Des documents, récemment mis au jour par TV Perú Noticias et conservés par les Archives nationales de l’immigration du Pérou, offrent un aperçu rare des convictions personnelles d’un homme qui, une décennie plus tard, allait devenir évêque de Rome
Bien avant d’apparaître au balcon de la basilique Saint-Pierre sous le nom de pape Léon XIV, Robert Francis Prevost avait déjà fait une déclaration d’engagement d’un tout autre ordre. Des documents récemment rendus publics, issus des archives de l’immigration péruviennes, révèlent que, lors de sa demande de nationalité péruvienne en 2015, le futur pontife avait écrit au président de l’époque, Ollanta Humala, pour lui faire part de son désir de « rester au Pérou pour le reste de ma vie ». Christianisme Ces documents, récemment mis au jour par TV Perú Noticias et conservés par les Archives nationales de l’immigration du Pérou, offrent un aperçu rare des convictions personnelles d’un homme qui, une décennie plus tard, allait devenir évêque de Rome.
Ils aident également à expliquer pourquoi le Pérou occupe une place si importante dans le cœur du pape et pourquoi son prochain voyage dans ce pays, prévu en novembre, est attendu avec une émotion inhabituelle. Alors que le pape Léon XIV s’apprête à retourner au Pérou en tant que souverain pontife, ces dossiers révèlent un chapitre de sa vie qui n’a jamais été purement administratif. Sa demande de naturalisation était l’aboutissement d’années de service missionnaire et pastoral au sein des communautés péruviennes, en particulier dans le nord du Pérou, où il exercera plus tard la fonction d’évêque de Chiclayo.
La lettre manuscrite jointe à son dossier de naturalisation se distingue non seulement par son objet officiel, mais aussi par son ton. Plutôt que de se présenter comme un ecclésiastique étranger affecté temporairement en Amérique latine, Prevost y décrivait une relation avec le Pérou forgée au fil de nombreuses années et affirmait clairement son intention d’y vivre indéfiniment. Cette déclaration est particulièrement frappante avec le recul, sachant que, quelques années plus tard seulement, le pape François l’appellerait à Rome pour lui confier des responsabilités de plus en plus importantes dans la gouvernance de l’Église universelle. La procédure de naturalisation elle-même a suivi les mêmes exigences que celles imposées aux autres candidats.
Les archives indiquent que Prevost a passé avec succès les examens d’histoire, de géographie et de culture péruviennes requis à l’époque. Selon Héctor Pérez, haut responsable chargé des archives de l’immigration, le futur pape a obtenu l’une des meilleures notes qu’il ait jamais constatées lors de l’examen des dossiers de naturalisation.
La nationalité péruvienne a été officiellement accordée à Prevost en septembre 2015, l’année même où il est devenu évêque de Chiclayo. Il conserve à la fois la nationalité américaine et péruvienne, une double identité que de nombreux Péruviens ne considèrent pas comme une simple formalité juridique, mais comme la preuve d’un lien authentique forgé par des années d’expériences partagées. Guides de voyage et récits de voyage Ces expériences ont souvent été marquées par des épreuves. Pendant près d’une décennie à la tête du diocèse de Chiclayo, Mgr Prevost a accompagné les communautés locales à travers certains des moments les plus difficiles de l’histoire récente du Pérou. Il était présent lors des inondations dévastatrices liées au phénomène El Niño, pendant la pandémie de COVID-19 qui a frappé le Pérou avec une sévérité exceptionnelle, et lors de l’arrivée d’un grand nombre de migrants vénézuéliens en quête de refuge et d’opportunités.
Ceux qui ont travaillé à ses côtés durant ces années se souviennent souvent d’un évêque plus à l’aise au sein des familles ordinaires que lors des cérémonies ecclésiastiques. Cette réputation aide à expliquer le geste spontané qui a surpris de nombreux observateurs le soir de son élection. Lors de sa première apparition publique en tant que pape, Léon XIV a pris le temps de saluer son « bien-aimé diocèse de Chiclayo », remerciant un peuple fidèle qui avait cheminé aux côtés de son évêque et contribué à bâtir une Église locale dynamique. Pour de nombreux Péruviens, ces paroles ont transformé une élection papale historique en un événement profondément personnel. Le nouveau pape n’était pas simplement un ancien missionnaire ayant œuvré dans le pays. C’était quelqu’un qui avait choisi le Pérou, en avait demandé la nationalité et avait publiquement exprimé son désir d’en faire sa résidence permanente. Ce contexte confère une signification particulière au voyage apostolique prévu en novembre.
Le Pérou accueillera la dernière étape d’une tournée sud-américaine plus large qui inclura également l’Uruguay et l’Argentine. Après son arrivée à Lima, le pape devrait se rendre à Chiclayo, une ville qui reste étroitement liée à son ministère épiscopal. L’itinéraire se poursuivra ensuite vers Cusco, le cœur historique de l’ancien empire inca, avant de s’achever à Pucallpa, en Amazonie, où l’attention devrait se porter sur les communautés autochtones et les défis auxquels elles sont confrontées. Dix ans après avoir signé les documents qui ont fait de lui un citoyen péruvien, Léon XIV revient non pas en tant qu’ancien évêque revisitant une ancienne affectation, mais en tant que Successeur de Pierre retournant dans un pays qu’il croyait autrefois être sa patrie pour la vie. Guides de voyage et récits de voyage
