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Synode des évêques, veillée avec les jeunes © Vatican Media

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Synode: « La jeunesse est une bénédiction pour l’Église »

L’accompagnement, rapport du 3e groupe francophone

« La jeunesse est une bénédiction pour l’Église car ses questions et attentes l’éveillent à son désir de vivre et proclamer sa foi au Christ qui conduit au Père par l’Esprit », réaffirme le rapport du 3e groupe linguistique francophone au synode, qui est publié par le Saint-Siège ce 16 octobre 2018.

Ce groupe est coordonné par le cardinal archevêque de Bangui, Dieudonné NZAPALAINGA, C.S.Sp.,  et le rapporteur en est le p. Bruno CADORÉ, O.P., maître des dominicains.

Ce groupe souligne notamment les conditions d’un accompagnement personnel en Eglise: « Pour l’accompagnement personnel sont requises la compétence à l’écoute, la capacité de distinguer les différentes dimensions de la vie humaine intégrale qu’on accompagne, la détermination d’un respect absolu de la liberté de conscience de chacun, le souci d’être toujours d’abord témoin du mystère de la miséricorde qui accueille, pardonne et sans cesse donne à nouveau de vivre. »

AB

Rapport – Circulus Gallicus C

Modérateur: Card. Dieudonné NZAPALAINGA, C.S.Sp.
Rapporteur: p. Bruno CADORÉ, O.P.

Les nombreux témoignages et prises de parole qui nous ont été offerts pendant ces derniers jours nous ont donné la conviction que la jeunesse est une bénédiction pour l’Église car ses questions et attentes l’éveillent à son désir de vivre et proclamer sa foi au Christ qui conduit au Père par l’Esprit. C’est pourquoi la réflexion du groupe Gallicus C a abordé le thème «Foi et discernement vocationnel chez les jeunes» en le situant dans la perspective de la vocation de l’Église: accompagner l’humanité vers la rencontre du Christ. Comment cette vocation peut-elle orienter la proposition d’une pastorale vocationnelle pour les jeunes?

L’Instrumentum laboris propose un certain nombre de références bibliques et de figures de Jésus auxquelles une ou un jeune peut aisément s’identifier, découvrant le rôle qui est le sien dans l’histoire du salut. Néanmoins, au-delà d’une approche anthropocentrique, la dynamique vocationnelle appelle à situer cette découverte de Jésus «jeune parmi les jeunes» dans la perspective d’une théologie trinitaire où Jésus l’évangélisateur se révèle Fils du Père, animé dans sa mission par l’Esprit. L’enjeu est d’ouvrir aux jeunes le chemin de la maturité de la foi: d’un côté contemplant l’œuvre de l’Esprit qui bâtit, dirige et rajeunit l’Église et, d’un autre côté, accueillant la grâce de l’Esprit qui conduit chacun à prendre sa place propre dans la vie de l’Église comme dans le monde. D’où notre question pour l’Église latine: le sacrement de la confirmation ne devrait-il pas être mis au cœur de cette dynamique vocationnelle?

Mais comment prendre soin de la vocation unique de chacun? Le dialogue avec les jeunes a manifesté leur détermination à prendre, par le témoignage de vie et par la riche créativité de leurs engagements, leur part propre de coresponsabilité dans la transmission de la foi de l’Église. Une pastorale vocationnelle proposera donc une lecture de cette générosité de la vocation baptismale de chacun, du point de vue de la vocation fondamentale de l’Église, sacrement du salut dans le monde. C’est à partir de cet appel de tous à la sainteté que peuvent se décliner les différents sens du terme vocation. Chaque jeune est à la fois Nathanaël déjà connu et appelé alors qu’il est encore sous son figuier (Jn 1, 47-48), et ce jeune homme qui par les pains et les poissons qu’il porte permet d’ouvrir le mystère de la multiplication (Jn 6, 9-11). Chacun doit en effet être aidé à découvrir, par sa rencontre personnelle avec le Christ, en même temps le caractère unique de son épanouissement humain personnel, et sa capacité à contribuer à la communion entre tous. Le dynamisme du discernement vocationnel cherchera à mettre au jour pour chacun cet équilibre entre la liberté personnelle qui détermine les choix par lesquels on réalise sa vie, l’appel qui se fait entendre au cœur d’une conversation créatrice avec le Seigneur, et la réponse par laquelle chacun prendra sa propre place au sein de l’Église évangélisatrice. Dieu à la fois appelle et conduit à trouver cette place.

C’est ce processus vocationnel qu’il s’agit d’accompagner. Notre groupe a eu un long et riche débat à ce propos, à la lumière du premier chapitre de l’Évangile selon saint Jean qui révèle le dynamisme à la fois intérieur et ecclésial de toute vocation à rejoindre le Christ. Nous considérons que ce soutien d’une dynamique vocationnelle est, plus que le discernement, le centre de gravité de cette deuxième partie de l’Instrumentum laboris. Ce débat a permis de dégager trois convictions.

La première est que l’accompagnement à la vie chrétienne est toujours à la fois un accompagnement personnel et un accompagnement communautaire. Personnel, comme un frère peut accompagner son frère, le conduisant au Christ, comme André le fit pour Pierre, son frère, et Philippe pour Nathanaël. Communautaire, parce que la communauté est pour chacun ce que l’Église est appelée à être dans le monde: une lumière qui indique le chemin vers la communion fraternelle de tous en Celui qui prie le Père que tous soient un. Reconnaître la communauté de foi dans son rôle d’accompagnement, c’est donc considérer que toute communauté ecclésiale, tout mouvement, tout groupe spécifique d’activité caritative, doivent être eux-mêmes accompagnés de sorte qu’ils soient communautés de promotion mutuelle des vocations baptismales. Et, parmi les moyens de cette pastorale de la mutualité des vocations, la prière a une place unique.

Une deuxième conviction est la nécessité d’un effort décisif pour la formation à cet accompagnement à la vie chrétienne, individuelle et en groupe ou communauté. Pour l’accompagnement personnel sont requises la compétence à l’écoute, la capacité de distinguer les différentes dimensions de la vie humaine intégrale qu’on accompagne, la détermination d’un respect absolu de la liberté de conscience de chacun, le souci d’être toujours d’abord témoin du mystère de la miséricorde qui accueille, pardonne et sans cesse donne à nouveau de vivre. Pour l’accompagnement communautaire, il s’agit de former les pasteurs à savoir promouvoir dans les communautés de croyants une connaissance solide de la foi, la joie de la fraternité, le goût de la prière et le désir du témoignage de vie évangélique. A propos de l’accompagnement, nous pensons nécessaire de souligner encore que tout doit être mis en œuvre pour mettre les personnes et les communautés à l’abri de tout type d’abus.

La troisième conviction concerne le désir des jeunes de prendre leur responsabilité propre dans l’Église: si l’objectif de l’accompagnement est de proposer de vivre centré sur le Christ, personnellement rencontré, alors conduire au Christ implique aussi de proposer de le rejoindre dans sa mission que, dans l’Esprit, Il a confiée à l’Église. Mission explicite de transmission de la foi. Ou, dans d’autres contextes, mission d’accompagner, comme des amis, en témoignant de la «culture chrétienne», la proposant comme une lumière à l’humanité, aspiration que portent tant de jeunes du monde qui veulent œuvrer à l’advenue de leur peuple et de leur société à davantage de dignité et d’humanité, de justice et de paix, quelles que soient les différences confessionnelles. Accompagner, donc, en confiant la mission.

N’est-ce pas ainsi que le Christ pédagogue accompagnait la vie de ceux qu’il appelait, et envoyait là où il les précédait? Accompagner consisterait alors à conduire au Christ des jeunes qui, à leur tour, l’accompagneront dans sa mission et, avec Lui, feront l’Église.

(Souhaitant que ces réflexions contribuent à la rédaction du document final, nous proposons des modi portant sur les sujets suivants: la jeunesse comme bénédiction pour l’Église, l’accompagnement vocationnel en contexte multiculturel et multiconfessionnel, le rôle des communautés et groupes de jeunes dans l’accompagnement des personnes individuelles.)

[Texte original : Français]

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