Terrorisme : promouvoir le dialogue et développer le droit international

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Intervention du card. Parolin à l’ONU

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Le Saint-Siège appelle la communauté internationale à lutter contre le terrorisme à travers deux voies : la « promotion du dialogue et de la compréhension entre cultures » et « de nouveaux développements du droit international ».

Le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin est intervenu à la 69ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le 29 septembre 2014 à New York.

Il a souligné « un phénomène entièrement nouveau » dans « la situation dramatique de l’Irak et de la Syrie » : « l’existence d’une organisation terroriste qui menace tous les États, jurant de les détruire pour les remplacer par un gouvernement pseudo-religieux mondial ».

« Ces actions blessent des groupes ethniques entiers, des populations et des cultures anciennes » et elles faussent « la religion elle-même », a-t-il ajouté, faisant observer que « ce nouveau phénomène a réussi à attirer de partout dans le monde des jeunes qui sont souvent déçus par l’indifférence générale et par le manque de valeurs dans les sociétés riches ».

Le Saint-Siège appelle la communauté internationale « à promouvoir une réponse unifiée », proposant deux voies : la « promotion du dialogue et de la compréhension entre cultures » et « de nouveaux développements du droit international ».

Le dialogue religieux et interculturel est en effet nécessaire, pour ne pas tomber dans « le réductionnisme qui consiste à interpréter les situations en termes de choc de civilisations, jouant sur les peurs et les préjugés existants », et finalement « renforçant les sentiments mêmes qui sont au cœur du terrorisme ».

Ce dialogue interculturel est « le fruit de toutes les composantes de la société civile travaillant ensemble », a précisé le cardinal : « les États ne sont pas les principaux acteurs responsables du dialogue culturel et interreligieux », même s’ils se doivent de le favoriser.

En effet, « la paix est le résultat de la justice à tous les niveaux et de la responsabilité partagée des individus, des institutions civiles et des gouvernements », tous appelés à « se comprendre mutuellement et estimer la culture de l’autre ».

Mais l’ouverture culturelle ne suffit pas, a poursuivi le cardinal : il faut aussi « la voie importante du droit international », en mettant l’accent sur la « responsabilité de protéger » face à un terrorisme qui « ignore l’existence de l’ordre international tout entier » et « rejette tous les systèmes juridiques existants, tentant d’avoir un contrôle complet des personnes ».

Devant ce phénomène « transnational », le droit international « offre la seule voie viable », a estimé le Saint-Siège : « aucun État seul ne peut contenir » ce terrorisme qui vise « à faire la guerre à la communauté internationale ».

« Les forces conjuguées d’un certain nombre d’États seront nécessaires pour assurer la défense des citoyens non armés » : « puisqu’il n’y a pas de norme juridique qui justifie des actions policières unilatérales [de la part d’un État] au-delà de ses frontières, il ne fait pas de doute que ce domaine de compétence revient au Conseil de sécurité ».

Ainsi « les normes pour la prévention de la guerre et pour l’intervention du Conseil de sécurité sont également applicables, sur divers motifs, dans le cas d’une guerre provoqué par un acteur non étatique », a ajouté le cardinal.

Avec une traduction de Constance Roques

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Anne Kurian-Montabone

Baccalauréat canonique de théologie. Pigiste pour divers journaux de la presse chrétienne et auteur de cinq romans (éd. Quasar et Salvator). Journaliste à Zenit depuis octobre 2011.

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