CITE DU VATICAN, Lundi 5 novembre 2001 (ZENIT.org) - "Quand les personnes ne peuvent plus faire face à leurs besoins fondamentaux à cause de la guerre, de la pauvreté, d’un mauvais gouvernement ou d’une mauvaise gestion, ou encore à cause de catastrophes naturelles, les autres ont le devoir moral d´intervenir pour venir à leur secours", affirme Jean-Paul II. Le pape rappelle en même temps que la terre est en mesure de nourrir l´humanité. Or, ce qui est en jeu, ce n´est pas seulement «la sécurité alimentaire», affirme Jean-Paul II, mais «la paix mondiale».

Le pape Jean-Paul II a adressé, le samedi 3 novembre, un message à la XXXIe conférence de la Fondation de l´ONU pour l´alimentation et l´agriculture (FAO) dont le siège est à Rome. Cette conférence se tient en la Ville éternelle du 2 au 13 novembre. Le cardinal secrétaire d´Etat Angelo Sodano a porté le message du pape à l´assemblée. Cette rencontre se situe, souligne le pape, entre le «Sommet mondial de l’Alimentation» de 1996, et le «Sommet mondial de l’Alimentation - cinq ans après» prévu pour juin 2002.

Le pape exprime le vœu que, "malgré la situation internationale difficile, le monde puisse, l’an prochain, apprendre qu’un réel progrès a été accompli dans ce domaine absolument vital de l’alimentation".

Face à l´actualité, le pape rappelle l´exigence de justice. "À la suite des terribles événements du 11 septembre, écrit-il, de vastes débats ont été engagés en ce qui concerne la justice et l’urgence de corriger les injustices. Dans une perspective religieuse, l’injustice est le déséquilibre radical où l’homme s’élève contre Dieu et contre son frère, si bien que règne le désordre dans les rapports humains. À l’inverse, la justice est cette complète harmonie entre Dieu, l’homme et le monde que la Bible décrit comme le Paradis. Bien des injustices dans le monde transforment la terre en un désert: la plus impressionnante de toutes ces injustices est la faim dont souffrent des millions de personnes, avec les inévitables répercussions sur le problème de la paix entre les nations".

Jean-Paul II cite à ce propos la phrase fameuse de Paul VI en 1967: "Le développement est le nouveau nom de la paix" (cf. Populorum progressio, nn. 76-77). Le premier aspect du développement, insiste Jean-Paul II "est la décision d’assurer à tout homme, à toute femme et à tout enfant l’accès à la nourriture dont il a besoin". Ce qui est en jeu, ce n´est donc pas seulement «la sécurité alimentaire», affirme Jean-Paul II, mais «la paix mondiale».

"Les premières pages de la Bible, rappelle Jean-Paul II, décrivent l’abondance luxuriante du monde créé et elles affirment que tout ce dont l’homme peut avoir besoin lui a été donné afin qu’il mène une vie digne d’une créature faite à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26). Il n’est donc pas possible que, dans le monde, des millions de personnes soient sous-alimentées ou affamées. La terre est en mesure de leur procurer le nécessaire et donc, la cause du manque de nourriture doit être recherchée ailleurs".

"Une gestion équitable des biens de la création a fait défaut", constate le pape, "avec une évidente inégalité du partage des ressources". La Conférence, continue Jean-Paul II, "veut s’engager à être comme un signe d’espérance pour le monde, manifestant qu’il y a des personnes déterminées à pratiquer une gestion responsable et inventive, visant à garantir «la sécurité alimentaire» pour chaque composante de la famille humaine".

"Tout être humain jouit du droit inviolable d’avoir une nourriture correcte et que tous les hommes, en particulier ceux qui ont des postes de responsabilité, ont par conséquent le devoir de s’assurer que ce droit est respecté", affirme le pape: "C’est un principe que nous devrons appliquer non seulement pour les individus, mais aussi pour les nations: quand les personnes ne peuvent plus faire face à leurs besoins fondamentaux à cause de la guerre, de la pauvreté, d’un mauvais gouvernement ou d’une mauvaise gestion, ou encore à cause de catastrophes naturelles, les autres ont le devoir moral d’intervenir pour venir à leur secours".

C´est pourquoi le pape encourage "toutes les initiatives concrètes qui s’avéreraient nécessaires pour affronter le problème d’une manière efficace et durable".

Le pape encourage tout particulièrement la remise de la dette des pays pauvres. "Parmi les initiatives que je voudrais tout particulièrement encourager, dit-il, il y a la décision prise par les nations les plus riches de consacrer une part de leur produit intérieur brut au développement des pays les plus pauvres et de faire tous les efforts possibles pour réduire le poids de leur dette extérieure. Il faut persévérer dans ces efforts, même lorsque des nécessités urgentes, sur le plan national ou international, pousseraient à y renoncer".