(ZENIT News / Rome, le 20 juin 2026).- Plus d’un an après son élection au trône de Pierre, le pape Léon XIV continue de bénéficier d’une large bienveillance parmi les catholiques américains, même si ses relations avec les dirigeants politiques américains font l’objet d’un débat public croissant.
Un nouveau sondage du Pew Research Center indique que 78 % des catholiques américains ont une opinion favorable du premier pape né aux États-Unis. Bien que ce chiffre soit légèrement inférieur aux 84 % enregistrés au début de son pontificat en 2025, il témoigne néanmoins d’un soutien remarquable au sein d’une communauté ecclésiale souvent à l’image de la polarisation politique de la société américaine.
Ces résultats suggèrent que le pape Léon XIV a largement réussi à conserver sa crédibilité auprès des catholiques de tous horizons, de tous niveaux de pratique religieuse et de toutes affiliations politiques. À une époque où les responsables religieux et politiques peinent souvent à rassembler leurs fidèles, un tel niveau d’approbation demeure remarquable.
Le sondage, mené entre le 26 mai et le 1er juin auprès de près de 10 000 adultes américains – dont 1 848 catholiques –, intervient à un moment particulièrement délicat. Des tensions publiques étaient récemment apparues entre le pape Léon XIV et le président Donald Trump, notamment suite à des désaccords sur le conflit iranien et des questions plus générales de stabilité internationale.
En avril, le pape a fermement condamné la guerre, mettant en garde contre ce qu’il a qualifié d’« illusion d’omnipotence » chez les dirigeants politiques. Trump a réagi vivement sur les réseaux sociaux, critiquant l’approche du pontife en matière de criminalité et de politique étrangère. Pourtant, les données de Pew suggèrent que de nombreux catholiques ont perçu cet échange différemment.
Interrogés sur le caractère excessif des critiques du pape Léon XIV à l’égard de l’administration Trump, seuls 19 % des catholiques ont partagé cet avis. Seize pour cent estimaient qu’il n’avait pas été assez critique, tandis que la majorité (35 %) jugeait qu’il avait trouvé le juste équilibre. Près d’un tiers n’ont pas exprimé d’opinion tranchée.
La situation change radicalement lorsque les catholiques évaluent les critiques de Trump à l’égard du pape. Une majorité (51 %) estime que le président a été trop critique envers Léon XIV, tandis que seulement 4 % pensent qu’il ne l’a pas été assez. À peine 14 % jugent son approche appropriée.
L’aspect le plus frappant de ce sondage est sans doute la capacité du pape à conserver un large soutien au sein des différentes composantes de la vie catholique. Parmi les catholiques qui assistent à la messe au moins une fois par semaine, 85 % expriment une opinion favorable de Léon XIV. Ce taux d’approbation reste élevé même chez les catholiques moins pratiquants, atteignant 79 % chez ceux qui assistent occasionnellement à la messe et 73 % chez ceux qui y assistent rarement ou jamais.
Les résultats révèlent également un soutien important parmi les catholiques blancs et hispaniques, démontrant que l’attrait de Léon XIV s’étend à certains des groupes démographiques les plus importants au sein de l’Église américaine.
L’appartenance politique demeure toutefois un facteur important. Les catholiques démocrates et les indépendants proches des démocrates se montrent légèrement plus enthousiastes à l’égard du pape que les catholiques républicains. Cette tendance fait écho à celles observées durant les dernières années du pontificat du pape François.
Parmi les démocrates catholiques, l’opinion est très largement favorable à Léon XIV et nettement critique à l’égard des attaques de Trump contre lui. 70 % estiment que le président a été excessivement critique envers le pape, tandis que seulement 3 % pensent que Léon XIV a été trop critique envers Trump.
Les catholiques républicains présentent un tableau plus nuancé. Trente-neuf pour cent d’entre eux estiment que le pape a été excessivement critique envers l’administration Trump, tandis que 32 % pensent que Trump est allé trop loin dans ses critiques à l’encontre de Léon XIV. Ces données révèlent un électorat divisé non pas sur le respect qu’il porte au pape, mais sur l’interprétation de son implication dans les affaires politiques.
Ces résultats mettent en lumière une réalité souvent négligée concernant la papauté aux États-Unis. Si les médias se concentrent fréquemment sur les conflits idéologiques, la plupart des catholiques continuent de faire la distinction entre les désaccords politiques et leur conception plus large du Successeur de Pierre.
Historiquement, les catholiques américains n’ont pas toujours adhéré avec la même constance à l’autorité papale. Les débats relatifs à la liturgie, à la doctrine sociale de l’Église, à l’immigration, à la politique économique et aux affaires internationales ont périodiquement engendré de profondes divisions. Pourtant, la cote de popularité du pape Léon XIV est aujourd’hui comparable à celle dont bénéficiait le pape François durant les dernières années de son pontificat, ce qui suggère une certaine continuité plutôt qu’une rupture.
Cette enquête met en lumière un enseignement important. Si les différends publics entre Rome et Washington font souvent la une des journaux, ils n’influencent pas nécessairement la perception que les catholiques ordinaires ont du pape. La plupart des catholiques américains semblent disposés à considérer Léon XIV avant tout comme un chef spirituel, plutôt que sous un angle partisan.
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