Le P. Federico Lombardi évoque la « communication » du Saint-Siège

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Une année 2008 qu’on oublie trop vite

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ROME, Mardi 3 mars 2009 (ZENIT.org) – La communication du Saint-Siège a été très positive en 2008, on l’oublie trop vite, fait observer le P. Lombardi, au lendemain de la crise médiatique récente.

Le P. Federico Lombardi, sj, qui est à la fois directeur de la salle de presse du saint-Siège, directeur du centre de télévision du Vatican et de Radio Vatican explique comment fonctionne la communication du Saint-Siège.

Zenit – Comment fonctionne, à l’intérieur, la communication du Saint-Siège ?

P. Federico Lombardi – Pour chaque sujet et pour chaque décision, il y a des itinéraires spécifiques de communication, il est donc difficile de dire quel est exactement, disons, l’itinéraire commun. Ce que je connais bien, c’est la dernière partie de l’itinéraire, c’est-à-dire, par la Secrétairerie d’Etat qui est donc un peu le point de passage des différentes décisions et communications importantes qui arrivent à la Salle de presse, à Radio Vatican et à L’Osservatore Romano, pour être rendues publiques de toutes les façons possibles pour le bien de l’Eglise. Avant cette dernière partie de l’itinéraire, les voies de communication sont différentes en fonction de la nature du thème.

Zenit – Par exemple ?

P. Federico Lombardi – Parfois, ce sont des documents ou des décisions qui concernent un dicastère spécifique et alors, on les propose au pape et une fois approuvés, ils passent du dicastère à la Secrétairerie d’Etat et arivent à la Salle de presse. Parfois ce sont au contraire des décisions qui requièrent une consultation plus ample et le processus est donc différent, mais coordonné justement par la Secrétairerie d’Etat qui est le Secrétariat du pape pour le fonctionnement du gouvernement de l’Eglise.

Zenit – Ca n’empêche pourtant pas, disons, ce qui peut sembler des « ratés »… comme vous l’avez expliqué à La Croix (cf. Zenit du 6 février 2009).

P. Federico Lombardi – Lorsque je rencontre des groupes de journalistes qui me demandent de parler du Vatican je dis toujours que nous sommes en marche, et que nous pouvons mieux faire. Les problèmes que nous avons pu avoir les semaines passées sont un cas, une situation, mais tous, chaque jour, nous avons des situations différentes à gérer, également parce que les événements surgissent de façon différente. Il y a des choses qui s’ajoutent à l’improviste, des faits qui ne peuvent pas être prévus, et qui demandent donc une réponse très rapide. Et puis des questions de communication de documents, préparés pendant des années ou des mois qui arrivent avec une préparation antérieure. Dans l’entretien que j’ai donné à La Croix, j’ai voulu dire qu’au Vatican, nous sommes comme tout le monde, en chemin, nous pouvons apprendre à mieux faire notre devoir, que ce soit dans la recherche d’un langage approprié, ou que ce soit dans une préparation adéquate des communications, de la prévision, disons, des questions qui peuvent surgir, et donc des réponses possibles que nous devons avoir préparées. Cette expérience aussi nous enseigne à mieux faire.

Zenit – Dans l’affaire Williamson, il y a eu une sorte d’amalgame entre la décison de Benoît XVI et les déclarations négationnistes. Comment sortir d’une telle crise ?

P. Federico Lombardi – Je ne peux pas nier que nous avons dû faire face à de nombreuses demandes, à une certaine confusion de l’opinion publique, et que nous avons cherché à y répondre en indiquant très clairement les positions de l’Eglise, les intentions du pape en prenant telle ou telle décision, en dissipant les équivoques, c’est-à-dire en distinguant les déclarations de Williamson et le problème de l’excommunication des lefrebvristes : il a fallu faire ce travail de clarification. Je crois qu’à un moment donné, l’opinion publique n’arrivait pas à percevoir ce qui s’était vraiment passé, quelle était l’intention de la décision du pape, du fait que les déclarations absolument inacceptables de Williamson soient arrivées à peu près au même moment. Mais contrairement à ce que d’aucuns ont dit, il n’y a rien de « dramatique » ou « d’apocalyptique » : nous sommes vraiment sur le chemin du Seigneur, de l’Eglise, du service du pape. Nous avançons avec beaucoup de confiance.

Zenit – Comment évaluez-vous la communication du Saint-Siège ces dernières années ?

P. Federico Lombardi – A côté des récents problèmes, l’année 2008 par exemple a été une année de grands succès de communication pour le pontificat. Le voyage aux Etats-Unis a été splendide, le voyage en Australie et la Journée mondiale de la jeunesse, également, le voyage en France s’est très bien passé. Quant au synode sur la parole de Dieu, ce fut un très bel événement ecclésial avec une très bonne communication. On oublie trop vite ces aspects là et ces expériences positives qui, au cours des années, ont été des expériences très positives. Ce n’est pas juste. Cela fait partie de notre monde, qui, même dans le domaine des communications, fait beaucoup de bruit et tend à concentrer son attention sur un temps très bref en oubliant de regarder les choses avec un peu de distance et d’objectivité.

Zenit – Comment évaluez-vous la communication du Saint-Siège ces dernières années ?

P. Federico Lombardi – Maintenant que les choses ont été clarifiées, je crois que nous allons reprendre tranquillement notre chemin : nous avons devant nous l’important voyage du pape en Afrique. Il nous faut penser aux besoins de ce continent. Il va y avoir également tout le cycle des célébrations pascales pendant lesquelles le pape tient des homélies merveilleuses. Et nous espérons qu’il pourra se rendre en Terre Sainte : un voyage d’une importance historique, comme ceux de ses prédécesseurs.

Propos recueillis par Kris Dmytrenko

Rédaction française : Anita S. Bourdin

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ZENIT Staff

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