainte Mère de Dieu rassemble le peuple fidèle dans la diversité des langues, des cultures et des traditions. Et la troisième célébration a été la liturgie divine à Blaj, centre de l’Église gréco-catholique en Roumanie, avec la béatification de sept évêques martyrs gréco-catholiques, témoins de la liberté et de la miséricorde qui viennent de l’Évangile. L’un de ces nouveaux bienheureux, Mgr Iuliu Hossu, a écrit en prison : « Dieu nous a envoyés dans ces ténèbres de la souffrance pour donner le pardon et prier pour la conversion de tous ». Si l’on pense aux terribles tortures auxquelles ils étaient soumis, ces paroles sont un témoignage de miséricorde.

La rencontre avec les jeunes et les familles, qui s’est tenue à Iaşi, ville antique et important centre culturel, carrefour entre Occident et Orient, a été particulièrement intense et festive. Il s’agit d’un lieu qui invite à ouvrir des voies sur lesquelles marcher ensemble, dans la richesse des diversités, dans une liberté qui ne coupe pas les racines mais qui puise à celles-ci de manière créative. Cette rencontre a aussi revêtu un caractère marial et s’est conclue en confiant les jeunes et les familles à la Sainte Mère de Dieu.

La dernière étape du voyage a été la visite à la communauté Rom de Blaj. Dans cette ville, les Roms sont très nombreux et c’est pour cette raison que j’ai voulu les saluer et renouveler mon appel contre toute discrimination et pour le respect des personnes, quelle que soit leur ethnie, leur langue ou leur religion.

Chers frères et sœurs, remercions Dieu pour ce voyage apostolique et demandons lui, par l’intercession de la Vierge Marie, qu’il porte des fruits abondants pour la Roumanie et pour l’Église sur ces terres.

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

 

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