Dans sa catéchèse lors de l’audience générale du mercredi 12 août, le pape Léon XIV a consacré sa réflexion à l’année liturgique, soulignant qu’elle ne constitue pas une simple commémoration du passé, mais rend présente l’œuvre du salut accomplie par le Christ et conduit les fidèles à la rencontre avec lui.
Résumé de la Catéchèse
Frères et sœurs, nous poursuivons notre réflexion avec le cinquième chapitre de la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium (SC) consacré à l’année liturgique.
Le Concile présente le dimanche comme le fondement et le cœur de l’année liturgique. C’est la Pâques hebdomadaire où est commémoré et rendu présent le jour où le Christ est ressuscité. Jaillissant de la Résurrection, le dimanche traverse les temps de l’homme, les mois, les années, les siècles, telle une flèche directrice qui oriente vers la seconde venue du Christ. En ce sens l’année liturgique est l’actualisation de l’œuvre du salut que le Christ accomplit dans l’histoire, comblant tous les fidèles de sa grâce (cf. SC, 102c). Il est donc indispensable de sanctifier le dimanche par la célébration de l’Eucharistie et de rechercher les meilleures conditions pour que puissent prendre part à la sainte Messe ceux qui n’ont pas la possibilité de s’absenter de leur travail.
L’année liturgique propose ainsi, sous une forme sacramentelle, la pédagogie de l’histoire du salut, guidant les fidèles depuis l’attente du Messie jusqu’à la plénitude du mystère pascal et à l’anticipation de la gloire future.
Salutations
Je salue tous les pèlerins de langue française et plus particulièrement les fidèles du diocèse de Yaoundé au Cameroun, accompagnés de leur évêque. Rassasiés à la table de l’Eucharistie, soyez pour le monde des témoins lumineux de l’amour du Christ. Que Dieu vous bénisse !
Je tiens à exprimer ma solidarité envers les sœurs et les frères colombiens qui ont subi les conséquences du récent tremblement de terre, qui a fait de nombreuses victimes et blessés, ainsi que d’importants dégâts matériels. Tout en priant le Seigneur pour le repos éternel des défunts, j’assure de mes prières leurs familles et tous ceux qui ont été touchés par cette tragédie. J’exprime ma gratitude à tous ceux qui participent aux opérations de sauvetage et d’aide aux sinistrés.
Je salue les fidèles de langue arabe. L’année liturgique n’est pas simplement une commémoration d’événements du passé, mais la présence du Christ vivant qui poursuit son œuvre de salut dans son Église et nous conduit à la rencontre avec lui. Que le Seigneur vous bénisse tous et vous protège toujours de tout mal !
Ma pensée va enfin aux jeunes, aux malades et aux jeunes mariés. Dans quelques jours, nous célébrerons la solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie. Je tiens à vous exhorter à adresser sans relâche vos prières à la Mère de Dieu, en suivant son exemple pour accueillir pleinement la vocation à la « familiarité » avec le Seigneur et à la sollicitude envers le prochain.
À tous, ma bénédiction !
Catéchèse
Les documents du Concile Vatican II
II. Constitution Sacrosanctum Concilium
6. L’année liturgique
Chers frères et sœurs,
le cinquième chapitre de la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium (SC) est consacré à l’année liturgique, thème sur lequel nous souhaitons nous attarder aujourd’hui, afin d’en expliquer la valeur dans la vie de chaque croyant.
Tout d’abord, il convient de rappeler que cette manière de définir le cycle des fêtes chrétiennes comme « année liturgique » s’est répandue dans le langage ecclésial grâce à l’œuvre du Serviteur de Dieu, l’abbé Prosper Guéranger (1805-1875).
Dans l’encyclique Mediator Dei,le pape Pie XII affirme qu’il ne s’agit pas d’« une représentation froide et inerte de faits appartenant au passé ni d’une simple […] évocation de réalités d’autrefois. [L’année liturgique] est, au contraire, le Christ lui-même, qui vit toujours dans son Église et qui poursuit le chemin d’immense miséricorde qu’il a lui-même commencé […] dans cette vie mortelle […], afin de mettre les âmes humaines en contact avec ses mystères et de les faire vivre pour eux ; mystères qui sont perpétuellement présents et agissants » (III Divinum Officium et Annus Liturgicus, II Cyclus Mysteriorum). L’année liturgique doit donc être comprise comme une actualisation constante de l’œuvre du salut que le Christ accomplit dans l’histoire. En parcourant ce cycle temporel, l’Église reste en contact avec l’action rédemptrice du Seigneur, de sorte que tous les fidèles sont comblés de sa grâce (cf. SC, 102c). La rencontre avec Jésus, mort et ressuscité pour nous, est le but que l’Église poursuit sans cesse, en plaçant au centre de chaque instant la célébration de l’événement pascal.
C’est pourquoi les Pères conciliaires considèrent précisément le dimanche, « le jour de fête primordial », comme « le fondement et le cœur de l’année liturgique » (cf. SC, 106). Dans plusieurs langues modernes, son nom atteste qu’il s’agit du «dies Domini», «le jour du Seigneur». Même dans les langues où la référence au «jour du soleil» (Sunday, Sonntag) a prévalu, on entrevoit le lien avec le Christ : le Christ est le véritable «soleil de justice» qui illumine chaque homme !
Saint Jean-Paul II, dans la Lettre apostolique Dies Domini (31 mai 1998), enseigne que le dimanche est le jour du Seigneur, le jour de l’Église, le jour de l’homme et, enfin, le « jour des jours » : « Le dimanche étant la Pâques hebdomadaire, où est commémoré et rendu présent le jour où le Christ est ressuscité d’entre les morts, il est aussi le jour qui révèle le sens du temps. […] Jaillissant de la Résurrection, il fend le temps de l’homme, les mois, les années, les siècles, telle une flèche directrice qui les traverse en les orientant vers le but de la seconde venue du Christ. Le dimanche préfigure le jour ultime, celui de la Parousie » (n° 75), où nous ressusciterons tous.
Pour sanctifier le dimanche, il est fondamental de célébrer l’Eucharistie. L’écoute de la Parole et la participation au Corps du Christ impliquent, selon les Pères conciliaires, le convenire in unum (cf. SC, 106), c’est-à-dire la convocation festive des fidèles. Au sein de cette assemblée, la communauté chrétienne rend visible sa communion avec le Seigneur et témoigne de son appartenance au Christ et de sa fidélité à l’Église. Cette assemblée ne peut être remplacée par une présence purement virtuelle, ni se réduire à un rassemblement purement passif. L’assemblée liturgique se réalise en effet dans la participation active des frères et sœurs, convoqués ensemble pour « rendre grâce à Dieu qui les a engendrés, “par la résurrection du Christ d’entre les morts, pour une espérance vivante” (1 P 1, 3) » (ibid.).
À cet égard, j’exhorte chacun à rechercher les meilleures conditions pour que puissent prendre part à la sainte Messe même ceux qui, le dimanche, n’ont pas la possibilité de s’absenter de leur travail.
Très chers, l’année liturgique, rythmée par les dimanches, a une histoire intéressante, dans laquelle s’entremêlent la foi et la dévotion de l’Église. En effet, dès le IIe siècle après J.-C., à la célébration hebdomadaire de la Pâque s’est ajoutée celle de la Pâque annuelle, « solennité suprême » (SC, 102), étendue à la « période très joyeuse » de cinquante jours, culminant à la Pentecôte, et préparée par le temps du Carême avec son caractère pénitentiel (cf. SC, 109). Le développement du cycle de Noël, qui s’est opéré par la suite sur le modèle de celui de Pâques, a permis de revivre les mystères de l’Incarnation du Verbe de Dieu, de sa naissance et de sa manifestation au monde. L’Église a ensuite intégré dans les différents temps liturgiques la vénération de la Bienheureuse Vierge Marie, « indissolublement unie à l’œuvre salvifique de son Fils » (SC, 103) et « les mémoires des martyrs et des autres saints qui […], dans les cieux, chantent à Dieu la louange parfaite et intercèdent pour nous » (SC, 104).
L’année liturgique propose ainsi, sous une forme sacramentelle, la pédagogie de l’histoire du salut, guidant les fidèles depuis l’attente du Messie jusqu’à la plénitude du mystère pascal et à l’anticipation de la gloire future. En son sein, l’Église célèbre l’actualité salvifique du mystère du Christ, permettant aux croyants d’y participer toujours plus profondément. C’est pourquoi l’année liturgique constitue le principe inspirateur et le cadre de référence essentiel de toute action pastorale.
Traduction réalisée par ZENIT








