ROME, Mardi 6 octobre 2009 (ZENIT.org) - Le Saint-Siège s'efforce de faire comprendre au monde que le moment est venu de passer de la dissuasion nucléaire, qui a caractérisé la période de la Guerre froide, à la confiance. 

Cet engagement du Saint-Siège est expliqué par le père Federico Lombardi s.j., directeur de la salle de presse du Saint-Siège, dans son éditorial publié sur « Octava Dies », le bulletin d'information du Centre de télévision du Vatican, dont il est aussi le directeur. 

« La dissuasion nucléaire n'est plus justifiable de nos jours » souligne-t-il en renvoyant au discours prononcé par Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, le 24 septembre dernier, à New York, lors d'une session du Conseil de sécurité sur le thème : « le désarmement et la non prolifération nucléaire ». 

« Les armes nucléaires agressent la vie sur la planète, agresse la planète elle-même et donc son processus de développement », avait souligné à cette occasion Mgr Mamberti, marquant une nouvelle fois la totale adhésion et solidarité du pape en faveur du désarmement et de la non prolifération nucléaire. 

« Hélas, relève toutefois le père Lombardi, bien que signé depuis de longues années par de très nombreux pays, le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires n'est pas encore entré en vigueur, un certain nombre d'Etats ne l'ayant pas encore ratifié voire même signé, dont certains dotés d'une capacité nucléaire avancée ».

« Ce Traité, a rappelé Mgr Mamberti, apporterait non seulement une réponse significative aux risques de prolifération nucléaire et à la menace de terrorisme nucléaire, mais permettrait aussi de donner un nouvel élan au désarmement nucléaire ». 

D'où la nécessité, a insisté le porte-parole du Saint-Siège, de passer « d'un climat de menace à un climat de confiance ». Car, dit-il, « il n'y a que comme ça que l'on peut promouvoir la paix et garantir le développement des peuples ».  

« Le 'désarmement total', poursuit le père jésuite, est une des directions qu'indique Benoît XVI, dans son encyclique, à la communauté internationale et à l'organisation des Nations unies pour ‘donner une dimension vraiment concrète au concept de famille des nations' ».

« Où voulons-nous aller? Nous savons tous combien de forces et de ressources économiques et intellectuelles les armements soustraient à l'engagement pour le développement et à la lutte contre la faim, et combien de dégâts ils provoquent dans les relations entre les peuples. L'Eglise ne se lassera jamais de le répéter », a conclu le père Lombardi. 

La véritable interview du cardinal Castrillón sur l´affaire Williamson

ROME, Vendredi 2 octobre 2009 (ZENIT.org) – La traduction et l’adaptation d’un entretien accordé à un journal allemand par le cardinal Darío Castrillón Hoyos sur l’évêque négationniste Richard Williamson, membre de la Fraternité Saint-Pie X, ont donné lieu à des interprétations contradictoires dans les médias à travers le monde.

Le cardinal Castrillón, ancien président de la Commission pontificale « Ecclesia Dei », chargée de l’accueil dans l’Eglise catholique des membres de la Fraternité Saint-Pie X, et ancien président de la Congrégation pour le clergé, a fait savoir à ZENIT qu’il n’a jamais fait certaines des déclarations qui lui ont été attribuées après la publication, le 25 septembre, de son entretien au Süddeutsche Zeitung.

Certains médias ont par exemple affirmé que le cardinal Castrillón contredisait l’évêque catholique de Stockholm, Mgr Anders Arborelius, O.C.D., qui avait révélé dans un entretien et un communiqué qu’il avait informé le Saint-Siège sur les positions négationnistes de Richard Williamson. Le cardinal Castrillón ne nie à aucun moment ces faits. Il explique simplement que l’information ne lui avait pas été transmise.

Le cardinal Castrillón a remis à ZENIT le texte original, en espagnol, de son entretien avec le Süddeutsche Zeitung (cf. Zenit du 29 septembre). Il explique notamment que la levée de l’excommunication par le pape Benoît XVI avait uniquement pour objectif de renforcer la communion dans l’Eglise.

« Monseigneur Marcel Lefebvre a commis un acte de rébellion quand, en 1988, il a ordonné quatre évêques sans mandat pontifical. C’est un acte schismatique. Et donc, pour avoir agi contre la loi de l’Eglise, l’évêque qui a procédé aux ordinations sacerdotales, Mgr Lefebvre, et les quatre évêques ordonnés par lui, ont été excommuniés. C’est la cause et le problème que l’on veut résoudre dans ce processus », a-t-il expliqué.

« C’est ce qu’ont voulu faire les deux derniers papes pour restaurer l’unité de l’Eglise », a-t-il ajouté.