Philippines: être catéchiste, une mission, par Mgr Fisichella

Un ministère en Eglise

Mgr Fisichella aux Philippines, capture

Mgr Fisichella aux Philippines, capture

La formation des catéchistes ne se fait pas “assis derrière un bureau” fait observer le Mgr Fisichella, qui parle de “mission”, rapporte L’Osservatore Romano en italien du 11 août 2017: être catéchiste, ce n’est pas un rôle mais une mission, en Eglise.

Le président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation a en effet présidé la messe à l’occasion de la présentation officielle de la nouvelle Association nationale des catéchistes des Philippines (Nac-Phil), à Manille, le 27 juillet, sur le thème: “Catéchistes: bâtisseurs de communion et de artisans renouveau”. La nouvelle association vise d’abord à la formation des catéchistes aux Philippines, avec des collaborations comme l’Université De La Salle.

“Souvent, notre service nous conduit à surtout nous identifier nous-mêmes avec le rôle que nous jouons dans la société”, a fait observer Mgr Rino Fisichella, ce qui fait quel es catéchistes peuvent aussi avoir “la tentation de voir dans leur rôle un travail qui demande une récompense”.

Le don de la vie

Or, a souligné l’archevêque italien dans son homélie, “le “rôle” a des horaires, mais la “mission” exige le don de toute la vie”.

“Quand Dieu entre dans la vie des personnes, il n’y a pas d’alternative face à sa révélation. Quand Dieu parle c’est un appel à la foi comme réponse adéquate et cohérente”, et la foi “est accueil de la mission qu’Il confie à chacun de nous”, a encore fait observer Mgr Fisichella.

A propos de la formation, il a regretté que l’on croie “parfois, que la catéchèse est un ensemble de praxis à mettre en oeuvre”, et que “l’étude et la formation” ne devraient concerner “uniquement le seul domaine intellectuel”. “Penser que la formation consiste à rester assis à un bureau, un livre ouvert entre les mains pour préparer un examen ou une leçon, signifie que l’on n’a pas compris la valeur de l’éducation”, a précisé l’archevêque.

Au contraire, pour Mgr Fisichella, la formation du catéchiste consiste avant tout à “revenir à prendre dans ses mains la Parole de Dieu pour la faire devenir nourriture de notre existence”: “Une parole vivante, faite d’annonce, de compréhension toujours plus profonde du sens original, d’une transmission qui de génération en génération trouve les formes les plus cohérente et propres à chaque époque.”

Le Catéchisme de l’Eglise catholique

Il a notamment cité l’exhortation post-synodale de Benoît XVI sur la Parole de Dieu, Verbum Domini: pour rappeler que “la formation a permis dans tant de communautés de donner vie à des “écoles de l’Evangile”, à la “lectio divina” et à des “ateliers de la foi”, et tant d’autres expériences dont l’historie récente est riche, et la production de “catéchisme”.”

Justement, il a noté le prochain 25e anniversaire de la Constitution apostolique de Jean-Paul II Fidei depositum pour la publication du Catéchisme de l’Eglise catholique : “Alors que l’événement de Vatican II s’éloigne de plus en plus chronologiquement au fil des décennies, l’urgence de maintenir son enseignement vivant croît de façon exponentielle” et le Catéchisme, aujourd’hui “traduit en plus de 70 langues”, “demeure comme un fruit du Concile”.

Il fait observer que “rien n’est plus dangereux” que cette tendance assez répandue à “justifier le fait d’être chrétiens indépendamment de la connaissance des contenus” du Catéchisme.

Il a cité l’exhortation apostolique de Paul VI, Evangelii nuntiandi « qui représente un point de non-retour pour vérifier le lien fort qui tient unie la catéchèse et la mission évangélisatrice de l’Eglise”.

D’où, a expliqué Mgr Fisichella, l’importance de la “Nouvelle évangélisation”, pour “dépasser une difficulté présente dans différentes Eglises – peut-être aussi aux Philippines – qui souvent limitent la catéchèse à la seule préparation aux sacrements.”

Cette façon de voir “montre aujourd’hui ses limites”, a précisé l’archevêque: “Si la catéchèse vise la réception des sacrements, il est évident qu’une fois terminé le parcours pour les sacrements de l’initiation chrétienne, la formation ultérieure court le risque d’aller à la dérive.”

Il a prôné au contraire une “formation permanente” pour tous les croyants, pour présenter “la compréhension du mystère chrétien en vue d’une existence cohérente avec ce que l’on croit”. Il a appelé de ses voeux “un catéchuménat qui rende évident le choix de la foi pour une intelligence et un témoignage permanentes de la vie chrétienne”.

Dimension communautaire

Enfin, il a insisté sur l’aspect “communautaire” de la catéchèse: même une étude solidaire a cette dimension de communion: “son caractère ecclésial appartient par nature à la catéchèse” et il est donc bon que la catéchèse “permette de vivre directement l’expérience communautaire”. Plus encore “le sujet de la catéchèse”, c’est “la communauté chrétienne” en tant qu’elle est un “acte de transmission de la foi”.

Dans ce sens aussi, “l’oeuvre d’évangélisation devient un service que la communauté perçoit comme sa responsabilité”: “aucun catéchiste n’exerce ce ministère de façon privée, mais toujours à l’intérieur et au nom de l’Eglise”, a souligné Mgr Fisichella, toujours selon la même source.

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