© Sr Mirna Farah

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Entendre le cri de la Terre

De l’indifférence à la responsabilité

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Le 2 septembre 2002, au Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg, le président français de l’époque, Jacques Chirac prononçait ce triste constat « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Malheureusement, au cours du mois de juillet, des milliers d’hectares de forêts ont disparu sous les flammes en Espagne, au Portugal, en Italie ou dans le sud de la France. Des villages sont évacués, des familles perdent leur maison, des pompiers risquent leur vie, tandis que des écosystèmes parfois millénaires sont réduits en cendres. Les records de température se succèdent et révèlent le profond déséquilibre d’une création éprouvée par la surexploitation des ressources et les excès de l’activité humaine. 

Les scientifiques décrivent avec précision les mécanismes du dérèglement climatique, la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes ou encore les conséquences de l’artificialisation des sols. Pourtant, une interrogation demeure : pourquoi l’humanité peine-t-elle à changer de cap alors qu’elle connaît les risques auxquels elle s’expose ? Pourquoi continue-t- elle à regarder ailleurs ?

© Sr Mirna Farah

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Pour les Églises chrétiennes, cette crise dépasse les seules dimensions techniques, économiques ou politiques. Depuis la publication de l’encyclique Laudato si’ en 2015, le magistère de l’Église catholique rappelle avec force que la crise écologique est d’abord une crise de notre relation à la création, aux autres, à nous-mêmes et, ultimement, à Dieu. C’est le sens de l’écologie intégrale. Plus qu’un programme environnemental, elle propose une véritable vision de l’homme et du monde, où les dimensions écologique, sociale, économique, culturelle, éthique et spirituelle sont intimement liées. Elle appelle chacun à une conversion du regard et du cœur : choisir la sobriété plutôt que la surconsommation, la fraternité plutôt que l’individualisme, la responsabilité plutôt que l’indifférence. 

Dans nos familles, nos paroisses, nos associations ou nos entreprises, chaque geste peut devenir un signe d’espérance. Cette espérance chrétienne n’est ni naïveté ni résignation. Elle naît de la certitude que la création est un don confié par Dieu à l’humanité. Dès les premières pages de la Genèse, Dieu bénit les êtres vivants : « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez les eaux des mers ; que les oiseaux se multiplient sur la terre » (Gn 1, 22). 

Contempler avec compassion notre maison commune blessée, reconnaître notre part de responsabilité et répondre par une authentique conversion écologique : telle est l’invitation adressée aujourd’hui à tous les croyants. Prendre soin de la création, c’est aussi rendre grâce au Créateur.

 

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Sœur Mirna Farah, SdC

Sr Mirna Farah est sœur de la Charité de sainte Jeanne-Antide Thouret. Elle est responsable de l’Office international de l’éducation dans sa congrégation et coordonne le projet écologique Eco-Charity Garden, au centre historique de Rome. Avec une longue expérience dans l’enseignement, la gestion scolaire et le management éthique des institutions religieuses, elle continue à collaborer avec des organismes internationaux dont l’O.I.E.C et le Mouvement international Laudato si’. Elle consacre aujourd'hui une partie de son temps à l’enseignement de la spiritualité de l’écologie intégrale.  

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