Madagascar: Appel d’un missionnaire pour une solidarité immédiate

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CITE DU VATICAN, Mercredi 17 mars 2004 (ZENIT.org) – Cent-quinze morts, 165 disparus et 120.000 sans abri: voici le bilan fourni le 16 mars par la radio d’Etat de Madagascar, où l’évaluation des dégâts causés par le passage du cyclone Gafilo demandera encore beaucoup de temps, annonce l’agence missionnaire italienne Misna.

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« Le Centre national de secours a fourni en fin d’après-midi un ajournement officiel des dégâts. Le scénario est désastreux et préoccupant, surtout parce que ces chiffres sont encore provisoires » confirme à l’agence Misna le Père Cosimo Alvati, directeur de la rédaction de Radio Don Bosco, la radio des salésiens à Antananarivo, la capitale du pays africain.

Le missionnaire lance un appel à travers l’agence Misna: « la vraie priorité en ce moment est de rétablir les voies de communication entre l’Andoharano et Ambanja, afin que les secours puissent arriver au plus vite. Il faut envoyer des unités d’intervention amphibies et aériennes pour évacuer les blessés et amener de l’aide. En tant que missionnaire italien, je demande l’intervention du gouvernement italien et de tous les gouvernements du monde afin qu’ils envoient au plus vite des secours ».

« Les régions les plus touchées sont celles du nord, en particulier celle de Diego Suarez (Antsiranana) où se trouvent Ambanja et la vallée du Sambirano (Andoharano): près de 200.000 sans abris, 58 morts, 177 disparus et 526 blessés » continue Père Cosimo. « Les besoins en nourriture et en médicaments sont de plus en plus pressants et urgents pour la population d’Andoharano, restée isolés après la crue du cours d’eau. Le risque de mort et d’épidémie est très élevé, surtout pour les enfants et pour les personnes âgées ».

Le problème alimentaire risque de devenir très sérieux si la communauté internationale ne se hâte pas à envoyer les cargaisons de denrées alimentaires. Le PAM (Programme alimentaire mondial) indique avoir prédisposé l’envoi de 20 tonnes d’aliments de première nécessité mais qu’il en faudrait au moins 7 fois plus. Dans la zone Ambanja, et en particulier au village de Bemaneviky, « la situation est vraiment critique, comme dans toute la région de l’Andoharano » poursuit l’interlocuteur de la Misna. « Quatre-vingt dix pour cent des maisons de ce village sont complètement détruites ou sérieusement endommagées, et c’est le même bilan pour tous les villages en bordure du Sambirano. L’eau s’est retirée et a laissé la place à la boue, qui dépasse souvent 50 centimètres de profondeur » continue le religieux.

« La seule route entre Ambanja et Andoharano s’est transformée en une masse informe d’eau et de boue, impraticable. Le cours d’eau est resté le seul moyen d’atteindre la population de la région, environ 40.000 personnes ».

Plus d’une semaine après l’arrivée de Gafilo, explique Père Alvati, « il y a un besoin urgent de nourriture, d’eau et de médicaments. Les récoltes de riz sont perdues, tout comme toutes les autres réserves. Les crues ont détruit ou rendu inutilisables les quelques puits d’eau douce et les gens sont obligés de boire l’eau du fleuve ou des flaques, avec les graves risques pour la santé que cela comporte. La malaria et la diarrhée ont commencé à se diffuser, mais sans médicaments, on ne peut rien faire.

Pour le moment, un minimum de nourriture et de médicaments provenant Ambanja sont assurés par une petite embarcation des autorités locales et par la navette des canoës (les « lakana ») des pêcheurs de la zone, mais la quantité de matériel qui peut être transporté est tout à fait insuffisante. Aucune aide n’a encore été envoyée par le gouvernement, qui ne parvient pas à faire face à un cataclysme national de cette ampleur ».

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ZENIT Staff

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