Allemagne : le p. Zollner salue le rapport sur les abus du Chœur de Ratisbonne

« Faire la lumière sur une obscurité vraiment très profonde »

Père Zollner © Université grégorienne

Père Hans Zollner SJ © Université grégorienne

L’Eglise de Ratisbonne (Allemagne) a eu le « courage » de « faire la lumière sur une obscurité vraiment très profonde ». Le p. Hans Zollner, président du Centre pour la protection des mineurs de l’Université pontificale grégorienne, salue en ces termes le rapport présenté le 18 juillet 2017 par le diocèse sur le scandale des abus subis par les petits chanteurs du « Chœur de Ratisbonne ».

Au moins 547 victimes ont raconté avoir subi des violences physiques, corporelles et psychologiques, et 67 d’entre elles des abus sexuels, perpétrés par des prêtres et du personnel laïc, de 1945 au début des années 90. Le rapport de l’avocat Ulrick Weber, précise Radio Vatican en italien, met en cause aussi Mgr Georg Ratzinger, frère de Benoît XVI, directeur du chœur pendant trente ans, qui n’aurait pas perçu les signaux de malaise, et le cardinal Gerhard Ludwig Müller, évêque de Ratisbonne en 2010 qui n’aurait pas réagi avec suffisamment de détermination.

Le p. Zollner exprime à l’antenne de la radio vaticane sa satisfaction sur la manière dont ce scandale a été traité : l’évêque de Ratisbonne, Mgr Rudolf Voderholzer, qui a mandaté une enquête, souligne-t-il, a eu le « courage » de « faire la lumière sur une obscurité vraiment très profonde ».

Le jésuite allemand, qui est aussi membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, estime que l’Eglise doit « regarder en face la réalité » : « nous devons affronter toutes les injustices, les péchés, les crimes qui ont été commis par des prêtres et aussi par d’autres employés de l’Église ».

Pour le p. Zollner, la présentation de ce rapport à la presse est « un pas très important, y compris pour la sensibilisation de toute la société et pour toutes les institutions de l’Église comme en dehors de l’Église ».

« Dans une institution, poursuit-il, on peut faire beaucoup de choses pour prévenir les abus. Par exemple, dans le choix du personnel éducatif et non éducatif, dans l’éducation et dans la formation de ces personnes qui travaillent avec les jeunes : que ce soit des personnes saines, que ce soit des personnes équilibrées et qui sachent ce qu’est une transgression ».

Vis-à-vis des sévices physiques, il note cependant qu’il « est difficile de juger tel que nous pensons la chose aujourd’hui, parce qu’à l’époque, probablement, certaines de ces personnes considéraient comme un fait normal que l’on gifle encore les jeunes ».

Le rapport de l’avocat Weber, assure le p. Zollner, est « d’une étendue, d’une profondeur et aussi d’un caractère scientifique irréprochables ». L’avocat dénonce aussi les responsabilités des parents qui n’auraient pas accordé la juste attention aux récits de leurs enfants et des autorités de l’État qui ont été absentes dans les inspections scolaires.

Avec une traduction de Constance Roques

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