Inde : Politique nationale d’éducation de l’Eglise pour les plus pauvres

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Décision de la 27e assemblée plénière de la Conférence épiscopale indienne

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ROME, Mercredi 8 mars 2006 (ZENIT.org) – A l’issue de la 27e assemblée plénière de la Conférence épiscopale indienne, l’Eglise catholique a décidé d’établir une politique nationale d’éducation en faveur des plus pauvres, indique ‘Eglises d’Asie”, l’agence des Missions étrangères de Paris (EDA 436, eglasie.mepasie.org).

A l’issue de la 27e assemblée plénière de la Conférence des évêques catholiques d’Inde (CBCI), l’Eglise catholique a exprimé sa volonté de formaliser sa politique nationale en matière éducative, en prévoyant d’accueillir plus d’enfants marginalisés dans les établissement scolaires catholiques, en favorisant la construction de foyers dans les régions rurales et en accordant plus d’attention aux personnes handicapées par le biais de formations spécialisées. Cette tâche sera confiée à la Commission pour l’enseignement et la culture, qui est rattachée à la Conférence épiscopale.

Les évêques catholiques de l’Inde, qui s’étaient réunis du 8 au 15 février, autour du thème : « L’enseignement catholique : préoccupation de l’Eglise en faveur des plus pauvres » (1), souhaitent « créer une nouvelle Inde, en permettant à chaque enfant pauvre d’être scolarisé et en procurant aux plus défavorisés des conditions de développement qui leur permettront de participer à la vie du pays ». Ils ont également réitéré l’importance pour l’Eglise catholique d’accueillir toute personne, sans distinction d’appartenance sociale ou religieuse.

Dans son discours de clôture, le cardinal Toppo, président de la CBCI, a défini la notion de « personnes marginalisées » comme étant « les dalits, les aborigènes, les personnes se situant en bas de l’échelle sociale, les migrants, les réfugiés, les filles et les personnes souffrant de handicaps ». La marginalisation, a-t-il rappelé, « est un phénomène existant depuis les premiers jours de notre pays, il est le résultat du système des castes. » La société indienne a traditionnellement séparé les Indiens en fonction de leur appartenance à une caste. La hiérarchie sociale du système des castes place la caste des prêtres, les Brahmin, en haut de l’échelle, suivi de la caste des guerriers, les Kshatriya, de la caste commerçante, les Vaisya, et de celle des ouvriers, les Sudra. Les dalits, autrefois appelés « intouchables », sont exclus de cette hiérarchie, quant aux aborigènes, ils n’existent ni à l’intérieur ni à l’extérieur de ce système. Le cardinal Toppo a aussi souligné que le système des castes avait « des répercussions sur l’Eglise », et qu’il était important de rappeler que ce système « était condamnable et conduisait au péché ».

La Conférence épiscopale a également mis en évidence l’importance de l’éducation, qui est « la clé » permettant aux populations marginalisées de « jouir de la dignité que Dieu leur a donnée ». Elle a notamment demandé au gouvernement de débloquer davantage de fonds et de créer plus de structures éducatives pour les plus démunis (2), tout en les assurant de sa « coopération totale » en la matière.

Afin de respecter la volonté de scolariser chaque enfant, le président de la CBCI a promis que l’Eglise catholique s’engageait à ce que les écoles catholiques accueillent tous les enfants de la communauté catholique locale. Selon la Constitution indienne, les minorités religieuses du pays, par conséquent les chrétiens, disposent du droit de gérer leurs institutions éducatives de manière indépendante, pour le développement de leur propre communauté. « Nous aurons volontairement une politique de quotas favorisant l’inscription d’enfants marginalisés dans nos écoles », a ajouté Mgr Placidus Toppo.

Pour finir, l’archevêque de Ranchi s’est adressé d’une part aux parents, en leur rappelant qu’ils étaient « les premiers éducateurs de leurs enfants », que « nos institutions existent pour vous aider à remplir les responsabilités que Dieu vous a données », et d’autre part aux jeunes, en les encourageant : « Vous êtes l’espérance de notre société et l’avenir de notre nation. Utilisez à bon escient les opportunités qui vous sont offertes pour grandir et construire un avenir meilleur en faveur de ceux qui sont moins chanceux que vous. »

Selon les dernières statistiques communiquées par la CBCI, 20 370 établissements scolaires gérés par l’Eglise scolarisent dix millions d’enfants, dont 28 % sont chrétiens, le reste des élèves étant majoritairement hindous ou musulmans. 58 % de ces écoles sont situées en zone rurale et 54,4 % des élèves sont des filles.

(1) Voir EDA 435
(2) Selon des statistiques officielles récentes, 80 % des Indiens vivent avec moins de deux dollars US par jour.

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ZENIT Staff

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