Saint Curé d'Ars (1786-1859) © Wikimedia commons

Saint Curé d'Ars (1786-1859) © Wikimedia commons

Saint Jean-Marie Vianney : le « mauvais élève » devenu patron de tous les curés de l’univers

4 août, mémoire du saint Curé d’Ars

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Ce mardi 4 août 2026, l’Église catholique fait mémoire de saint Jean-Marie Vianney, curé pendant près de 40 ans dans le petit village d’Ars, situé au nord de Lyon, en France. Canonisé en 1925 par le pape Pie XI, le saint Curé d’Ars est le patron des prêtres français et le patron de tous les curés de l’univers.

Mort en 1859 à l’âge de 73 ans, saint Jean-Marie Vianney a surmonté de grands obstacles dans sa vie, dont de multiples humiliations lors de ses études. Mais à force de persévérance, de piété et d’humilité, le jeune homme a pu finalement être ordonné prêtre à l’âge de 29 ans.

Tout au long de sa vie sacerdotale, il s’est laissé conduire par la Providence, en menant une vie ascétique, de prière et d’adoration. Il a donné un grand nombre de prédications célèbres, s’est dévoué envers les pauvres et les orphelins, a confessé jusqu’à 17 heures par jour. En quelques décennies, sa terre de mission est devenue un haut lieu de pèlerinage international.

Une persévérance mise à l’épreuve
© francearchives.gouv.fr 

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Issu d’un milieu paysan, Jean-Marie Vianney n’a appris à lire et à écrire qu’à l’âge de 17 ans. À 20 ans, il a demandé à l’abbé Charles Balley, curé de la paroisse voisine, de le former pour le préparer au séminaire. Mais sa mémoire lui faisait défaut : il avait notamment beaucoup de mal à assimiler la grammaire en latin, langue très utilisée à l’époque pour les cours de philosophie et de théologie.

Au presbytère d’Écully, le jeune homme s’est retrouvé à étudier la grammaire aux côtés d’enfants et de jeunes adolescents. Un jour, agacé par sa lenteur, un garçon s’est emporté et lui a donné une gifle devant la classe en le traitant d’« espèce d’âne ». Au lieu de se fâcher ou de répliquer, Jean-Marie s’est mis à genoux et lui a dit : « Pardonnez-moi, mon ami, vous avez bien raison, je ne suis qu’un ignorant. »

On raconte qu’un soir, terrassé par le découragement, il a été pris d’un geste de colère et de désespoir, et a jeté au feu son dictionnaire de latin. Pris de remords, il a plongé ses mains dans les braises pour sauver le livre. L’abbé Balley, entrant dans la pièce, a trouvé son élève en larmes, tenant le dictionnaire à moitié calciné et demandant pardon pour son manque de patience.

Autre fait marquant. Au printemps 1806, Jean-Marie Vianney était à deux doigts d’abandonner ses études. Il a alors décidé de s’en remettre à la divine Providence et a entrepris un pèlerinage jusqu’au tombeau de saint François Régis à Lalouvesc, en Ardèche. Il a parcouru ainsi une centaine de kilomètres à pied, en mendiant son pain. De retour à Écully, il a constaté avoir reçu une grâce renouvelée de persévérance, même s’il n’est jamais devenu un grand latiniste !

« La Sainte Vierge le fera descendre dans mon cœur »

À cette même époque, le jeune homme a aussi pu développer une méthode pour mieux étudier. Ne parvenant pas à retenir sa grammaire assis à sa table, il plaçait son livre de latin au pied d’une statue de la Vierge, et apprenait ses déclinaisons à genoux sur le sol de pierre. Il répétait d’ailleurs souvent à ce propos : « Ce qui n’entre pas dans ma tête, la Sainte Vierge le fera descendre dans mon cœur. »

Plus tard, en entrant au Grand séminaire de Lyon en 1813, Jean-Marie Vianney a rencontré de nouveaux obstacles dans ses études. Le jugeant intellectuellement trop faible après un examen catastrophique, le séminaire a décidé de le renvoyer. Une période douloureuse pour lui, d’autant plus que les autres séminaristes l’avaient surnommé « la statue de pierre » ou « la souche », car il restait totalement immobile, le regard vide, lors des cours dispensés en latin.

Mais le fidèle abbé Balley, croyant toujours fermement à sa vocation sacerdotale, l’a repris chez lui pour lui donner des cours particuliers. Il a également usé de son influence auprès de l’archevêché pour obtenir l’examen dérogatoire en français, ce qui l’a sauvé et qui l’a révélé à ses supérieurs : saint Jean Marie-Vianney était en fait très vif à l’oral et doté d’une excellente répartie !

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Anne van Merris

Anne van Merris, journaliste française, a suivi une formation à l'Institut européen de journalisme Robert Schuman, à Bruxelles. Elle a été responsable de la communication au service de l'Église catholique et responsable commerciale dans le secteur privé. Elle est mariée et mère de quatre enfants.

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