Vietnam : Des catholiques réprimés par la police

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Lutte pour la restitution des terrains de l’Eglise

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ROME, Vendredi 25 janvier 2008 (ZENIT.org) – Des catholiques de Hanoi ont été sévèrement réprimés par la police dans la cour de l’ancienne délégation apostolique, indique aujourd’hui « Eglises d’Asie » (EDA), l’agence des Missions étrangères de Paris.

 Dans le conflit qui oppose la communauté catholique de Hanoi essayant de récupérer le domaine de l’ancienne délégation apostolique et les autorités civiles, la tension est brusquement montée d’un cran au début de l’après-midi du 25 janvier. À l’issue d’une messe célébrée à la cathédrale, prêtres et laïcs sont revenus prier devant les bâtiments de la Délégation apostolique, mais cette fois-ci, le portail d’entrée du bâtiment contesté a été enfoncé, la foule a pénétré dans la cour, y a planté une croix et s’est heurté pendant plusieurs heures à la police. Il y aurait un assez grand nombre de blessés.

Les circonstances étaient exceptionnelles. Dans la matinée, le clergé de Hanoi, une partie des catholiques de la capitale (10 par paroisse) s’étaient réunis dans la cathédrale pour célébrer l’anniversaire du cardinal Pham Dinh Tung, ancien archevêque de Hanoi à la retraite. Le cardinal archevêque de Saigon, une grande partie des évêques du Vietnam, des prêtres de tous les diocèses, au total, plus de 3000 personnes avaient participé à cette eucharistie.

Déjà, avant la messe, quelques 2000 chrétiens étaient allés prier devant le bâtiment de l’ancienne Délégation apostolique. La messe achevée, aux alentours de 13 h 30, environ 100 prêtres et 2000 laïcs se sont à nouveau rendus dans la cour de la Délégation sous la pluie froide qui sévit actuellement à Hanoi. Des incidents se sont alors produits. Pendant la prière, quelques fidèles ont escaladé et franchi le portail d’entrée pour aller déposer des fleurs auprès de la statue de la vierge. La police les a poursuivis et frappés. Une chrétienne d’ethnie muong a été blessée la tête. D’autres personnes munies de caméras, d’appareils photo et de téléphones, ayant, elles aussi, suivi le même chemin, ont été dépouillées de leur équipement par les forces de l’ordre. La foule émue par le spectacle, a alors enfoncé la porte et transporté dans la cour une croix métallique de 4 m de haut, qu’elle a plantée dans le sol. Dans la cour, la bagarre est devenue générale et la police a frappé avec violence. Selon des sources rapportées par  Vietcatholic News, parmi les blessés se trouverait l’avocat Lê Quôc Quân, défenseur des droits de l’homme. Certains blessés graves auraient été amenés à l’hôpital en urgence. La police est venue prêter main-forte au service d’ordre déjà en place dans la cour de la délégation. Pendant ce temps, à l’extérieur, devant la porte enfoncée, les prières des prêtres et des laïcs se sont poursuivies.

Il est trop tôt pour déterminer les motifs précis de cette fièvre soudaine. Mais on peut noter que les déclarations d’un responsable du bureau des affaires religieuses, publiées dans la matinée du 24 janvier par l’agence officielle d’information du Vietnam, pourraient avoir contribué à faire monter la tension. Le fonctionnaire a répété qu’il n’existait pas de propriété privée au Vietnam, mais une propriété du peuple tout entier dont l’État est le représentant. Il a aussi regretté que les catholiques aient pris l’initiative d’occuper, à la paroisse de Thai Hà et à l’archevêché, des domaines gérés par l’État.

Au cours de la semaine dernière, un certain nombre d’informations avaient laissé entrevoir que des négociations pourraient avoir lieu entre autorités civiles et responsables religieux. Le président de la Conférence épiscopale avait, semble-t-il rencontré les autorités civiles au plus haut niveau à Hanoi. Dans des communications publiées par l’agence Vietcatholic news, Mgr Nguyên Van Sang a fait état de deux rencontres durant lesquelles il s’était entretenu au sujet des propriétés d’Eglise, une première fois avec un cadre administratif et, une seconde fois, avec un responsable des affaires religieuses. L’évêque avait laissé entrevoir quelque espoir.

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ZENIT Staff

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