ROME, Jeudi 9 novembre 2006 (ZENIT.org) - “Réduire l’impact environnemental de l’effet de serre est une question de justice, parce que ce sont les pauvres les plus frappés par le phénomène”, affirment les leaders chrétiens dans un document envoyé à la Conférence sur les changements climatiques de Nairobi. Fides, l’agence vaticane, fait le point.

“Prions pour que les participants à la rencontre mondiale des ministres de l’environnement, qui se déroule du 6 au 17 novembre à Nairobi, au Kenya, un pays concerné par le changement climatique, trouvent le courage d’agir face à l’urgence », affirme une déclaration commune signée par la Caritas Internationalis et par l’union des églises protestantes, All Africa Conference of Churches (AACC). Le document a été adressé aux participants à la 12e Conférence sur les changements climatiques qui s’est déroulée dans la capitale du Kenya, Nairobi.

«Nous encourageons les chrétiens durant la période de la Conférence à adhérer à des initiatives telles que : des prières communes, le partage d’informations sur le climat et sur ses effets, s’agrégeant à d’autres organisations pour la protection et la conservation de l’environnement et pour la sensibilisation sur les dangers des émissions d’anhydride carbonique, et appuyant les politiques nationales et internationales destinées à freiner ces émissions », continue la déclaration.

L’Afrique, qui contribue dans une mesure modeste à la production d’anhydride carbonique, a enregistré au cours des 100 dernières années une augmentation moyenne de la température de 0,5 degrés centigrades. Dans le document, on note que « la température s’est accrue d’une façon plus importante dans certaines zones, comme par exemple dans une partie du Kenya qui ces 20 dernières années a vu sa température augmenter de 3,5 degrés ».

Selon les représentants chrétiens, les changements climatiques augmentent la pauvreté et réduisent les moyens de subsistance de la majorité des populations africaines. La réduction progressive des glaciers du Mont Kenya et du Kilimandjaro, par exemple, a un impact négatif sur le cycle de la pluie en Afrique Orientale.

« La neige, qui a un moment a été une caractéristique permanente de ces montagnes, a disparu », affirme la déclaration des représentants religieux chrétiens qui citent les conclusions de plusieurs études selon lesquelles, si la température moyenne de la terre croit de plus de deux degrés, il y aura de nouvelles extinctions d’espèces et une augmentation supplémentaire de la faim et du manque d’eau. Se rappelant les valeurs chrétiennes, les rédacteurs du document concluent « nous croyons qu’au début, la gestion de la terre nous a été donnée par Dieu, mais nous croyons aussi que la bonne nouvelle pour les pauvres du monde est enracinée dans la justice ».

Selon un rapport de l’Institut International de Recherche sur le bétail, intitulé « Cartographie de la vulnérabilité et de la pauvreté en Afrique », les zones les plus vulnérables aux changements climatiques dans les 50 prochaines années correspondent aux régions où vivent les populations les plus pauvres de l’Afrique : Burundi et Rwanda, une bonne partie de l’Ethiopie, de l’Erythrée, le Sud-Ouest du Niger et le Sud du Tchad. Mais selon le rapport c’est toute l’Afrique qui est vulnérable aux changements provoqués par l’augmentation des températures. Déjà maintenant on note des cas de malaria dans des zones où avant il n’y en avait pas, comme certaines zones montagneuses du Kenya, où, de 1997 à aujourd’hui, on enregistre une augmentation des hospitalisations causées par la malaria de 250%.

Fides rappelle que les délégués réunis au Kenya sous l’égide des Nations Unies sont appelés à réfléchir sur l’avenir du traité de Kyoto de 1997, pour la limitation des émissions responsables de l’effet de serre, qui expirera en 2012. Les 6.000 délégués examinent les plus récentes découvertes scientifiques et se confrontent sur les nouvelles stratégies possibles à adopter pour réduire les émissions de polluants dans l’atmosphère.