ROME, Jeudi 18 juin 2009 (ZENIT.org) - Après l'arrestation de l'avocat catholique Lê Công Dinh, au Vietnam, les réactions de réprobation, à l'intérieur et à l'extérieur du pays, sont quasi unanimes, rapporte « Eglises d'Asie » (EDA), l'agence des Missions étrangères de Paris.

Le 13 juin 2009, la Sécurité vietnamienne a arrêté l'un des plus célèbres avocats du Vietnam, Me Lê Công Dinh, pour diffusion de propagande antigouvernementale et collusion avec des groupes étrangers. Dans la presse nationale aussi bien qu'étrangère, sur les blogs et les sites de la diaspora, les articles se sont multipliés à son sujet. Certaines informations ont fait état de détails de la vie privée de l'avocat : son mariage avec Miss Vietnam, son appartenance religieuse - il est en effet de religion catholique et porte le nom de Dominique. On a aussi mentionné qu'il faisait parti de cette génération d'avocats formés au Vietnam depuis la fin des années 1980 après que l'enseignement du droit, supprimé des universités pendant quelques années après la mise en place du nouveau régime, eut été rétabli. Ce sont eux qui, aujourd'hui, forment, le gros de la troupe des militants pro-démocratiques du pays. Lui-même a poursuivi ses études de droit en France et aux Etats-Unis.

Si la presse officielle s'est contentée de reprendre et de commenter l'acte officiel d'accusation contre l'avocat et de recueillir des témoignages apparemment « scandalisés » de citoyens vietnamiens (1), la presse, les sites Internet, les organisations humanitaires installées à l'étranger lui ont largement accordé leur soutien. Des communiqués de protestation ont été publiés par les principales organisations internationales des droits de l'homme comme Human Rights Watch, Amnesty International, Reporters sans frontières, etc. Le 16 juin, un communiqué des Affaires étrangères américaines demandait la libération immédiate et sans condition de Me Lê Công Dinh. Le poids de ces réactions internationales a été tel que le porte-parole des Affaires étrangères vietnamiennes, dans une déclaration à la presse internationale, le 17 juin, s'est vu obligé de justifier publiquement l'intervention gouvernementale : « L'arrestation de Lê Công Dinh s'est déroulée selon les dispositions de la loi vietnamienne, a-t-il dit. L'avocat a enfreint la loi vietnamienne et s'est associé à un certain nombre d'éléments étrangers pour agir contre l'Etat vietnamien. »

L'avocat a été arrêté, le samedi 13 juin 2009, chez lui, dans le quartier de My Khang, VIIème arrondissement de Saigon. Les journaux vietnamiens, qui ont annoncé la nouvelle le jour même et l'ont commenté le jour suivant, ont précisé qu'il était coupable de propagande déformant la législation du pays et d'association avec des forces réactionnaires résidant à l'étranger (Công An Nhân Dân). Le ministère de la Sécurité a précisé que si l'avocat avait été arrêté « en urgence », c'est à cause de ses rapports étroits avec de nombreuses organisations et éléments complotant depuis l'étranger pour faire éclater des troubles à l'intérieur du pays et renverser le pouvoir populaire. Des fonctionnaires de la Sécurité gouvernementale ont même donné avec précision un certain nombre de noms d'organisations et de personnalités avec lesquelles l'avocat aurait été en relation. C'est à travers tout ce réseau, que, selon le Saigon Giai Phong, l'avocat aurait fait circuler des documents calomnieux et mensongers à l'égard du gouvernement. Il a diffusé des circulaires portant sur des questions sensibles, comme l'exploitation de la bauxite, ou encore la souveraineté vietnamienne sur les archipels contestés des Spratly et des Paracel. Il aurait ainsi acquis un très grand renom à l'étranger où il a été invité plusieurs fois à des cessions de formation à l'action non violente. L'édition du 17 juin du Saigon Giai Phong prévoit que, pour toutes ces infractions, le ministère public pourrait requérir contre l'avocat une peine allant de trois à vingt ans de prison.

A l'étranger, les articles de presse favorable à l'avocat ont fait valoir sans peine la faiblesse des raisons invoquées pour justifier l'arrestation de Me Lê Công Dinh. On a en particulier souligné que celui-ci, en tant qu'avocat, avait parfaitement le droit d'exprimer publiquement ses conceptions et ses prises de position. Par ailleurs, au même titre, il ne pouvait être sanctionné pour avoir défendu et soutenu des clients, même dissidents, venus recourir à ses services.

(1)           Voir par exemple le Saigon Giai Phong du 14 juin 2009.

© Les dépêches d'Eglises d'Asie peuvent être reproduites, intégralement comme partiellement, à la seule condition de citer la source.

Corée du nord : Appel de la Caritas pour les populations qui souffrent

ROME, Mercredi 17 juin 2009 (ZENIT.org) – Selon la Caritas, pour mettre fin à la situation dramatique que vit la Corée du nord, au lieu d’agir au niveau militaire, il faudrait plutôt penser à soulager les pauvres de leur très grande souffrance.

Les membres de Caritas Internationalis d’ Asie, d’Amérique du Nord et d’Europe, se sont rencontrés la semaine dernière à Pékin (Chine) pour discuter de la situation dans la péninsule coréenne, et des croissantes tensions qui l’affligent.

Un communiqué de Caritas internationalis rappelle que les Nations unies ont imposé des sanctions à la Corée du Nord après que le gouvernement de Pyongyang ait procédé à des tests d’armes nucléaires et affirmé qu’il entendait renforcer son programme d’armements.

Dans ce contexte, la Caritas demande la dénucléarisation de la région pour pouvoir soutenir un développement pacifique.

Aussi encourage-t-elle la mise en œuvre de discussions de paix qui proposent des solutions concrètes pour les Nord-Coréens, déclarant que celles-ci représentent la meilleure manière d’éviter toute escalade qui puisse porter à une action militaire. Elle estime, par la même occasion, que le recours au conflit armé aurait des conséquences dévastatrices pour les pauvres de la Corée du Nord et déstabiliserait la région.

La crise humanitaire en Corée du Nord est de plus en plus grave. Au moins 8,7 millions de personnes (sur une population totale de 23 millions) ont besoin d’une assistance alimentaire, mais peu la reçoivent et les aides subiront d’autres coupes par manque de financements. Dans d’autres zones, les infrastructures sanitaires et d’éducation frôlent l’effondrement.