Philippines/Mindanao: Rançon payée, mais les otages ne sont pas libérés

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Missionnaires américains et infirmière philippine aux mains d´Abu Sayyaf

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CITE DU VATICAN, Jeudi 9 mai 2002 (ZENIT.org ) – Malgré le paiement d’une rançon de 300 000 dollars, le couple de missionnaires américains et l’infirmière philippine détenus par le groupe Abu Sayyaf n’ont toujours pas été libérés, selon la revue des Missions étrangères de Paris, « Eglises d´Asie », dans son édition du 1er mai (EDA, cf. eglasie.mepasie.org).

Le 9 avril dernier, au lendemain de la libération du missionnaire italien, le P. Pierantoni Giuseppe, retenu en otage par le groupe Pentagone, le ministre de l’Intérieur philippin avait déclaré que la libération de Martin et Gracia Burnham, un couple de missionnaires protestants américains, et de Deborah Yap, une infirmière philippine, détenus depuis près de onze mois par le groupe Abu Sayyaf était “ une question de jours ”. Quinze jours plus tard, le 25 avril, Paul Burnham, le père de Martin Burnham, s’est adressé en ces termes aux ravisseurs de son fils sur les ondes de RMN, Radio Mindanao Network, station de radio basée à Zamboanga : “ Au nom de la famille et des enfants de Martin et Gracia, nous demandons respectueusement à Abu Sayyaf et à (son chef) Khadafy Janjalani d’honorer leur engagement envers nous. ” Dans son message radiodiffusé, Paul Burnham n’a pas fait mention explicitement du versement d’une rançon mais un responsable gouvernemental américain a déclaré qu’une somme de 300 000 dollars avait été payée à la fin du mois de mars dernier.

Selon l’agence Reuters, ce responsable américain a précisé qu’au début des négociations entre Abu Sayyaf et la famille Burnham, les ravisseurs philippins demandaient 2 millions de dollars en échange de la liberté du couple. Selon Paul Burnham, un accord a été conclu avec un représentant d’Abu Sayyaf le 13 mars dernier et, le 26 mars, un message lui est parvenu selon lequel les otages “ allaient être relâchés très bientôt ”. Un mois plus tard, Paul Burnham a décidé de s’exprimer publiquement et directement, via la radio RMN, à Abu Sayyaf car lui et ses proches sont profondément attristés du fait que le groupe de ravisseurs a récemment fait savoir qu’il ne libérerait pas les otages “ avant que les demandes supplémentaires soient satisfaites ”. Selon la dépêche de l’agence Reuters, il n’a pas été précisé si ces “ demandes supplémentaires ” concernent le versement d’une nouvelle somme d’argent ou bien des garanties quant à la sécurité des hommes d’Abu Sayyaf à qui l’armée philippine, épaulée depuis janvier dernier par des commandos américains, mène la chasse sur les îles de Basilan et de Jolo. Le jour de l’appel de Paul Burnham, un accrochage entre des militaires philippins et des hommes d’Abu Sayyaf sur l’île de Jolo a fait quatre morts, deux membres d’Abu Sayyaf et deux civils.

Paul Burnham a également déclaré que lui et sa famille, conscients de la complexité de la situation sur place à Mindanao, avaient avec constance demandé aux gouvernements américain et philippin de “ faire preuve de retenue et de modération ”. Mais, après la non-libération des trois otages, il n’a pas caché son désarroi : “ Notre famille a fait ce que Abu Sayyaf lui avait demandé de faire. Il semble aujourd’hui qu’ils n’aient pas l’intention de respecter la parole qu’ils nous avaient donnée. Une famille pourra-t-elle jamais faire confiance aux promesses d’Abu Sayyaf à l’avenir ? Est-il inutile de passer des accords avec eux ? ”, ajoutant pour conclure : “ Relâcher Martin, Gracia et Deborah est un geste humanitaire de compassion et une bonne action qui aurait un impact positif pour Abu Sayyaf et la cause que (le groupe) défend.

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ZENIT Staff

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